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Actualités
24
Juil
2014
CNSS: L’AMO devient le 1er métier

La CNSS au Club de L’Economiste / L’AMO devient le 1er métier

  • 2 millions de dossiers/an
  • Et pourtant, le régime n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière
  • 50 milliards de DH de masse salariale y échappe toujours

               

Les salariés couverts par le régime d’assurance maladie obligatoire (AMO) ne consomment pas suffisamment de prestations, comparativement aux assurés des compagnies d’assurances privées. C’est le constat dressé par la CNSS. Depuis l’entrée en vigueur de la couverture obligatoire en 2005, l’AMO a accaparé une grosse part de l’activité de la Caisse, avec 2 millions de dossiers qui débarquent chaque année dans ses locaux (les pensions, métier traditionnel de l’organisme ne dépassent pas les 25.000). Mais cela ne reflète pas vraiment une tendance à la surconsommation des assurés. En 2013, les bénéficiaires ont déposé en moyenne 2,6 dossiers. Et encore, c’était une année de pic de demandes de remboursement, selon la Caisse. Le taux de sinistralité (nombre de bénéficiaires ayant déposé au moins un dossier rapporté au nombre de personnes dont le droit est ouvert à l’AMO), lui, n’a pas dépassé 18%.
«Il y a pas mal d’idées reçues autour de l’AMO. Beaucoup pensent que le système ne bénéficie qu’aux malades en stade terminal ou qu’il n’offre pas assez de prestations. C’est la raison pour laquelle nous avons opté pour une démarche pédagogique», confie Saïd Ahmidouch, DG. La Caisse organise ainsi des campagnes de sensibilisation et des caravanes médicales dans différentes régions en collaboration avec les autorités locales, en vue de pousser les salariés à consommer des prestations. Une démarche appuyée par les capsules diffusées à la télévision.
Avec l’intégration des soins ambulatoires en 2011 et l’élargissement de la couverture aux soins dentaires prévue en janvier 2015, le système se renforce. Ce qui pourrait pousser plus d’assurés à profiter des services proposés.  
Le lancement du tiers payant pour les médicaments coûteux en avril 2013 a offert de nouvelles possibilités pour les malades. Mais encore faut-il qu’ils soient au fait de leurs droits. «Plus le coût des soins est élevé, plus le remboursement est important. Dans certains cas, il peut aller jusqu’à 100%», déclare Ahmidouch. A mai 2014, près de 3.235 personnes en ont profité, pour un montant de remboursement de 102 millions de DH (8.228 dossiers, avec un coût moyen de 12.381 DH). Près de 884 pharmacies ont eu recours au système. La CNSS vient de préparer une deuxième liste de médicaments chers.
Les pharmaciens d’officines craignaient l’allongement des délais de remboursement (voir L’Economiste du 19 février 2013). La Caisse assure qu’il est actuellement de 15 jours et qu’il devrait encore baisser dès que la période de rush des dossiers déclenchée en 2013 sera passée (voir illustration).
L’AMO n’est pas encore passée à la vitesse supérieure. Environ 3.800 entreprises échappent toujours au régime obligatoire géré par la CNSS. Cela représente quelque 600.000 salariés et une masse salariale de 50 milliards de DH, soit la moitié de la masse salariale totale couverte par la Caisse (106,12 milliards de DH en 2013). Ces entreprises sont affiliées à des compagnies d’assurances privées et des mutuelles. Conformément à l’article 114 de la loi 65-00 instituant l’AMO, les organismes, publics ou privés, peuvent assurer une couverture à leurs salariés auprès de compagnies d’assurances, mutuelles ou dans le cadre de caisses internes, à titre provisoire pendant une période de 5 ans renouvelable. «Les cinq premières années sont déjà passées et les autorités publiques ne semblent toujours pas fixées sur le cas de ces salariés», relève Ahmidouch. «Ce n’est qu’une fois à la retraite, où la demande de soin augmente, qu’ils basculent vers la CNSS. Il n’est pas possible de rester à terme dans cette configuration», poursuit-il. Selon lui, une décision doit être prise le plus rapidement possible.

Médicaments: Une baisse de prix salutaire

La baisse des prix des médicaments du 9 juin dernier pourrait soulager les caisses de la CNSS. Surtout que le poste pharmacie représente 32% du montant total des prestations servies via le régime AMO. Une étude a été réalisée afin d’évaluer l’impact de cette mesure. Elle a fait ressortir une réduction de 12% sur le poste pharmacie. Pour 2014, plus de 70 millions de DH d’économies pourront être réalisées, selon la CNSS  

Ahlam NAZIH – L’ECONOMISTE - Édition N° 4326 du 2014/07/24