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Actualités
24
Juil
2014
La CNSS: L’équilibre financier suspendu à la réforme de la retraite

La CNSS au Club de L’Economiste / L’équilibre financier suspendu à la réforme de la retraite

  • Le premier déséquilibre en 2026 en cas de statu quo
  • Pour la Caisse, il faudra notamment relever le taux de cotisation à 15%
  • «Nous devons encore nous battre pour obtenir la gestion de nos réserves»

               

La baisse de la rémunération des réserves de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) va raviver son courroux. L’organisme est obligé de déposer ses fonds auprès de la CDG contre une rémunération adossée sur les bons du Trésor à 10 et 15 ans. Contrairement aux autres caisses, la CNSS n’a pas le contrôle de ses réserves. «Nous voulons sortir de cet état d’exception», relève Said Ahmidouch, directeur général de la CNSS. Cela nécessitera un amendement de la loi. Les pouvoirs publics semblent jusqu’ici peu réceptifs aux appels de la Caisse. «Nous devons encore nous battre sur ce chapitre», pense Ahmidouch. Il y a un an, le conseil d’administration a approuvé une résolution qui permettra de passer de dépôts espèces à une logique de titres. Surtout, les règles d’allocations des titres seront édictées par la Caisse. Ce ne sera pas vraiment une nouveauté pour la Caisse. Celle-ci pilote la gestion d’importants montants destinés à la couverture des prestations. Elle sert environ 15 milliards de DH chaque année à ses assurés. Ces flux sont essentiellement placés sur le court et le très court terme. 
Aujourd’hui, les avoirs de la CNSS auprès de la CDG totalisent 36 milliards de DH. La Caisse souhaite que les nouvelles règles de placement s’appliquent aux flux futurs. Elle place chaque année entre 1,5 et 2,5 milliards de DH auprès de la CDG. La gestion quotidienne des fonds pourra être confiée à la CDG ou à un autre acteur du marché. L’idée est aussi de faire jouer la concurrence pour bénéficier des meilleurs tarifs. Les frais prélevés par la CDG sont jugés excessifs.
La contribution des produits financiers aux réalisations de la Caisse reste limitée. Globalement, «la santé financière de la CNSS ne suscite pas d’inquiétude particulière», fait savoir Ahmidouch. Cela est à moyen terme. Mais sur un horizon plus long, la question de la retraite reste une épine pour l’ensemble des caisses gérées par répartition. L’allongement de la durée de vie est une nouvelle donne à intégrer dans les calculs. Sur les prochaines années, le rythme de croissance des actifs cotisants sera moins important que celui des retraités, prévoient les équipes de la CNSS. Le blocage de la réforme des retraites n’est guère rassurant. Pour la Caisse, l’équilibre financier passera notamment par une augmentation du taux de cotisation. Il faudra le relever à 14 ou 15%, soit une hausse de l’ordre de 3 points par rapport au taux actuel de 12%. «C’est réalisable sur un horizon de 10 ans», souligne le patron de la CNSS. L’organisme a encore quelques années de marge de manœuvre. En cas de statu quo sur les retraites, son premier déséquilibre apparaîtra en 2026. Cela dit, la CNSS est plutôt dans une situation d’aisance par rapport à d’autres caisses qui doivent puiser dès cette année dans leurs réserves pour faire face à leurs engagements. 

Polycliniques: «Nous avons géré du provisoire»

A côté de ses deux principales activités, la CNSS gère également plusieurs cliniques. Une activité qui jusqu’ici détruit de la valeur pour la Caisse. Le déficit des cliniques a été ramené à 200 millions de DH par an ces dernières années. Au problème économique s’ajoute une autre difficulté d’ordre juridique. La prestation de soins est incompatible avec la gestion de l’assurance maladie obligatoire au niveau de la loi. Une étude en cours devrait déterminer les changements envisageables au niveau réglementaire et surtout établir un plan de développement pour les polycliniques. Leur situation aujourd’hui s’explique en partie par le manque d’implication totale du gestionnaire, admet la CNSS. «Nous avons juste géré le provisoire», reconnaît Ahmidouch. Du coup, les efforts d’investissement et de modernisation des équipements n’étaient pas suffisants pour que les polycliniques restent compétitives. 

Franck FAGNON – L’ECONOMISTE - Édition N° 4326 du 2014/07/24