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Actualités
05
Août
2014
La prise en charge des diabétiques a coûté 380 MDH à la CNOPS en 2013

Le nombre des assurés diabétiques a augmenté de 123% entre 2008 et 2013 et les dépenses de 107%. 6 000 nouveaux cas sont déclarés chaque année. Le taux de prévalence dans le Grand Casablanca et Rabat-Salé-Zemmour-Zaer est supérieure à la moyenne nationale.

CNOPS, diabétiques

La dépense en soins des personnes diabétiques assurées chez la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale (CNOPS) est passée de 183 MDH en 2008 à 379 millions en 2013, soit une augmentation de 107% sur la période et de 16% en moyenne annuelle. Ces montants représentent respectivement 5 et 8% des dépenses de soins de la caisse. Sur les 126 000 personnes porteuses d’une affection de longue durée déclarées à la CNOPS à fin 2013, le nombre de diabétiques s’élève à 49 169 contre 22079 en 2008. Cette population porteuse d’ALD a consommé 1,6 milliard de DH, soit 46% des dépenses AMO dans le secteur public.
Ce sont là des chiffres tirés d’une étude sur le coût de la prise en charge des assurés diabétiques et leurs dépenses réalisées par la caisse. Cette évaluation s’impose, explique-t-on à la CNOPS, à la veille de la signature d’une convention de partenariat qui sera conclue avec le ministère de la santé et l’Agence nationale de l’assurance maladie (ANAM) pour renforcer et coordonner les actions de prévention et de sensibilisation, spécialement des affections de longue durée.
Cette étude révèle que le diabète est la première ALD (40% des assurés atteints d’ALD) et la 4e source de dépenses de soins relatives aux ALD. En moyenne, 6 001 personnes assurées déclarent annuellement le diabète pour la première fois sur la période 2008-2013. Le taux de prévalence annuelle des diabétiques parmi la population assurée par la CNOPS a plus que doublé entre 2008 et 2013, en passant de 0,82% en 2008 à 1,65% en 2013.
A l’instar de l’évolution constatée à l’échelle internationale, le nombre de personnes atteintes de diabète de type 2 représentait 27% du total des diabétiques en 2008 et 58% en 2013. Ce type de diabète est évitable selon l’OMS puisqu’il est la conséquence directe d’une surcharge pondérale et de la sédentarité.

Le coût moyen d’un diabétique de type 1 est de 10 833 DH

Le nombre de dossiers des diabétiques constitue 11% en 2013 contre 7% en 2008 du total des dossiers de soins gérés par la caisse et les mutuelles. Le coût moyen par dossier est de 1 087 DH contre 755 DH pour les bénéficiaires de la caisse. En ambulatoire, le coût moyen a progressé de 5% sur la période, à 850 DH. Il est de 3375 DH en tiers payant, soit une hausse de 52% par rapport à 2008. Un effet tout à fait attendu dû à l’augmentation du nombre de personnes poly-pathologiques (23% en 2008 et 41% en 2013) qui ont tendance à consommer des soins coûteux pris en charge par la CNOPS selon ce système.
Autre conclusion importante de l’étude : le coût moyen d’un diabétique insulinodépendant sur la période 2008-2013 (type 1) est de 10 833 DH, contre un coût moyen de 7 667 DH d’un diabétique non insulinodépendant (type 2). Ce qui signifie que le coût moyen d’un diabétique de type 1 est de 1,4 fois plus que celui d’un diabétique de type 2.
Le taux global de couverture par le régime AMO géré par la caisse des frais engagés par les personnes diabétiques se situe à 76% en 2013 (70% pour les soins ambulatoires et 94% pour les soins en tiers payant). Il est largement supérieur au niveau de couverture des bénéficiaires (70%) puisque la consommation médicale des diabétiques est constituée principalement (57% en moyenne) des médicaments qui sont pris en charge par la caisse à 100%.
Le coût moyen annuel pour une personne diabétique, quel que soit le sexe, augmente fortement avec l’âge, en passant de 6 000 DH pour les personnes âgées de moins de 55 ans à 10 600 DH pour les personnes âgées de 65 ans et plus. Ceci est dû aux complications du diabète qui surviennent au fur et à mesure de l’avancement dans l’âge, engendrant des soins supplémentaires et coûteux. La hausse des charges tient au fait que les diabétiques sont atteints d’autres affections de longue durée et/ou coûteuses qui sont dues globalement à des complications de la maladie.
Les principales pathologies associées au diabète en 2013 sont l’hypertension artérielle sévère qui représente la pathologie de longue durée la plus associée au diabète avec plus de 33% de personnes diabétiques atteintes, suivie des maladies coronaires avec 3,3%, du glaucome chronique avec plus de 2% et de l’insuffisance rénale chronique terminale avec 0,9%.
43% des assurés diabétiques résident dans les régions de Casablanca et Rabat
En 2013, les femmes représentent 49% des diabétiques contre 51% pour les hommes. Considérant le facteur âge, l’étude note que 94% des diabétiques ont dépassé l’âge de 40 ans et 46% sont des pensionnés. Généralement, la prévalence du diabète augmente fortement avec l’âge pour atteindre un maximum de 7,6% chez les femmes âgées de 65-70 ans et de 7,5% chez les hommes du même âge.
Sur le plan géographique, les régions de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër et du Grand Casablanca concentrent 43% des malades et 48% de leurs dépenses de soins en 2013. Le coût moyen y est respectivement de 10 029 DH et 8 967 DH. Le taux de prévalence est de 2,4% dans le Grand Casablanca et de 2% dans les régions de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër et d’Al Gharb-Chrarda-Beni Hssen. Il est de 1,9% dans l’Oriental, 1,8% à Marrakech-Tensift-Al Haouz, 1,7% à Fès-Boulemane et autant à Tanger-Tétouan. Le taux de prévalence moyen parmi la population de la CNOPS est sensiblement en dessous : 1,6% en 2013. Ces disparités géographiques sont liées, entre autres facteurs, au mode de vie et au taux de déclaration à la CNOPS.

Aziza Belouas. - La Vie éco - 2014-08-05