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Actualités
01
Sept
2014
Assurance auto : les compagnies durcissent leurs conditions tarifaires

Plusieurs garanties viennent de subir des hausses des primes et des franchises dont le bris de glace, la tous risques et la dommages limités. La population des moins de 35 ans détenant un nouveau permis, la plus sinistrée, verra la prime de sa garantie «dommages» augmenter de 1 000 à 1 500 DH selon les estimations des courtiers. Les compagnies insistent sur le fait qu’il ne s’agit pas d’augmentation absolue de tarifs, mais de simples ajustements pour équilibrer la branche.

Accident voiture

Décidément, les assureurs veulent à tout prix préserver leurs marges, notamment dans la branche automobile. Après le relèvement du minimum de la franchise pour la garantie «dommages au véhicule» de 1000 à 2 500 DH, intervenu en milieu d’année, d’autres couvertures complémentaires viennent de subir des modifications. Bien que la tendance ne soit pas encore généralisée à 100%, la majorité des compagnies a ajusté les grilles de plusieurs garanties optionnelles, notamment le bris de glace, la dommage tous risques et la mini-tierce (garantie dommage limitée).

Ainsi, un des leaders de la branche automobile vient d’adresser un courrier à l’ensemble de sa clientèle des particuliers et professionnels l’informant que la «Tous risques» n’est plus autorisée pour les véhicules de plus de cinq ans avec, en plus, l’exigence d’une prime minimale de 500 DH; la mise en place d’un tarif minimum de 200 DH pour la garantie «Bris de glace» avec une franchise de 5% ; et l’ajustement des franchises pour la tierce et la mini-tierce avec leur indexation sur le nombre de sinistres. Chez un autre opérateur, le montant des primes de la garantie «Dommages au véhicule» a subi une hausse comprise entre 1000 et 1 500 DH exclusivement pour la population de moins de 35 ans ayant un permis neuf. «De façon générale, en dehors de deux assureurs de la place, l’ensemble des compagnies a mis à jour la grille tarifaire des garanties complémentaires en relevant le montant de la prime et le niveau de franchise», explique un spécialiste auto chez un courtier. Elle souligne qu’il est difficile d’avancer un taux d’augmentation des primes précis vu que les compagnies d’assurances cryptent leurs tarifs. Il n’en demeure pas moins qu’ils ont bien paramétré les changements au niveau de leurs systèmes d’information. «Nous devons passer impérativement par des devis, les niveaux de primes étant fonctions de plusieurs paramètres», précise la même source.

Pas de changement pour la RC

Par ailleurs, les primes concernant la responsabilité civile ne devront pas connaître de changement. «Leur niveau continuera d’être fixé en se basant sur les mêmes critères qu’auparavant», affirme Brahim Markhouss, formateur en assurance et conseiller à la Continentale d’assurance et de courtage.

Mais qu’est-ce qui explique ce tour de vis de la part des compagnies ? Les opérateurs sont unanimes : sur les quatre dernières années, la branche automobile a connu un dérapage important de la sinistralité. «Nous avons constaté que depuis cinq ans la sinistralité a crû annuellement de 20 à 30% alors que le volume des primes n’a augmenté que de 10% en moyenne», affirme Mehdi Tazi, DG de Saham Assurance. Selon plusieurs courtiers, les compagnies ressentent un sentiment d’abus vis-à-vis de la garantie tierce. Dans les faits, les assurés prennent d’assaut les compagnies d’assurance qui ont amélioré ces dernières années les conditions de remboursement. Ils déclarent des sinistres tous azimuts, du plus dur au plus léger, et souvent finissent par s’arranger en faisant de fausses déclarations. «Face à cela, il fallait réagir par des mesures concrètes pour équilibrer la branche, étant donné que la mission d’un assureur n’est pas de faire de la maintenance», explique M. Tazi.  

Dans le même sens, une étude citée par des sources bien placées dans le secteur a démontré la montée en flèche de la sinistralité sur les trois dernières années, notamment sur la population de moins de 35 ans qui détient un nouveau permis de conduire. La même étude rapporte que Saham Assurance est la plus touchée par la montée en flèche des déclarations de sinistres, suivie par Axa Assurance, Wafa Assurance et RMA Watanya. Selon plusieurs courtiers, la mise en place de solutions et de services pour assurer une indemnisation efficace, à l’instar des centres d’indemnisation qui donnent la possibilité de se faire rembourser en 48 heures maximum, a encouragé les clients à déclarer d’autant plus qu’il n’y a pas de suivi pour vérifier si le véhicule a été bien réparé.

Cela dit, les compagnies d’assurance insistent sur le fait qu’il ne s’agit pas d’augmentation absolue de tarifs, mais de simples ajustements pour maîtriser les prestations servies pour la branche auto qui a commencé à leur filer entre les doigts (voir encadré) faisant en sorte que le taux de couverture S/P (sinistres/ primes) augmente considérablement, dépassant les 100%. Ce qui menace la rentabilité de cette branche, sans pour autant gêner le business prospère des compagnies d’assurance. En 2012, elles ont engrangé un bénéfice net de 3,1 milliards de DH  pour un total de primes émises de 26 milliards.
 

Un retour à la normale plutôt qu’une hausse des tarifs ?

Au titre de l’exercice 2012, les prestations payées par les compagnies d’assurance dans le cadre de l’assurance des véhicules terrestres à moteur se sont établies à 3,9 milliards de DH contre 3,38 à fin 2011, soit une hausse de 15,4%. L’indemnisation des sinistres auto représente environ 44% du total des prestations payées, suivie de celles des «accidents corporels-maladie-maternité» avec 26% et des «accidents du travail-maladies professionnelles» qui représente 12% des prestations payées.

Face à ce constat qui dure depuis quelques années déjà, les opérateurs soulignent le fait que ces ajustements opérés au niveau des grilles des garanties  complémentaires ne sont pas décidés dans une perspective de hausse des primes mais surtout pour contenir le dérapage colossal de la sinistralité. «Il s’agit plutôt d’un retour à la normale. La branche auto a vu ses primes baisser considérablement sur les quatre dernières années en raison notamment de la concurrence acerbe entre les compagnies», concède un assureur.

Naoufel Darif. La Vie éco - 2014-09-01