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02
Oct
2014
Entretien : La Vie (assurance vie) reprend du souffle

La logique de besoin de protection de la famille augmente parallèlement au niveau de richesse du pays. On peut dire que les pièces du puzzle du développement de l’assurance vie sont presque réunies. Un potentiel existe certes, mais des difficultés restent à surmonter. A l’instar des autres compagnies d’assurance, la Marocaine Vie a un projet en Afrique «noire» qu’elle va concrétiser dans quatre mois. Gaël Loaëc, Administrateur Directeur général de La Marocaine Vie, revient en détail sur l’évolution de la branche vie dans un pays comme le nôtre.

 

Finances News Hebdo : Au cours du premier semestre de l’année en cours, certaines compagnies ont renoué avec la croissance en ce qui concerne l’assurance vie. En tant que compagnie spécialisée, comment se sont soldés les six premiers mois et quelle est votre appréciation de l’évolution de la branche Vie en général ? 

Gaël Loaëc :  Globalement, nous sommes optimistes parce que cette année, les indicateurs déjà à court terme sont positifs. Nous sommes en croissance par rapport au semestre précédent en termes de production. En matière de chiffre d’affaires, la hausse au cours du premier semestre est de plus de 16% par rapport à la même période de 2013. La croissance affichée provient pour une bonne partie de l’épargne d’assurance Vie long terme qui est due notamment à notre bonne collaboration avec notre réseau principal, la Société Générale, qui est notre maison-mère. Elle a ouvert récemment huit agences, appelées banques privées, ayant un logo et des équipes spécifiques qui sont en contact permanent avec la clientèle fortunée pour lui offrir des prestations de haut niveau. Sur ce créneau, nous avons très bien vendu nos contrats d’assurance. Le principe étant de réaliser une analyse patrimoniale pour ce type de clientèle afin de bien identifier ses besoins. Parmi ces profils, on retrouve aussi des gens sans enfants et qui ont un gros projet dans deux ans. Ce type de profil ne nécessite pas la conclusion d’un contrat assurance vie, mais plus d’un dépôt à terme bancaire de 2 ou 3 ans. A contrario, un chef de foyer qui par exemple aurait une famille composée essentiellement de filles aurait surtout besoin d’un contrat d’épargne qui est conçu dans une logique successorale et de rééquilibrage. Mais il faut avouer que l’on retrouve en fait les mêmes désidérata presque dans le monde entier, un peu partout l’assurance Vie sert souvent à rééquilibrer les règles successorales. La logique du besoin de protection de la famille augmente avec le niveau de richesse d’un pays. En tant qu’assureur Vie, gestionnaire à long terme, avec le développement et l’enrichissement d’une partie de la population marocaine, forcément, nous avons un rôle de plus en plus important à jouer. 

- Au Maroc, comme dans d’autres pays, deux besoins sont essentiels : la santé et la retraite. Ces deux besoins ne sont pas encore très bien fournis au Maroc. Cet état de fait nous incite à nous développer sur la santé individuelle, sur les professions libérales qui n’ont toujours pas de couverture santé. Nous sommes également en train de préparer des complémentaires santé que nous lancerons l’année prochaine pour pouvoir offrir de meilleures prestations en complément avec l’AMO aussi bien pour les salariés publics que privés. Il y a énormément de besoins en matière de santé auxquels nous souhaitons répondre sachant que pour la retraite, nous sommes très présents depuis plusieurs années. Tout ce qui précède prouve qu’on se développe et qu’on est optimiste pour les prochaines années.

 

F.N.H. : On remarque que souvent les progressions affichées dans la branche Vie sont en grande partie dues à l’effet bancassurance et non à la vente directe. Est-ce que ce phénomène est tout à fait naturel ? 

G. L. : Oui, c’est pareil en France. Avant, j’étais en Europe de l’Est, c’est le même constat. Il n’y a pas longtemps que les banques ont commencé à faire de l’assurance. En France, cela fait 30 ans. Dans d’autres pays, la bancassurance démarre à peine. Finalement, être banquier ou être assureur équivaut à la redistribution de richesses. Fondamentalement, c’est toujours des histoires d’argent où le rôle du banquier réside dans l’octroi d’un crédit personnel, un dépôt personnel… Et pour l’assureur, on rentre plus dans une logique de mutualité et de hasard. Mais fondamentalement, il s’agit d’un besoin lié à l’argent ou à la protection ou à un projet. Petit à petit, les banquiers ont compris que l’assurance et la banque se complètent parfaitement en termes de besoins. Certes, il y a des difficultés qui surgissent après, parce que c’est un périmètre de produits plus large à maîtriser pour le conseiller. Il faut donc du temps à un conseiller de la Société Générale pour avoir une vision complète et être capable de préconiser les meilleurs produits en fonction des besoins. 

 

F.N.H. : La Marocaine Vie a été la première compagnie à avoir lancé les contrats en unités de compte ou les multi supports. Depuis, aucune compagnie de la place, même celles adossées à des groupes bancaires, ne les a commercialisés. Pourquoi à votre avis ? 

G. L. : - Je pense que c’est surtout dû au retournement du marché actions depuis quelques années. C’est quasiment similaire dans tous les pays du monde. Quand le marché baisse, les gens n’achètent pas les contrats en unités de compte. A mon avis, les compagnies d’assurances ont tort parce qu’aujourd’hui le marché a bien corrigé les écarts. Ce qui risque de se passer, c’est que si le marché actions remonte, doucement les gens vont s’apercevoir des performances positives. A ce moment-là, ils vont se rendre compte de l’importance de ces produits, peut-être tardivement, et les assureurs vont commencer à offrir des contrats en unités de compte aux assurés. Nous, on est au creux de la vague et nous espérons fortement offrir à nos assurés la possibilité de mettre une petite part de leurs contrats en actions.

 

F.N.H. : Et comment se sont comportés ces produits durant les dernières années de crise ? 

 

G. L. : En effet, cela dépend du choix effectué dans le contrat multi support. Ceux qui ont choisi des unités de compte obligations sont les grands gagnants parce qu’ils ont bénéficié de la baisse des taux. Par contre ceux qui ont opté pour les actions durant les trois dernières années, ont perdu. Ils ne doivent surtout pas sortir, mais plutôt attendre que les cours remontent.

 

F.N.H. : Justement, avez-vous assisté à des opérations de rachat au cours de cette période ? 

 

G. L. : Il y a eu des opérations de rachat, mais pas spécifiquement sur les contrats en unités de compte. Nous avons eu des opérations de rachat liées à des besoins de liquidités surtout de nos clients les moins fortunés . En ce moment, on se rend compte qu’il y a des difficultés financières pour une partie de la population marocaine. Pour des considérations fiscales, certains optent pour des avances qui, chez la Marocaine Vie, ne sont pas très chères. Donc, c’est surtout dans les petits contrats à versements programmés que nous avons constaté une remontée des rachats, que nous interprétons comme étant liées à des difficultés économiques pour certains Marocains. 

 

F.N.H. : Comment va se décliner votre stratégie en 2015. Cela fait un an que vous êtes à la tête de la Marocaine Vie, avez-vous choisi de suivre les pas de vos prédécesseurs ? Avez-vous des visées sur le marché africain ? 

G. L. : Effectivement, nous avons un projet d’ouvrir dans un pays de l’Afrique dans les quelques mois à venir pour continuer notre développement sur le continent africain. C’est clairement un continent d’avenir pour tout le monde. Nous ferons donc partie de la compétition. En ce qui concerne la stratégie, je reste sur la même ligne que mes prédécesseurs, après chacun rajoute sa propre touche qui lui est personnelle et qui dépend aussi de sa formation. Mon prédécesseur était quelqu’un de très diplomate et commercial, mois je suis technicien parce que je suis actuaire de formation. Mais la stratégie de La Marocaine vie reste heureusement la même : développer le maximum de services pour le client. Nous sommes persuadés que ceux qui seront gagnants sur le long terme, sont ceux qui sont capables d’offrir des prestations d’après-vente. Nous essayons de performer en termes de services : accorder des rachats ou payer des sinistres en 3 ou 4 jours de délais maximum par exemple… parce que c’est sur ces prestations que nous sommes très attendus. A cet effet, nous avons amélioré notre site Internet, lancé des SMS qui préviennent nos assurés en temps réel. Et nous sommes toujours sur la logique de développer la bancassurance qui reste notre priorité. Le leitmotiv est surtout de bénéficier des synergies en interne. Dans quatre mois, on mettra en place pour la Société Générale un intranet interactif, une sorte de robot qui permet d’aider le gestionnaire à mieux cerner les besoins de l’assuré et lui offrir le meilleur, et ce en fonction du revenu, de la profession, du sexe, de l’âge…

 

F.N.H. : Comment se positionne la Marocaine Vie en matière de digital ? 

G. L. : C’est une grande question. Nous avons comme objectifs de nous améliorer sur la partie digitale. C’est la grande mode. Et en même temps, il faut que ce soit un vrai service et qu’on ne dépense pas de l’argent juste pour avoir le digital. On va très probablement lancer des services digitaux, mais de façon relativement raisonnable. On y croit plus dans les services supplémentaires gratuits à même d’améliorer nos prestations de back-office que dans la vente via le mobile.

 

F.N.H. : Un dernier mot sur la fiscalité relative à la branche vie ? 

G. L. : Aujourd’hui, je trouve qu’au Maroc l’offre en termes d’incitations fiscales en matière d’épargne et aussi en ce qui concerne la partie retraite est très équilibrée. Mon sentiment est que c’est fait assez intelligemment : on est à un niveau qui ne coûte pas trop cher à la collectivité, mais qui est pour autant incitatif pour les assurés qui souhaitent cotiser en retraite. Pour quelqu’un qui a une vision neuve du marché, je trouve que la fiscalité est incitative en assurance vie au Maroc.

 

02 Octobre 2014