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Actualités
15
Oct
2014
Coface courtise l’Asmex

L’assureur crédit « vend » la couverture Afrique aux exportateurs

Des avantages de couverture pour les membres de l’association

             

Sortez couverts! C’est, en substance, le message adressé hier par la compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur aux exportateurs marocains, pour leur « vendre » la destination Afrique. Cela s’est déroulé en marge d’une rencontre organisée par l’Association marocaine des exportateurs (Asmex). Au menu, une radioscopie des principales destinations subsahariennes d’exportation en Afrique de l’Ouest, ainsi que les outils d’évaluation et de couverture de risques proposés par l’assureur sur ces marchés. Le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Gabon, en particuliers, sont parmi ces destinations à potentiels pour l’offre exportable marocaine. « Pour le Sénégal, par exemple, au-delà de figurer dans la liste des premiers clients du Royaume en région subsaharienne, sa géographie stratégique en fait une porte pour les marchés de l’hinterland ouest africain tels le Mali, le Burkina et le Nigeria », explique Phillipe Hoeblich, directeur commercial chez Coface.
La Côte d’ivoire, elle, avec le Cameroun, sont des destinations stratégiques confirmées d’export pour les opérateurs, et sont dans la liste des marchés prioritaires de Coface. Ces pays sont de véritables marchés de consommation, et peuvent également se positionner en hubs régionaux pour d’autres grandes économies limitrophes comme le Nigéria. Quant aux principaux risques identifiés, il s’agit notamment des risques de  non paiement et d’environnement des affaires, des risques de distribution (absence de réseaux structurés et prédominance de l’informel) ainsi que des contraintes liés aux délais de paiement. Au Gabon, ces délais sont de 60 jours en moyenne, contre 75 au Sénégal et 90 jours au Cameroun et en Côte d’Ivoire.
Du côté de l’Asmex, en dépit des contraintes conjoncturelles et structurelles, ces marchés présentent tout de même d’importants potentiels pour de nombreux secteurs. « Nous constatons, aussi, que la concurrence des grandes puissances industrielles devient de plus en plus rude. Il est donc primordial d’adopter des stratégies commerciales visant, à moyen et long terme, à mieux se positionner », explique Hassan Sentissi, président de l’Asmex. «D’où l’importance de s’allier avec des institutions spécialisées pour l’évaluation et la couverture des risques liées aux opérations commerciales à l’export», poursuit-il. L’entité s’est d’ailleurs mise d’accord avec la Coface pour la mise à disposition, au profit des membres de l’Asmex, d’importants avantages relatifs à l’expertise de la compagnie française. Cette rencontre est la première d’une série qui se tiendront, à tour de rôle, dans les autres régions du Royaume. L’objectif est d’informer sur les différents programmes, réglementations et services mis en place pour accompagner les exportateurs vers les marchés subsahariens. Il s’agit aussi de créer le débat sur des problématiques clés de l’exportation pour soutenir la compétitivité des acteurs de l’export.

Droits de douane, un casse-tête pour l’Afrique

Avec des taux allant jusqu’à 50% sur, la problématique des droits de douane appliqués sur la majorité des destinations export en Afrique subsaharienne a été largement soulevée lors des débats. La finalisation des négociations en cours sur les projets d’accord entre le Maroc et l’Union économique et monétaire ouest africaine et la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale, devrait permettre de contourner cet obstacle. Le Royaume compte privilégier des partenariats multilatéraux. Cependant, les négociations relatives à ces accords piétinent depuis plusieurs années déjà et les opérateurs s’impatientent. Le Maroc cherche désormais à changer d’approche sur la question, en proposant un accord élargi sur la base des accords de partenariats économiques entre l’UE et l’ensemble UEMOA.

Safall FALL – L’ECONOMISTE - Édition N° 4379 du 2014/10/15

 

Exportations : Les risques à maîtriser en Afrique

L’Afrique, c’est une multitude d’opportunités, mais autant de risques. Les opérateurs marocains qui investissent ou comptent investir dans ce marché le savent pertinemment et ne ratent aucune occasion pour se tenir informés. Une rencontre organisée hier à Casablanca par l'Association marocaine des exportateurs (Asmex) en partenariat avec Coface, sur le thème «Afrique : des opportunités à saisir, des risques à maîtriser» a attiré bon nombre d’opérateurs qui s’intéressent au marché africain, mais qui craignent ses risques. Ceux-ci sont, en effet, légion, selon les responsables de Coface, opérateur mondial de l'assurance-crédit et expert des risques commerciaux.
Il s’agit notamment, indique Philippe Hoeblich, directeur commercial chez Coface Maghreb, Afrique de l’Ouest et Centrale, des risques liés au non-paiement, au climat des affaires, à la distribution et à l’identification des acteurs économiques sur ces marchés. Ainsi, le responsable de Coface indique que les délais de paiement sont très longs dans les pays de l’Afrique de l’Ouest et centrale. Le délai moyen constaté atteint 90 jours dans des pays comme la Côte d’Ivoire et le Cameroun.

Concernant les moyens de paiement, il relève que le paiement en cash est encore très répandu dans ces pays et que le chèque n’est pas une garantie, dans l'espace UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine). En fait, explique-t-il, l’émission de chèque sans provision a été dépénalisée dans cet espace en mars 2011.
Concernant la distribution, Philippe Hoeblich prévient contre les risques d’opter d’une manière systématique pour la solution de facilité, à savoir contracter avec un distributeur local plutôt que de déployer sa propre
distribution.

Car, concède-t-il, celui-ci présente certes les avantages de connaitre le marché, de gérer la logistique et les transports jusqu’au client final, de couvrir l’ensemble du territoire, d’avoir le savoir nécessaire pour gérer les canaux de distribution informels et d’assumer le risque de crédit.

Toutefois, nuance le spécialiste, cette option présente le risque de l’émergence de position de force des distributeurs oligopolistiques. Il recommande donc aux grandes entreprises de contrôler leur distribution «le plus loin possible dans le marché» et aux PME de «trouver le bon distributeur».
S’agissant de l’identification des acteurs économiques sur ces marchés, le conférencier note que la culture des affaires en Afrique de l’Ouest et centrale est similaire à celle en Asie. «Elle est plus animée par les relations, moins par les transactions».

Traduction : Il faut établir des relations directes avec ses partenaires d’affaires pour les connaitre de près.
Il recommande, dans le même ordre d’idées, d’aller progressivement dans ce partenariat d’affaires, en commençant, parfois, par de petites livraisons. 


Zoom sur le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Gabon

Lors de cette rencontre, Philippe Hoeblich a fait un focus sur quatre pays, à savoir le Cameroun, la Côté d’Ivoire, le Sénégal et le Gabon. D’après lui, offrant de nombreuses opportunités, ces pays présentent aussi certaines faiblesses. Il s’agit pour le Cameroun des comptes extérieurs et publics dépendants du pétrole ; de l’insuffisance des infrastructures ; de la lenteur de la restructuration bancaire, des réformes et dans l'amélioration du climat des affaires. Pour la Côté d’Ivoire, il relève la dépendance de son économie à l’évolution des cours du cacao et du pétrole ; du climat des affaires encore difficile et des infrastructures publiques déficientes et du contexte sécuritaire fragile en dépit de la normalisation de la situation politique.
Quant au Sénégal, il note que l’activité et les exportations sont soumises aux aléas climatiques, à l’irrégularité de l’approvisionnement énergétique et à l’évolution du cours des produits de base. De même, les infrastructures sont insuffisantes et les comptes publics et extérieurs déséquilibrés.
Concernant le Gabon, il présente les faiblesses d’une économie très dépendante du secteur pétrolier ; un coût élevé des facteurs de production ; des infrastructures défaillantes, un taux de chômage des jeunes inquiétant et des disparités sociales fortes. En outre, l’environnement des affaires demeure difficile et les capacités institutionnelles insuffisantes.

14 octobre 2014 - Lahcen Oudoud, LE MATIN