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Actualités
10
Oct
2018
Assurance auto: Se couvrir à crédit reste la règle
  • Deux ans après la circulaire de l’Acaps, les pratiques n’ont pas changé
  • L’assainissement des arriérés tend la relation entre les assureurs et les intermédiaires
  • La réforme du livre IV du code des assurances va élargir le champ d’activité des court
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Le paiement au comptant de la prime d’assurance institué par la circulaire de l’autorité des assurances en 2016 a toujours du mal à passer. Même deux ans après, il est bien difficile de gommer des pratiques ancrées dans les habitudes depuis des années.

L’assurance est un domaine complexe et cette caractéristique est transposable à la relation qu’entretiennent les compagnies et les courtiers. Après les politesses de circonstance à la 3e édition de la rencontre annuelle des agents et courtiers d’assurance jeudi 4 octobre à Casablanca, la première pique est venue de Khalid Aouzal, président de la Fnacam. «Le marché de l’assurance n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière, mais dispose de tous les ingrédients pour y parvenir, à savoir des assureurs fiables et financièrement stables, je dirai plutôt riches pour être plus précis...». Cette observation s’explique par le statu quo sur les négociations autour de l’augmentation des commissions. Les intermédiaires espèrent relancer les discussions avec les assureurs dans les prochaines semaines. 
Malgré les divisions au sein de la profession, il y a consensus sur le commissionnement et la gestion des arriérés. Ce dernier point pollue toujours la relation entre les compagnies et les intermédiaires. «C’est une question épineuse», reconnaît Hassan Boubrik, président de l’Autorité de contrôle des assurances. En même temps, «la démarche que nous avons prise nous semble la plus raisonnable», ajoute-t-il. Les montants en jeu se chiffrent à plusieurs milliards de DH. Certaines compagnies auraient obligé des intermédiaires à signer des protocoles d’accord sur 2 ou 3 ans maximum. Ces délais seraient trop courts pour apurer le passif, se plaignent des intermédiaires. 

Les exigences réglementaires vont obliger les acteurs du marché à changer des habitudes ancrées depuis des années. Les mutations qui touchent le secteur vont aussi imposer une évolution du business modèle des intermédiaires notamment. «Les principales préoccupations de la profession doivent être la remise en cause du business modèle, la recherche de nouvelles sources de revenus et la réussite du virage du digital», conseille Hassan Boubrik.

 Le digital pose un défi de taille aux agents et intermédiaires d’assurance, surtout sur un marché où la dépendance vis-à-vis de l’assurance automobile peut s’avérer handicapante dans le futur. L’autorité des assurances et les compagnies travaillent sur un projet de dématérialisation de l’attestation auto. C’est une première ouverture vers la suppression de l’intermédiaire pour la souscription de ce produit. A l’avenir, la diversification sera vitale pour les intermédiaires. Il y a un certain nombre de produits pour lesquels le conseil restera important et donc l’intervention de l’intermédiaire indispensable. Pour cela, il faudra qu’ils sortent de leur zone de confort. La réforme du livre IV du code des assurances ouvrira aux courtiers la possibilité d’exercer des activités annexes qui ne soient pas en conflit d’intérêt avec celle de l’intermédiation. Sauf qu’aujourd’hui, les opérateurs n’ont aucune visibilité sur l’aboutissement de ce chantier. Le texte est bloqué depuis plusieurs années au niveau du Secrétariat Général du Gouvernement.


«Les marges des assureurs sont très confortables»

 

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Khalid Aouzal, président de la Fédération nationale des agents et courtiers d’assurance au Maroc 
 

- L’Economiste: Avez-vous trouvé un compromis avec les assureurs sur le commissionnement? 
- Khalid Aouzal: Il y a deux principaux sujets de préoccupation avec les assureurs: la déontologie et la rémunération. Pour le moment, les discussions sont au point mort. Nous avons espoir de les relancer dans les prochaines semaines. Nous sommes conscients que les négociations ne vont pas être faciles parce que les demandes des intermédiaires, bien que légitimes, ne sont pas très appréciées des assureurs. Cela les obligera à réduire leurs marges, mais je pense qu’elles sont confortables et qu’ils doivent fournir un effort. Il est dans leur intérêt de revoir la rémunération qu’ils allouent aux intermédiaires. Nous devons aller vers une rémunération équitable par rapport au travail que nous accomplissons.

- Les changements introduits par la circulaire sur l’encaissement des primes sont-ils rentrés dans les mœurs? 
- La circulaire a créé beaucoup de bonnes choses, mais elle doit être revue.  Elle avait pour philosophie d’enlever la responsabilité de l’encaissement de la prime à l’intermédiaire. Mais rien n’a changé, au contraire, beaucoup d’intermédiaires continuent de financer les assurances de leurs clients. Nous comptons saisir l’Autorité de contrôle des assurances pour rediscuter de la mesure.

- Quels ajustements préconisez-vous? 
- Il faudra peut-être s’inspirer de la pratique du «cash before cover». Je pense que c’est l’une des solutions les plus justes et équitables pour tout le monde. Après, il faut trouver des formules de contrats sur des durées courtes pour permettre aux clients d’être convenablement assurés.

Franck FAGNON - Edition N°:5365 - 05/10/2018  - L'ECONOMISTE