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Actualités
03
Déc
2018
Le marché attend avec impatience le Takaful

L’assurance Takaful suit son circuit législatif pour une mise sur le marché au plus tard en juin 2019, selon un expert du secteur. Une sortie très attendue par les professionnels des assurances et la finance islamique. Le Takaful conditionne en effet le développement de la finance participative et devra dynamiser considérablement le taux de pénétration de l’assurance au Maroc.

 

Les professionnels de l’assurance et la finance participative sont dans l’expectative. L’assurance Takaful, indispensable pour le développement de l’écosystème de la finance participative, tarde encore à voir le jour. Si le projet de loi relatif à cette assurance a été validé en Conseil de gouvernement, le 18 octobre 2018, ses textes d’applications n’ont pas encore vu le jour. «Même si ces textes suivent leur circuit législatif normal, il n'en demeure pas moins qu’il faut accélérer le processus, car cela conditionne de manière très étroite le développement de la finance participative dans le pays», témoigne un expert en assurances ayant requis l’anonymat. Si ce dernier avance la date de juin 2019 pour une mise sur le marché effective de l’assurance Takaful, Othman El Alamy, secrétaire général de l'Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS), évite de se prononcer sur une date. «Suite aux recommandations du Conseil supérieur des Oulémas (CSO) concernant le cadre légal de l’assurance Takaful, un projet d’amendement du Code des assurances (loi n° 87-18) a été élaboré. Ce projet a été adopté par le Conseil de gouvernement et soumis au Parlement en plus des textes accompagnant le projet de loi de Finances 2019. Les travaux d’harmonisation des projets de textes d’application avec le nouvel amendement du Code des assurances sont presque finalisés et seront soumis très prochainement à l’avis conforme du CSO», rappelle El Alamy dans son entretien au «Matin». Il s’agit de projets d’arrêtés du ministre de l’Économie et des finances (fixant notamment les conditions générales types de certaines couvertures) et d’une circulaire de l’ACAPS. «Le nouveau projet d’amendement du Code des assurances sera, selon toute vraisemblance, adopté avec la loi de Finances 2019. Pour permettre une entrée en vigueur rapide de ce type d’assurance, nous espérons que tout le processus d’adoption de ces textes soit achevé juste après la publication de l’amendement du Code. Ces textes sont actuellement en discussion avec les parties prenantes et devront être validés par le CSO», précise El Alamy. Une fois donc le Code et ses textes d’application publiés, l’ACAPS traitera les demandes d’agrément des entreprises d’assurances et de réassurance qui souhaitent pratiquer cette activité. En attendant, les banques participatives doivent faire avec les moyens du bord.
L’absence d’une assurance Takaful est, en effet, préjudiciable pour le client. «En cas de survenance d’une situation qui ne lui permet plus de s’acquitter de ses mensualités, que ce soit pour les cas d’invalidité ou de décès, le client ne peut bénéficier d’une assurance pour le couvrir face. Le risque est donc supporté par le client et, éventuellement, par les ayants droit», déclare notre expert. Si pour la Mourabaha Immobilière, les banques peuvent pour le moment financer sans couverture classique en attendant le Takaful, la Mourabaha auto est une autre paire de manches, l’assurance étant obligatoire pour l’utilisation de tout véhicule. Les clients désireux de contracter ce financement sont obligés de souscrire à une assurance automobile classique. 
L’entrée en vigueur de l’assurance Takaful aura à coup sûr un effet positif sur le secteur des assurances, vu que «beaucoup d’opérateurs ont manifesté leur intérêt pour exercer cette activité», confie au «Matin» le secrétaire général de l’ACAPS. D’un autre côté, le développement de l’activité des banques participatives contribuera certainement à l’amélioration de la demande des produits d’assurances Takaful. Ainsi, l’entrée en vigueur de l’assurance Takaful permettra, selon El Alamy, aux personnes, actuellement en dehors du système assurantiel pour des convictions religieuses ou d’éthique, d’intégrer ce système, ce qui contribuera, sans nul doute, à l’augmentation du taux de pénétration de l’assurance au Maroc. 

Mohamed Amine Hafidi, LE MATIN