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Actualités
9
Juin
2008
Assurance des sportifs / Les risques du métier
Les risques du métier

Les pratiquants livrés à eux-mêmes en cas d' Accident

Centre Nour à Bouskoura. Cet établissement de rééducation, inaugurée il y a quelques années, est une bouée de sauvetage pour les victimes de traumatismes physiques.

Ils sont nombreux, ceux dont la vie a basculé un jour par un coup fatal du hasard. En y accédant, enfants et adultes «handicapés» recevaient, dans un grand brouhaha, la visite de leurs parents. C'est là où réside le jeune Yassine Zakari depuis plus de deux mois. A 23 ans, cet ancien joueur du Wifak Bouznika (3e division) souffre d'une hémiplégie due à un accident sur un terrain de football.
Le 15 décembre 2007 fut funeste pour Yassine car ce jour là sa vie changea quand il reçut un coup terrible pendant le match.

«C'était quelques jours avant l'Aïd Al Adha. Le coup qu'il a reçu était tellement dur qu'il avait perdu conscience pendant plus de deux mois. En ce qui nous concerne, et malgré le peu de moyens dont nous disposons, nous avons fait des mains et des pieds pour que Yassine puisse se soigner», explique sa maman.

Il faut signaler que n'étant pas couvert à 100% par l'assurance (elle est plafonnée à 25.000 DH), ce fut un véritable parcours du combattant pour Yassine afin de bénéficier de soins adéquats. «Vous savez, il est resté pendant longtemps à l'hôpital. On ne pouvait rien faire pour lui…C'est grâce à l'aide de certains joueurs marocains qui évoluent à l'étranger, notamment Bouchaib Lembarki, qu'on a pu le faire rentrer ici», affirme la maman de Yassine. En Effet , Yassine est resté seul et s'est battu seul. Aucune aide de l'équipe Wifak Bouznika, ni de son président.

«Aujourd'hui, Yassine a récupéré un petit peu au niveau de son pied. Il peut maintenant déambuler avec une canne. Au niveau de la main, il n'y a pas une grande amélioration. C'est quelqu'un qui va à peine marcher, sans plus. Il ne pourra jamais reprendre le sport. En un mot, il sera une charge pour sa famille», explique le médecin chef Mohamed Aghedar

Dans le monde du sport, Yassine n'est certainement pas seul dans ce cas. D'autres sportifs, dans certaines disciplines ont vécu ce calvaire. «Je me rappelle du gagnant de la première édition de l'émission Al Kaddam Addahabi qui a eu un accident en France. Après deux interventions chirurgicales non réussies, il est venu ici pour la rééducation. Maintenant, on n'entend plus parler de lui, parce que sa vie s'est arrêtée après l'accident», continue le docteur Aghedar.

Ainsi, les sportifs sont exposés à tout moment à des blessures qui mettent fin à leur carrière. D'où la nécessité d'être couverts par une assurance. Mais le sont-ils et dans quelle mesure ?

Pour avoir une réponse digne de crédibilité, nous avons contacté les responsables du Raja et du Wydad, les deux grands clubs casablancais. Le WAC se souviendra encore longtemps du drame qui a touché l'un de ses éléments, Youssef Belkhouja, en plein match, au complexe Mohammed V.

Un proche du comité du Wydad affirme qu'il ne faut pas comparer les petits clubs aux grands clubs comme le Wydad, les FAR ou le Raja. «Le WAC est un club bien structuré, et tous les joueurs sont pris en charge. Je peux citer les cas de Talha et de Colibaly qui ont été pris totalement en charge par le club».

«Le cas de Yassine fait mal au cœur. Ça nous montre la grande différence qui existe entre le professionnalisme en Europe et au Maroc. Vous savez, en France par exemple, il y a la caisse de sécurité qui s'occupe de tout. Ici, étant donné que l'assurance est plafonnée, le club doit prendre en charge le blessé, sinon c'est sa propre famille qui doit s'en occuper», explique ce responsable qui a préféré garder l'anonymat.

Le secrétaire administratif du Raja, Redouane Tentaoui, confirme les propos des responsables wydadis. « L'assurance dans le monde du sport reste parmi les sujets les plus délicats. On a affaire à une assurance plafonnée, du coup une fois le montant dépassé, les blessés et leurs familles doivent se débrouiller. Pour la petite histoire, les radios qui dépassent par exemple 3000Dh, sont souvent refusées par les médecins des assurances et c'est le club qui doit les payer. Imaginez, en cas de décès, l'indemnité est de 20.000 Dh».

En attendant que nos responsables trouvent une solution à cet épineux problème de l'assurance, Yassine continue à se battre tout seul.«Tout ce que je veux, c'est être pris en charge par un établissement public afin que je puisse guérir».

Exemple de solidarité

Bouchaib Lembarki, Abdelhak Ait El Arif, Othman Assas, enfants du peuple, qui ont gravi les échelons sportif et social à la sueur de leur front, connaissent fort bien les sacrifices consentis pour gagner une place au soleil. Le cas de Yassine Zakari, les a profondément marqués et ils se sont empressés de venir en aide à ce jeune footballeur que le destin a fait basculer dans la douleur et le désespoir.

Ce bel exemple de solidarité émanant de ces trois footballeurs devrait donner à réfléchir à certaines stars qui n'arrêtent pas de pérorer sur les écrans, soignant beaucoup plus leur image que venant en aide à des sportifs dans le besoin

Par Fatima-Ezzahra Saâdane | LE MATIN le : 09.06.2008