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Actualités
9
Mai
2008
Assurance auto: Où est passée la libéralisation tarifaire?
· Des critères de tarification sont inexploités

· Pas de grosses variations dans les mesures de souscription

Un peu moins de deux ans après la libéralisation des tarifs de l’assurance Responsabilité Civile (RC) auto, où en est-on vraiment? Une libéralisation qui s’est traduite d’abord par un changement de taille: les compagnies ont acquis le droit de calculer eux-mêmes la prime sans intervention réglementaire.

Des automobilistes s’attendaient naturellement à une baisse des prix. Car, qui dit libéralisation, dit concurrence! Curieusement, lorsqu’on sonde les professionnels de l’assurance, l’expression fait sursauter... «C’est un sujet sensible qui interpelle le rôle des pouvoirs publics dans le marché des assurances», se contente de rétorquer un Assureur . La libéralisation a tout de même relifté le mode de calcul bonus/malus, même si l’on est très loin de ce qui s’applique en Europe.

Dès juillet 2006, elle a introduit le coefficient de réduction/majoration. Parmi ses principes, les assurés qui n’engagent aucune responsabilité totale ou partielle pendant 24 mois ne paieront que 90% de leur prime de RC. Il y a tout de même un hic! Par rapport au système français, «la réduction est figée. Il n’ y a pas, par conséquent, de bonus à mémoire», note un ancien membre de la commission ad hoc qui s’est chargée de l’élaboration des contrats types relatifs à la RC automobile. L’avantage du bonus à mémoire est qu’il permet d’atteindre jusqu’à 50% de réduction sur la prime de base.

Par ailleurs, malgré la libéralisation, les critères de tarification n’ont pas intégré dans leur schéma d’autres éléments. Les compagnies d’assurance se sont contentées de la formule classique: l’usage du véhicule (tourisme ou commerce), sa puissance fiscale et le type de combustible (diesel ou essence). Même si la tarification est encadrée, les assureurs ont pourtant une marge de manœuvre dans le calcul de la prime pure.

Ils ont en Effet la possibilité d’intégrer, sur autorisation du ministère des Finances, des critères tels que la localisation géographique du risque. C’est du moins ce que prévoit «l’article 58 de l’arrêté n° 1548-05 du ministre des Finances du 04/08/2005». Il est donc légitime de se demander «pourquoi cette option n’a pas été exploitée pour faire jouer la concurrence», s’interroge un responsable du département de tutelle qui soupçonne presque une entente tacite des assureurs.

Pour faire valoir ces deux critères de calcul, les compagnies doivent d’abord dresser un portrait global de leur clientèle. Le but est bien évidemment d’établir une base de données en vue de scruter le comportement des assurés et anticiper l’évolution du marché.

«Facile à dire mais difficile à appliquer», commentent la plupart des assureurs interrogés. Le marché souffre de «pathologies structurelles»! La collecte de telles informations est presque irréalisable. Pourquoi? Il y a d’abord l’éparpillement et la réticence de la clientèle. Deux facteurs auxquels il faut ajouter le risque de fausses déclarations. Un exemple typique: un automobiliste habitant dans une zone géographique à prime majorée va s’arranger pour la déclarer ailleurs. «Son intention inavouée est de payer un tarif auto assurance moins cher», explique un haut responsable à Atlanta. Ce n’est pas tout. Car mêmes les compagnies d’assurances doivent faire face à... une mentalité.

Assurer sa voiture est assimilé par la majorité des automobilistes à «une obligation légale qui donne accès à un droit au déplacement», souligne-t-on auprès de la Direction des assurances et de la prévoyance sociale (DAPS).

Les dernières statistiques en date sont assez révélatrices: Seuls 2% des conducteurs ont une assurance tous risques. Et 3% d’entre eux optent pour une protection sélective: Vol , bris de glace, Incendie ... Le reste des assurés souscrit seulement à la responsabilité civile (www.leconomiste.com).

Que cache cette segmentation du marché? Un pouvoir d’achat toujours érodé par la hausse des prix, dont la plus emblématique est celle des aliments de première nécessité. Cela revient à dire que finalement les bons conducteurs payent pour les moins bons? Un système «inéquitable» mais qui préserve une accessibilité aux Prestations d’assurance.

La Fédération marocaine des sociétés d’assurance et de réassurance nuance. «Nous allons plutôt vers le scoring...». Autrement dit, c’est la segmentation des primes d’assurance qui se profile. La prime de l’assurance auto que l’automobiliste va payer variera selon qu’il a 2 mois ou 12 ans de conduite.

Lorsqu’on se réfère à l’expérience de la libéralisation des critères de tarification en Europe, on constate qu’il y a eu des dégâts. Le cas des compagnies d’assurances espagnoles est instructif: la libéralisation a engendré une guerre des prix qui a mené plusieurs assureurs à la faillite. En Allemagne, par contre, la transition a réussi. Trois ans durant, les opérateurs se sont soumis à une tarification au prix du marché, fixé par leur association professionnelle. Les assureurs ont par la suite libéralisé les prestations en fonction de leurs propres critères.

Finalement au Maroc, la libéralisation des tarifs de l’assurance auto joue beaucoup plus pour les garanties annexes (vol, incendies...). Mais les marges de la baisse tarifaire sont presque épuisées. «Le marché s’orienterait de plus en plus vers la qualité de service, l’innovation et la maîtrise des coûts de gestion», pronostique un haut cadre de Wafa Assurance. Du coup les compagnies d’assurances aiguisent leurs armes commerciales. L’habillage de l’assurance par un service d’ Assistance gratuit se vulgarise.

Raison pour laquelle remorquage, Véhicule de remplacement et call-centers sont très sollicités dans la stratégie des commerciaux. Une stratégie où les packs dédiés aux «sexe faible» sont légion.

F.F - L'économiste - Edition du 9/5/2008