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Actualités
01
Avr
2008
Assurance : La guerre des réseaux
· Les compagnies cherchent à développer leur part de marché
· Opération de recrutement à grande échelle
· Environ 180 nouvelles entreprises à créer


Depuis quelque temps, les assureurs multiplient les annonces de recrutement. A part la conception graphique, le message est presque le même: «Voulez-vous devenir agent général?». Cette chasse à l’agent général est-elle due à un simple hasard du calendrier? L’Economiste a mené enquête.

C’est Wafa Assurance qui avait ouvert le bal il y a plusieurs semaines. Par la suite, elle fut rejointe par Zurich Assurance Maroc, Atlanta, la CNIA et Essaada. Pour El Mustapha Dahmani, directeur du département technico-commercial, «la campagne de recrutement déclenchée par Altanta s’inscrit en fait dans le plan marketing de la compagnie ». Cependant, cela n’explique pas le fait que les assureurs s’y soient pris simultanément et à cette période de l’année. Pour Fahd Mekouar, directeur de développement de Rmawatanya, « il s’agit certainement d’une coïncidence».

En réalité, c’est le ministère des Finances, en concertation avec la Fédération marocaine des sociétés d’assurance et de réassurance (FMSAR), qui a décidé d’organiser le prochain «examen d’agents généraux» vers le mois d’octobre 2008, le 3e depuis l’entrée en vigueur du Code des Assurances en 1998.

Alors, comme le confirme Said Fasla, directeur agences et particuliers à Zurich Assurance Maroc, «pour pouvoir présenter des candidats à temps et respecter les délais impartis, les compagnies d’assurance de la place ont lancé, je dirais, presque à la même période, cette campagne de recrutement à grande échelle».

Le fait que les compagnies d’assurances essaiment à travers la presse à la recherche de bons profils s’explique donc par les délais nécessaires pour recruter les candidats et les former durant six mois au minimum, avant de les présenter à l’examen prévu au mois d’octobre 2008.

Pour pouvoir soumettre sa candidature, il faut être de nationalité marocaine, posséder une licence ou un diplôme équivalent délivré par un établissement d’enseignement public, avoir suivi un stage de formation d’une durée continue d’au moins six mois ou posséder une expérience professionnelle de deux ans continue au minimum acquise auprès d’une entreprise d’assurance et de réassurance... Les compagnies imposent d’autres conditions: bien connaître sa ville ou quartier d’implantation, avoir un bon réseau, être un bon commercial... En général, l’examen professionnel comporte des questions sur l’ensemble des opérations d’assurances, à l’exception des opérations crédit-caution et réassurance.

El Mustapha Dahmani reconnaît que le fait que les lauréats des établissements privés soient écartés par la circulaire du ministère des Finances prive les compagnies d’assurance de très bons éléments. Les candidats sont des chercheurs d’emploi, mais aussi des cadres de sociétés financières désireux de s’installer à leur propre compte.

Pour ce qui est du contenu de la formation, il s’articule autour des produits d’assurance et services de la compagnie, des techniques de vente et de communication... Les candidats reçus à l’examen bénéficieront ensuite d’une formation de rappel axée, cette fois-ci, sur des aspects propres à la compagnie qu’ils sont destinés à représenter. A ce stade, les candidats ne peuvent toujours pas exercer parce que d’autres documents administratifs restent à fournir au ministère de tutelle: le traité d’agent général, véritable contrat liant la compagnie d’assurance et l’agent général le traité de nomination les statuts de la société que l’agent général envisage de créer...

Le ministère des Finances et la Commission administrative et organisation (CAO) se réunissent ensuite pour délivrer les agréments, seul sésame pour pouvoir officier comme agent général.

A signaler que les agents généraux vont créer leur propre entreprise et à leurs propres frais. Les compagnies d’assurances se livrent sans conteste une concurrence acharnée pour augmenter leurs parts de marché. Pour F. Mekouar, «le développement du réseau d’agents des compagnies est une nécessité pour être au plus près des clients et pour accompagner les besoins croissants en assurances». Le recrutement d’agents généraux est donc une parade à laquelle les assureurs ont recours pour étendre leur réseau à moindre coût et s’implanter dans des villes ou des quartiers où ils n’iraient jamais ouvrir une succursale. Outre certains quartiers non desservis des grandes villes comme Agadir, Rabat, Casablanca, etc., les agents généraux sont recrutés dans des régions éloignées comme Kelaât-Sraghna, Tinghir, Zagora, Tiznit, Guelmim...

L’opération «agents généraux» devrait permettre à chacune des compagnies d’ajouter à son réseau environ 30 nouveaux points de vente, avec, à la clef, une économie des frais d’installation et d’équipement.

Comment sont-ils payés?

Les agents généraux ne sont pas salariés de la compagnie qu’ils représentent. Ils sont payés au pourcentage des produits placés. Ainsi, pour la catégorie «accidents du travail», leur commission est de 15% pour l’assurance automobile, sous-catégorie « transport public de voyageurs», elle est de 6% et de 12% pour les autres sous-catégories.

Pour la branche Incendie , catégorie risques industriels, les agents généraux perçoivent une commission dégressive en fonction du montant de la police d’assurance: 16,5% pour moins de 15.000 dirhams, 14,5% pour des primes d’assurance supérieures à 15.000 dirhams et 9% pour une police d’assurance dont le montant excède 1,2 million de dirhams... En ce qui concerne la catégorie «risques simples et perte d’exploitation», les commissions peuvent atteindre 20% pour les primes d’assurance inférieures à 15.000 dirhams et 12% pour un montant de plus de 1,2 million de dirhams.


Hassan EL ARIF - L'économiste - Edition du 1/4/2008