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Actualités
7
Jan
2008
L'actuariat sort progressivement de ses frontières originelles
· La profession est présente dans l’audit, la finance et l’industrie

· Cahier des charges: Evaluer les risques et les rendements financiers

Le métier de l’actuaire consiste à mettre le risque en équation. Spécialiste de la gestion des risques auxquels sont soumis la plupart des grandes entreprises, il est chargé de proposer des modèles mathématiques permettant de gérer au mieux l’évolution incertaine de l’environnement (élaboration et tarification de contrats d’assurance, évaluation de produits financiers, choix d’investissements, gestion des risques financiers). Il s’agit dans un premier temps d’évaluer la probabilité d’apparition de certains risques.
«L’actuaire est le spécialiste de l’analyse et du traitement des impacts financiers du risque», explique Chafai Abderrahim, directeur général adjoint de Zurich Assurance Maroc. Ainsi, il recourt aux modèles mathématiques pour déterminer la probabilité de certains événements futurs et les risques liés aux affaires. Dans l’assurance, activité originelle de l’actuariat, cette évaluation est utilisée dans le développement des produits pour déterminer les taux adéquats et les primes afin de répartir le risque et le mutualiser entre les assurés.

· Six spécialistes sur dix dans l’assurance

«Les premières études actuarielles sont apparues dès que s’est posé le problème d’organisation et de financement d’un système d’assurance-vie. Aujourd’hui, la compétence de l’actuaire s’est étendue à l’ensemble des systèmes d’assurance (organisation des régimes de retraite et de prévoyance, assurances Incendie , accidents, risques divers)», fait remarquer le DGA de Zurich Assurance Maroc.
On ne peut donc réduire ce métier à la gestion de ces seuls risques, dans la mesure où la profession d’actuaire évolue au fur et à mesure de l’apparition de nouveaux risques.
Selon une étude de l’Association marocaine des actuaires (AMA) sur la répartition des actuaires par secteur d’activités, il ressort que les assurances se taillent la part du lion avec 62% de l’effectif, suivies des administrations qui emploient 15% de ces spécialistes. Les Caisses de retraite emploient 13% et le secteur financier 10%.
Si, à l’origine, l’assurance était l’activité de prédilection de l’actuariat, le métier a franchi de nouvelles frontières. L’actuaire est devenu un spécialiste de la finance quantitative. On le trouve aujourd’hui dans la finance, la banque et de plus en plus, dans les grands cabinets d’audit, auxquels ces profils sont indispensables dans l’appréciation des risques auprès de leurs clients.
De par sa spécialisation, l’actuaire a pour mission de proposer des modèles mathématiques permettant de gérer au mieux l’évolution incertaine de l’environnement. C’est le cas en matière d’évaluation d’instruments et de gestion des risques financiers, du choix d’investissements.
L’accès au métier, il faut au minimum avoir achevé un cursus de Bac + 5 avec un important socle de disciplines mathématiques. Au Maroc, c’est l’Institut national des statistiques et d’économie appliquée (Insea) à Rabat qui forme des actuaires, une trentaine par an. L’établissement est accessible par concours des grandes écoles après deux ans de classes préparatoires. Le marché est alimenté aussi par l’Université Mohammed V d’où sortent une quarantaine d’actuaires chaque année.
Beaucoup de professionnels qui exercent actuellement au Maroc ont été formés à l’étranger, en France notamment. Les lauréats de l’Ecole nationale de la statistique et de l’administration économique à Paris (Ensae), de l’Isup de Paris Jussieu et de l’ISFA de Lyon sont bien représentés dans les entreprises marocaines, relève Mohamed Belbaraka, DGA de Wafa Assurance. Mais la voie de ces grandes écoles et universités n’est pas la seule pour entrer dans le cercle très fermé d’actuaires. Un petit nombre d’experts sont issus des Facultés des sciences après des études en mathématiques.

· Possibilités d’évolution de carrière

Quelles sont les compétences techniques d’un actuaire ? «Outre les techniques quantitatives, il doit maîtriser non seulement l’environnement financier, mais aussi, les aspects juridiques, comptables, fiscaux et commerciaux dans lesquels se situe son intervention», observe Chafai. Il existe de nombreux mé Tiers où la compétence actuarielle est requise: dans l’audit, l’actuariat-conseil et la gestion d’actifs. « L’auditeur procède à des vérifications qui doivent lui permettre de donner une opinion sur l’objet de ses contrôles alors que le conseil, a pour rôle de participer à l’élaboration d’un projet, d’une étude, d’un modèle ou simplement de procéder au calcul des résultats chiffrés. Les deux métiers sont à la fois complémentaires et incompatibles », explique le directeur général adjoint de Wafa Assurance.
Prenons le cas d’une voiture qui représente la compagnie d’assurance. Le commercial est la personne qui appuie sur l’accélérateur tandis que le gestionnaire Sinistre appuie sur le frein. L’auditeur lui, vérifie l’état du moteur et l’actuaire regarde le rétroviseur pour indiquer le chemin. Ce dernier analyse l’expérience passée pour déduire l’avenir », illustre Belbaraka. Plusieurs possibilités d’évolution de carrière s’offrent à un actuaire. Il peut évoluer dans le management et prendre des responsabilités de directeur technique. « L’actuaire démarre sa carrière dans sa spécialité, cependant il peut évoluer dans différentes fonctions de l’entreprise jusqu’à la direction générale.


Quant à la rémunération , elle dépend du cursus et de l’expérience de la personne. « La rémunération d’un actuaire débutant démarre en France à 40.000 euros bruts annuel (440.000 dirhams). Au Maroc, il faut compter entre le salaire 120.000 et 140.000 dirhams», précise Belbaraka. Selon une enquête par l’Association marocaine des actuaires, 45% des experts occupent une fonction technique et un sur trois est affecté aux fonctions de management. 11% des effectifs en gestion et dans le commercial et 9% dans la comptabilité-finance.

En attendant un ordre professionnel



L’Association marocaine des actuaires a été créée il y a dix ans (1998) et vient d’être admise comme membre associé de l’Association internationale des actuaires . Ce statut confère à ses membres une reconnaissance internationale. « Il faut savoir que le ministère des Finances a toujours regretté que les comptes des compagnies d’assurances locales soient certifiés par des experts-comptables et non des actuaires, comme c’est le cas aujourd’hui dans la plupart des grands pays », révèle Belbaraka. L’affiliation étant acquise, il va s’agir donc pour l’Association marocaine des actuaires d’obtenir sa reconnaissance en tant qu’Ordre professionnel habilité à certifier les comptes des compagnies d’assurances tout particulièrement. Les experts-comptables n’ont qu’à bien se tenir.

Jalal BAAZI
L'économiste - Emploi & Carrière du 7/1/2008