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Actualités
18
Oct
2007
La réassurance en vedette à Marrakech
Sans la réassurance, l’assurance ne pourrait exister. La réassurance est le preneur véritable du risque, elle dégage les compagnies d’assurances dites cédantes du surplus de risque pour qu’elles se consacrent aux mé Tiers de la commercialisation des produits d’assurances.


La réassurance est porteuse de capacités financières supplémentaires au métier de l’assurance pour prendre les gros risques.
Pourtant, on entend très peu parler de la réassurance parce qu’elle occupe une position de second rang, mais, surtout, parce qu’elle ne s’adresse pas aux clients consommateurs de produits d’assurances. Les clients des réassureurs sont les compagnies d’assurances. Dans les pays émergents, les compagnies de réassurances sont publiques avec une participation du trésor dans leur capital alors qu’elles sont privées dans les pays occidentaux. Au Maroc, c’est la CDG qui est l’actionnaire principal de la Société Centrale de Réassurance, SCR qui est une société anonyme et dont bien sûr les premiers clients directs sont les 16 compagnies d’assurances locales. Pour revenir à son historique, il faut rappeler qu’au lendemain de l’indépendance politique, pour assurer son indépendance économique et financière, le Maroc a dû créer une compagnie de réassurance, la SCR, pour arrêter la sortie d’une partie de l’épargne nationale du fait de la présence de plus de 200 représentations étrangères de compagnies d’assurances et de réassurances. Concrètement, la cession légale d’une partie des primes a été imposée aux compagnies d’assurances au profit de la SCR. Les étrangers ont préféré partir et le Maroc a évité la sortie de son épargne. La SCR est née en 1960, aidée et appuyée par la cession légale qui obligeait les compagnies d’assurance à lui rétrocéder 5% puis 10% des primes sous forme de réassurance. Elle a aussi donné une identité au marché de l’assurance et contribué depuis, à sa régulation.
Le métier de l’assurance repose en réalité sur plusieurs niveaux de réassurance.

Définition
On peut prendre l’exemple de la SAMIR qui représente un gros risque de plusieurs milliards de dirhams qui porte sur du matériel industriel et même immobilier et qui se traduit par la probabilité importante d’ Incendie du fait des produits inflammables au cœur de son activité. Son Assureur pour pouvoir assurer ce risque sur des équipements chers va automatiquement céder une partie du risque à un réassureur lequel pourra faire face à un éventuel gros Sinistre du genre. Une compagnie d’assurance vis-à-vis de la réassurance, tient le même raisonnement que l’assuré vis-à-vis d’elle-même. Elle se dit que face à un gros risque, elle ne doit pas engager ses fonds propres et elle cède donc son risque en partie pour n’en garder qu’une quote-part. Elle rétrocède ainsi tout simplement une partie de la prime du client à son réassurance.
Celle –ci peut céder elle-même au cas par cas des risques. Comme le fait la Société Centrale de Réassurance elle même en cédant une partie de ses risques à des compagnies de réassurance internationales plus importantes. C’est ce qu’on appelle la rétrocession. Ces dernières elles-mêmes ne garderont peut-être pas la totalité des risques qu’elles ont prises et vont à leur tour les rétrocéder à d’autres réassureurs si bien que le risque premier aura été réparti entre l’assureur et plusieurs réassureurs et donc dilué pour en diviser la couverture éventuelle en cas de sinistre.

La réassurance au Maroc
Donc, la réassurance au Maroc est Assuré(e) epar la SCR en collaboration avec de nombreuses compagnies étrangères pour les risques importants qualifiés de gros. Pour les autres risques comme celui de l’automobile, le La multirisque habitation,
La multirisque professionnelle class= Tips2 glossarbot style= cursor:help border-bottom:1px dotted #000000 >Multirisque habitation, la Responsabilité Civile , l’incendie, donc l’assurance dommage mais aussi les assurances vie, que les compagnies souscrivent elles les cèdent aux réassureurs sous forme de traités. Les compagnies versent ces affaires de masse dans ces traités et le réassureur accepte la totalité de ces affaires moyennant un prix. Annuellement, les compagnies font une consultation auprès des réassureurs dont la SCR et s’autres réassureurs étrangers. Chacun tarifie les risques de ces portefeuilles d’assurances. La SCR est donc concurrencée sur son propre marché par les grands réassureurs du monde comme Munich Ré et Swisse Ré , les britanniques et les français. Et les compagnies à travers des traités qui englobent la totalité des assurances par produits attribuent en fonction du prix dans le cadre d’un appel d’offre. La SCR est « leader » sur le marché marocain parce qu’elle est compétitive. Elle est donc chaque année attributaire de 40% des traités toutes branches confondues de l’ensemble des affaires marocaines. Elle occupe une place commerciale importante auprès des compagnies d’assurances et dans le métier de la réassurance.
Le marché marocain reste petit, les réassureurs mondiaux y interviennent à partir de leur siège et ne sont pas installés au Maroc. Inversement, la SCR en tant que compagnie de réassurance marocaine intervient de plus en plus au niveau international.
En Effet , après septembre 2001, l’Afrique du Nord a été déclarée zone non couverte par les réassureurs mondiaux, et la SCR a joué le rôle d’unique réassureur des compagnies marocaines sans que l’Etat n’intervienne.

Rôle de la SCR
Car, la SCR tout en ayant en charge la protection des assurés est une société indépendante qui doit être profitable même si l’Etat par la cession légale Garantie a contribué à assurer l’équilibre d’exploitation de la société. Si le Trésor a eu à intervenir jusqu’en 1976 depuis, la capacité financière de la SCR est largement suffisante pour assumer ses responsabilités de réassureur.
La réassurance est un métier de risque à la marge au niveau mondial. Sur les milliards de primes d’assurances, 80 à 90 % restent entre les mains des assureurs et 10% et 20% vont à la réassurance. La réassurance est modeste par rapport au marché du direct, elle demande de la technicité parce qu’elle joue aussi le rôle de conseillers des cédantes en matière de souscriptions de risques et de son évaluation. Au Maroc, le chiffre d’affaires de l’assurance a été de 14,4 milliards de dirhams à fin 2006 et donc la réassurance qui représente entre 16 à 20% se monte à 2,6 milliards de dirhams. Et La SCR avec une part de marché de 40% atteint un chiffre d’affaires au Maroc d’un milliard de dirhams.
Par ailleurs la SCR joue aussi un rôle de conseil du marché. C’est ainsi qu’elle a été à l’origine de la réforme comptable du secteur des assurances introduite par le Code des Assurances et qu’elle a participé par exemple avec la DAPS à la réflexion sur les nouveaux risques et leur couverture.
Il s’agit des risques catastrophiques naturels et de ceux du fait de l’homme que sont les attentats et les émeutes. Une étude commune a débouché sur un projet de texte de loi déjà approuvé par le ministère des finances, la fédération des sociétés d’assurances et le ministère de l’intérieur et qui est au secrétariat du gouvernement dans l’attente d’être soumis au Parlement. Sur la base de tous les systèmes d’assurances existants sur ces risques en partant de TaÏwan aux Etats Unis en passant par la France, le système retenu est le plus fédérateur sur le plan mondial du fait qu’il couvre non seulement les Dommages matériels mais aussi les personnes concernées et même les démunies qui n’ont pas de contrats d’assurances. La couverture de ces risques répond à la demande des investisseurs étrangers qui exigent ce genre de couverture pour que notre pays soit au diapason des autres pays émergents.
La SCR en tant que compagnie marocaine de réassurance doit se diversifier, s’imposer à l’international et renforcer ses capacités financières d’autant que la cession légale, devrait être supprimée en 2013 conformément à l ‘accord d’association que le Maroc a signé avec les Etats Unis, l’arrivée de compagnies d’assurances et de réassurances américaines et aussi d’autres nationalités

Afifa Dassouli

LA NOUVELLE TRIBUNE

édition 18/10/2007