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Actualités
29
Juin
2007
Assurance-crédit: Le Maroc, une carte gagnante chez Euler Hermes
Le Maroc, une carte gagnante chez Euler Hermes

Michel Mollard est président du directoire d’Euler Hermes SFAC, numéro un mondial de l’assurance-crédit. Il a présidé, jeudi 28 juin, le Conseil d’administration d’Euler Hermes Acmar, filiale marocaine du groupe. Celle-ci enregistre une formidable croissance, plus de 20% du chiffre d’affaires par an! Ce qui fait dire au président de la maison-mère que la «présence du groupe au Maroc est un succès?. Reste à conquérir la population des PME.

· L’Economiste: Quelle évaluation faites-vous de votre présence au Maroc, et où voyez-vous les gisements de croissance sur ce marché?
- Michel MOLLARD: Nous sommes très satisfaits d’?être au Maroc, un pays qui se transforme profondément et qui présente des perspectives très intéressantes. La progression de notre chiffre d’affaires -supérieure à 20% par an- et de nos résultats l’atteste: notre présence au Maroc est un succès. Nous sommes également heureux d’y créer des emplois. La qualité et le dynamisme de la main-d’?oeuvre marocaine ne cessent de croître. D’une manière générale, le potentiel d’?équipement du marché en produits et services financiers demeure important. S’agissant de l’assurance-crédit, les entreprises découvrent progressivement un produit nouveau qui leur permet de développer leur activité en étant accompagn?ées quotidiennement par un partenaire qui les aide à sélectionner leurs clients et à éviter les impayés. Nous avons apporté au marché des produits aux meilleurs standards internationaux ainsi que l’ Expertise du groupe Euler Hermes, leader mondial de l’assurance-crédit, qui analyse et surveille plus de 40 millions d’entreprises dans le Monde. Les assurés marocains profitent des mêmes outils de gestion «on line» que les assurés français ou américains. Aujourd’hui, nos clients sont surtout d’importantes sociétés marocaines, filiales de groupes internationaux ou marocains. Il nous reste à? conquérir l’important tissu économique constitué de PME/PMI, qui sont confrontées chaque jour aux problèmes d’impayés de leurs clients, au Maroc comme à l’?étranger.

· Quelles sont, en gros, les attentes de vos clients marocains?
- La police d’assurance-crédit présente trois services indissociables: la prévention des risques (nous cherchons avant tout à éviter des sinistres à nos clients), le recouvrement et l’indemnisation. Nos clients les apprécient pour leur complémentarité, même s’ils les hiérarchisent de façon différente selon leurs besoins. Certains vont avant tout souhaiter une protection de leur rentabilité, d’autres l’efficacité de leur développement commercial et l’optimisation de l’action de leurs forces de vente. La plupart de nos clients s’assurent surtout pour la partie prévention de notre assurance.
Ils souhaitent que nous puissions les accompagner lors de leurs transactions commerciales en les sensibilisant et en les alertant sur les risques inhérents à ces opérations selon la situation financière de leurs clients, le secteur ou le pays dans lequel ils opèrent.
En un mot, ils souhaitent que nous leur évitions des impayés! Mais, en cas d’impayé, ils attendent bien sûr que nous fassions le maximum pour récupérer leurs créances et que nous les déchargions de procédures longues et complexes. Bien entendu, ils souhaitent un service de qualité réactif et efficace avec des délais performants de réponse.

· Comment caractériseriez-vous la sinistralité de paiement des entreprises marocaines et quels sont les niveaux d'engagements que vous avez sur le Maroc?
- Au Maroc, comme d’ailleurs dans tout le sud de l’Europe, les délais de paiement sont souvent longs, au-delà de 100 jours en moyenne. Certaines entreprises, profitant de leur position de marché, peuvent, mieux que les autres, imposer leurs délais. Par ailleurs, plus le secteur est concurrentiel et l’entreprise petite, plus elle subit la pression sur ses marges et sur les délais qu’elle se voit contrainte d’accorder à ses clients. Nous avons évoqué le développement important d’Euler Acmar: ses engagements ont suivi une même tendance. Nous connaissons et surveillons quotidiennement plus de 7.000 entreprises marocaines et notre base de données au Maroc contient près de 15.000 entreprises. A l’export, nous nous appuyons sur les bases de données du groupe qui contiennent plus de 40 millions d’entreprises. Nos engagements sur les entreprises marocaines sont de plus de 7 milliards de dirhams, ce qui commence, vous en conviendrez, à représenter quelque chose.

· L'assurance-crédit connaît un mouvement de concentration au niveau mondial. Comment se positionne votre groupe par rapport à ce processus?
- Le groupe Euler Hermes est celui qui a initié ce mouvement de concentration, il y a maintenant quinze ans. Nous sommes aujourd’hui de loin le numéro un dans le monde: notre part de marché est de 36% et nous sommes présents dans tous les pays où nous devons être. Nous sommes notamment numéro un dans la majorité des pays européens, aux Etats-Unis et, bien sûr, au Maroc! Les grands pays émergents - Chine, Inde, Russie, Mexique, Brésil, Turquie, pour n’en citer que quelques uns - font l’objet de toute notre attention. Il faut savoir que dans notre métier, l’envergure internationale est essentielle car nous devons être sur tous les marchés où se développent nos clients. Notre stratégie est de combiner croissance organique et politique d’acquisition ciblée lorsqu’il reste des opportunités intéressantes. Ainsi, l’année dernière, nous avons par exemple acquis des sociétés en Irlande, en Australie et en Nouvelle-Zélande, ainsi qu’aux Etats-Unis: United Mercantile Agencies (UMA), un des leaders américains du recouvrement commercial et de la gestion du poste clients.

· Lien direct entre croissance et défaillance d’entreprises

- Votre activité est à bien des égards un baromètre de la santé des entreprises. Relevez-vous une corrélation entre la croissance et la capacité des entreprises à honorer leurs engagements?
- Nous observons en Effet une corrélation entre la croissance du PIB et la croissance des défaillances d’entreprises. Les défaillances baissent lorsque la croissance augmente. Le ralentissement économique amorcé en 2007 va entraîner un risque accru pour les entreprises et une sinistralité en augmentation. L’ Indice global des défaillances d’entreprises créé par Euler Hermes SFAC devrait augmenter de 7% en 2007. Mais nous observons également une sinistralité dans des secteurs devant faire face à une surchauffe d’activité non maîtrisée. Dans ce cadre, ce sont souvent des entreprises jeunes, de petite taille, avec, à la base, une structure capitalistique faible, qui sont les plus touchées. Elles n’ont pas su préserver leur marge et gérer efficacement le développement de leur activité.

Propos recueillis par
Abashi SHAMAMBA Edition 2559 du 29 juin 2007 L'économiste