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Actualités
14
Oct
2006
Les assurances adoptent de nouveaux barèmes de remboursement
Les compagnies d'assurance viennent d'opter pour un nouveau barème de remboursement. Cette nouvelle donne est, assurément, de nature à redéfinir tout un pan de l'assurance privée au Maroc, l'assurance complémentaire en tête. «Les professionnels de l'assurance ont décidé de mettre en commun leur expérience et leur connaissance du marché. Certaines compagnies ont effectivement opté pour de nouveaux barèmes de remboursement consacrés par la pratique», affirme Ali Boughaleb, délégué général de la Fédération marocaine des sociétés d'assurances et de réassurance.
L'objectif pour les compagnies d'assurance, selon ce délégué, étant d'éviter l'inflation des dépenses de soins, tout en normalisant la consommation. «La Fédération a mis en place un tarif indicatif qui a un sens. Il n'est nullement dans l'intention des assureurs de baisser les montants des remboursements mais plutôt de normaliser la consommation», précise-t-il.
Pour l'instant, selon un courtier de la place, les intermédiaires n'ont pas encore été saisis officiellement. Ce changement de cap anticipé a été dicté par le constat fait par les compagnies d'assurance. Face au régime de remboursement de la CNSS , les assurances privées ont réalisé qu'elles remboursaient généreusement leurs contractants. Par conséquent, des pertes importantes peuvent être épargnées en s'alignant, le plus tôt possible, sur le régime AMO au lieu d'attendre la fin des cinq années, suivant l'entrée effective du régime (juillet 2005).
Légalement, du fait de la libéralisation du secteur des assurances, il n'y a pas d'inconvénient à ce que les compagnies fixent les tarifs dans le cadre de transactions avec les assurés. Des produits complémentaires peuvent donc être adaptés à l'offre de base.
Initialement, et selon l'article 114 de la loi 65-00 relative à l'AMO, les 350.000 personnes disposant déjà d'une couverture Maladie auprès des assurances et mutuelles privées, avaient la possibilité de continuer à bénéficier de leur ancien système pendant cinq ans, ou de se mettre sous le régime de l'AMO et de négocier avec leur Assureur un complément de couverture, notamment pour les soins ambulatoires.
Avec la décision des assureurs, le recours à des régimes complémentaires, certes à la portée d'une certaine catégorie à hauts revenus, est désormais indispensable. Sachant que du côté taux de remboursement, l'AMO offrira des taux dans une fourchette prévue de 70 à 90%.
En plus, le système n'offre pas de couverture totale lors de son entrée en vigueur. Au cours des cinq premières années, seules les pathologies lourdes (une vingtaine, au départ, puis portées à une quarantaine de gros risques : cancer, sida, diabète, hépatite, maladies cardiovasculaires, pulmonaires, hémodialyse...) seront prises en charge pour les affiliés, aussi bien en matière d' Hospitalisation que de frais de pharmacie. Selon ce raisonnement, les soins ambulatoires, petites maladies et leur corollaire d'achats courants de médicaments, seront exclus de l'AMO. Par contre, les populations vulnérables comme certaines catégories de femmes et d'enfants en bénéficieront.
Toutefois, cette donne fait assurément le bonheur de la CNSS, organisme de gestion de la partie privée de l'AMO. En Effet , les 350.000 personnes déjà couvertes ayant des salaires élevés (60% de la masse salariale déclarée à la CNSS), de par le choix qui leur a été donné de ne pas rejoindre l'AMO, privaient le système d'une manne de cotisations. Dès maintenant, et non au bout de cinq ans, grâce notamment aux nouveaux adhérents, l'AMO, dotée de ressources plus importantes, pourra offrir plus de Prestations , notamment le remboursement des fameux soins ambulatoires.
Le scénario initial prévoyait, dans sa première phase, que l'AMO s'étalerait sur cinq ans, avec des prestations limitées pour les salariés du privé. Pour le secteur public, en revanche, les choses sont plus simples. Environ 2,5 millions d'adhérents bénéficient d'une large couverture médicale auprès de la CNOPS.
L'apport de l'AMO dans ce cas est double : l'extension de la couverture médicale à environ 207.000 personnes, comprenant les fonctionnaires qui n'étaient pas couverts et 78.000 retraités (le système étant facultatif).
La décision des compagnies d'assurance pose, cependant, un ensemble de questions. Quid des rapports futurs employeurs/employés ? Les cotisations seront-elles revues à la baisse ? Ou alors assisterons-nous à une refonte des rapports entre assuré et assureur.
En tout cas, une chose est sûre : de l'aveu même d'un courtier de la place, une migration de plusieurs grands comptes vers le régime géré par la CNSS est perceptible. Ce qui n'est pas de nature à arranger le travail des intermédiaires en assurance, encore moins, les prestations des 350.000 assurés chez les privés !



-- Le Matin - 10/14/2006