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Actualités
10
Août
2009
Mamda/MCMA Pour le meilleur et pour le pire
  • Les deux mutuelles vont se réunir (et non fusionner)dans une entité en 2010
  • Le ministère des Finances instruit la demande d’agrément
  • L’amendement du Code des Assurances lève les derniers obstacles



Dans quelques mois, en 2010 au plus tard, l’union entre la Mamda (mutuelle agricole marocaine d’assurances) et la MCMA (mutuelle centrale marocaine d’assurances) sera effective. Une demande dans ce sens est déposée à la Daps (Direction des assurances et de la prévoyance sociale) qui, a priori, n’y voit pas d’inconvénient. Elle est même favorable au regroupement des mutuelles dans un secteur atomisé.
Le tandem Mamda/MCMA prévoit la mise en place effective de ce rapprochement (qui aura un nom) en janvier 2010. Auparavant, les assemblées générales des sociétaires devront entériner ce «mariage» en plus du feu vert de l’autorité de tutelle.
Jusque-là, ces deux mutuelles ont cohabité ensemble. L’amendement récent du code des assurances a favorisé le projet d’union. «Ce n’est pas une fusion, mais une union qui permet de prendre tous les contrats souscrits en portant caution solidaire. Le code des assurances permet aux sociétés mutuelles de constituer des unions et son récent amendement a réglé certains détails», affirme Annie Guerraoui, administrateur directeur général de la Mamda-MCMA. C’est le cas de la consolidation au niveau de l’union de mutuelles de tous les actifs et passifs. L’article 214 du code des assurances précise que «les statuts de l’union doivent stipuler que, lors de l’ Adhésion d’une société d’assurance mutuelle, celle-ci doit transmettre à l’union l’ensemble des dettes et créances nées des opérations d’assurances ainsi que l’actif affecté à la représentation de ses provisions techniques».
Autre mesure de taille introduite par les amendements du code, la possibilité pour une société mutuelle de mettre en place un conseil de surveillance et un directoire. Ce qui permettra de séparer la gestion du contrôle et aussi de l’améliorer, les mutuelles étant tenues aux mêmes règles de gestion et de transparence que les sociétés anonymes. C’est d’ailleurs l’un des points qui ont accéléré le processus d’union entre la Mamda et MCMA.
Pour Annie Guerraoui, cette union permettra de conforter les assises juridiques et financières et de faire face à la concurrence en optimisant la gestion consolidation des opérations comptables et financières. De plus, l’évolution économique étant orientée sur les regroupements, l’union permettra de développer les sociétés mutualistes.
L’union Mamda-MCMA sera ouverte à tous les secteurs et non seulement à l’agriculture. Chose qui diversifiera le portefeuille. «Cette union permettra la mise en place d’une politique de souscription et de tarification ainsi que le développement de produits plus adaptés aux sociétaires. La cible sera également plus large», soutient Guerraoui. Elle explique aussi qu’un «plan de réassurance au nom de l’union sera mis en place». Idem pour la distribution, sachant que la Mamda et la MCMA sont représentées à travers tout le Maroc.
Ce groupe, connu pour sa discrétion, est un acteur majeur du marché financier. Il figure parmi les investisseurs institutionnels les plus importants de la place et compte des participations dans le tour de table de plusieurs entreprises dont plusieurs sont cotées. Son portefeuille, réparti sur plusieurs secteurs, est l’un des plus importants de la place. En 2008, le groupement a réalisé un chiffre d’affaires de 1,2 milliard de dirhams.

Deux grands acteurs

Introduite à l’époque de la colonisation, l’assurance mutuelle a été représentée par trois caisses relevant de la caisse centrale d’Alger et garantissant surtout la mortalité du bétail et la grêle. Au lendemain de l’indépendance, les agriculteurs marocains des caisses régionales se sont organisés au sein de la Mutuelle agricole marocaine d’assurances. Pendant plus de 40 ans, la Mamda a opéré en exclusivité dans l’agriculture, un secteur qui dépend des aléas climatiques et que les assurances refusaient de couvrir.
Mais ce quasi-monopole est rompu depuis quelques mois avec la mise en place par une compagnie d’assurances de la place de produits destinés à couvrir les risques agricoles. Pour autant, la Mamda garde l’exclusivité sur la gestion du risque sécheresse assuré par les autorités de tutelle et dont la gestion lui est confiée ainsi qu’au Crédit Agricole. La Mamda compte six groupements régionaux.
Pour sa part, la Mutuelle centrale marocaine d’assurances est créée en 1969 pour prendre en charge les risques non agricoles. Elle compte 10 groupements régionaux et professionnels.

Khadija MASMOUDI - L'économiste - Edition du 10/8/2009