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08
Juil
2014
Prémices de l’ouverture du «ciel» de l’assurance et de la réassurance

La «Commission Administration et Organisation» du Comité Consultatif des Assurances vient de donner, lors de sa réunion du 26 Juin, le feu vert pour la création d’une Mutuelle d’Assurances «Taamine Chaâbi» et d’une entreprise de réassurance «MAMDA-Ré». Est-ce les prémices de l’ouverture du marché Marocain de l’assurance et de la réassurance après plus d’une trentaine d’années de blocage, par l’Administration de tutelle, pour l’octroi de ces agréments ? 

L’agrément est accordé, selon le code des assurances, aux entreprises d’assurances et de réassurance par arrêtés du Ministre chargé des Finances après avis du Comité Consultatif des Assurances.

Le projet «Taamine Chaâb», une bataille ancienne du Groupe BCP
A l’image de plusieurs banques qui ont cherché une croissance externe à travers la prise de participation et le contrôle de compagnies d’assurances, La Banque Centrale Populaire (BCP), fort en plus d’être en possession d’un portefeuille de contrats d’assurances en provenance de sa clientèle, a pendant des décennies nourri l’envie d’avoir une filiale propre à elle pour gérer et profiter de la manne financière que rapportait le placement de ce portefeuille.
L’enjeu était de taille et ne pouvait échapper à la vigilance d’un «gros calibre» financier, Noureddine Omary, nommé fraichement, à cette période PDG de la BCP. En effet, celle-ci disposait d’un des portefeuilles de contrats vie et capitalisation les plus importants du marché, constitué initialement de contrats décès et individuels accidents et renforcé, à partir de 1985, par un produit phare, à l’époque, «Addamane Achaâbi», un produit d’épargne-décès souscrit par la communauté marocaine à l’étranger, dont la BCP était et est toujours leader, en matières de services financiers, à destination de cette clientèle. Ce portefeuille, qui se chiffrait à une centaine de millions de DH par an de primes, était placé auprès de la société d’assurances CNIA, avant sa privatisation, en Juillet 1997.
La bataille s’annonçait rude pour le nouveau patron de la BCP. Deux options se présentaient pour lui : la première consistait à s’adosser à une compagnie d’assurances, et la seconde était de demander carrément l’agrément pour la création d’une nouvelle entreprise d’assurances.
C’est dans ce sens que s’explique la première tentative de la BCP pour le rachat de la part majoritaire du Groupe ARIG (groupe à capitaux Kowetien, Bahrayni et Libyen) dans la société CNIA, qu’il avait acquise lors de l’opération de sa privatisation. Echec de cette option puisque c’est le Groupe Moulay Hafid Elalamy qui «a raflé la mise» en rachetant la CNIA, en Juillet 1997.
Conséquence prévisible de cette opération et comme mesure de rétorsion de la part du PDG de la BCP à l’égard du nouvel acquéreur de cette compagnie, le rapatriement, la même année, du portefeuille assurances de la CNIA vers la Mutuelle Centrale Marocaine d’Assurances- MCMA-.
La seconde et seule alternative qui s’offrait à la BCP était la demande d’un agrément pour une compagnie d’assurances, qui datait en fait du début des années 2000. Là, aussi c’était un échec cuisant puisque le Comité Consultatif des Assurances, dans une réunion du 13 Octobre 2005, avait émis un avis défavorable à cette demande d’agrément. Le Ministre des Finances qui n’était pas en fait lié par l’avis du CCA, qui n’est qu’un avis consultatif, a validé la position des professionnels qui avaient estimé qu’il n’y avait pas de place pour un nouvel intervenant.
Mais le Groupe des Banques Populaires n’a pas désarmé et obtenu, enfin gain de cause, l’accord pour la création d’une entité sous forme de mutuelle «Ataamine Achaâbi» pour pratiquer les opérations d’assurances vie et capitalisation. Concrètement, et compte tenu des relations commerciales et de capital entre cette Banque et la MCMA, il s’agit d’une sorte de gestion déléguée, à celle-ci, du portefeuille Addamane Achaâbi précité permettant, en toute vraisemblance à la banque d’avoir plus de poids et de visibilité sur la gestion de ce portefeuille.
Avec cette nouvelle donne, au niveau du marché Marocain de l’assurance, plusieurs questions restent sans réponse: pourquoi la création d’une mutuelle spécialisée au lieu de la création d’une compagnie d’assurances ? S’agit-il d’une solution de «consensus» pour éviter le risque d’un nouveau refus des professionnels ? La solution est-elle viable pour créer une mutuelle d’assurances pour gérer finalement un seul produit «Addamane Achaâbi» ? Ou, enfin, la solution retenue n’est-elle qu’une étape intermédiaire pour s’acheminer, à terme, vers une union des mutuelles avec le Groupe MCMA-MAMDA ?

Naissance de la MAMDA-Ré

A l’occasion de cette même réunion de la CAO, l’accord a été donné, pour la première fois dans l histoire du marché Marocain, à une entreprise d’assurance de créer sa filiale dans le domaine de la réassurance, en l’occurrence la Mutuelle Agricole Marocaine d’Assurance- MAMDA- avec la naissance la MAMDA-Ré en partenariat avec le réassureur de référence de cette Mutuelle, Partener-Ré .
A noter que la MAMDA est le principal assureur du secteur agricole dans notre marché. Contrairement à ce qu’on peut penser, l’objectif affiché, à travers cette création, n’est pas de cibler la réassurance de l’aliment local- peut être pour ne pas «froisser » et rentrer en concurrence frontale avec le réassureur national, la Société Centrale de Réassurance- mais d’opérer principalement en Afrique où, d’une part la demande existe puisque plus de 70% de la population africaine vit de l’agriculture et d’autre part, en raison du réseau dont dispose Partener-Ré sur le continent.
Les promoteurs de ce projet de la MAMDA-Ré affichent des ambitions plus importantes en demandant le statut de Casablanca Finance City- CFC-.


Abdelfettah ALAMI -
Challenge.ma 7 juillet 2014

 

 

***Autre article***

Maroc : deux nouvelles compagnies se lancent sur le marché

Deux nouvelles compagnies vont voir le jour au Maroc : la mutuelle Taamime Chaabi, qui va distribuer des produits d’assurance vie, et le réassureur Mamda Ré, qui vise les marchés africains. Ces deux nouvelles compagnies sont un signal fort pour le marché marocain dont les derniers agréments datent des années 1980.

De mémoire d’assureurs marocains, les derniers agréments délivrés aux opérateurs du secteur remontent au début des années 1980. C’est dire si l’avis favorable rendu la semaine dernière par la Commission administration, issue du Comité consultatif des assurances, chargé d’étudier les projets de loi et d’octroyer ou de retirer les agréments aux intermédiaires, apparaît déjà comme l’évènement de l’année dans le secteur. Reste cependant au ministère des Finances à valider la décision qui, logiquement, devrait aller dans le même sens. 

Mutuelle distribuant des produits vie

Doté d’un capital de 50 M de dirhams (4,5 M€), dont 49 M détenus par la Mutuelle Centrale Marocaine d’assurances (MCMA) et le reste par la Banque Centrale Populaire, la mutuelle Taamine Chaabi distribuera  exclusivement des produits d’assurance vie. L’actionnaire majoritaire, MCMA, est une émanation de la  Mutuelle agricole marocaine d’assurances (MAMDA), l’une des plus grosses mutuelles d’assurance du pays, qui, en dehors des risques agricoles, propose des produits d’assurance classiques.  La Banque Centrale Populaire est le second acteur bancaire du pays, après le groupe Attijariwafa Bank. Au Maroc, il dispose du premier réseau de distribution (1250 agences en 2013) et a été l’une des premières au début des années 1980 à proposer un contrat de type bancassurance.

Dans tous les cas, les deux parties se connaissent bien, puisque la Banque Centrale Populaire commercialise déjà des produits mis au point la MCMA. En créant avec son partenaire actuel une mutuelle spécialement dédiée à la clientèle de la banque, la Banque Centrale Populaire va donc loger une activité qui existe déjà dans une entité juridique distincte. La BCP, étant promoteur de la mutuelle au coté de la MCMA, elle sera plus agressive dans l’offre produits et dans la collecte de l’épargne », parie un observateur du secteur.  

Il est vrai qu’au Maroc, la bancassurance est  un modèle qui fonctionne bien. « Depuis plusieurs années déjà, la branche vie et capitalisation est passée devant l’automobile », tient à rappeler Bachir Baddou, directeur général de la Fédération marocaine des sociétés d’assurances et de réassurance (FMSAR). A tel point que les banques marocaines cherchent à dupliquer ce modèle en Afrique comme l’a fait en 2013 le groupe Attijariwafa Bank en créant  une compagnie d’assurance vie en Tunisie. La BCP est déjà présente en Afrique à travers sa filiale, la Banque Atlantique

Lancement d’un deuxième réassureur

Aux côtés de Taamine Chaabi, Mamda Ré est le second opérateur qui devrait voir prochainement le jour. Il s’agit d’une compagnie de réassurance portée par la Mamda, l’américain Partner Re et la Mutuelle centrale de réassurance (groupe Monceau Assurances). Elle est dotée d’un capital d’1 milliard de DH (89,2 M€), dont la moitié apportée par la Mamda. Mamda Ré va bénéficier du statut Casablanca Finance City. Cette nouvelle place financière développée dans la capitale économique du royaume, délivre des avantages spécifiques en matière de fiscalité et de services à condition de réaliser 75% de son chiffre d’affaires en dehors du territoire national. Mamda Ré interviendra dans la réassurance des risques agricoles, principalement sur les marchés africains. Sans faire ombrage donc à la Société centrale de réassurance (SCR) qui était jusque là l’unique opérateur de réassurance sur le marché marocain, spécialisée dans les risques industriels.

Si cette double annonce sonne comme une bonne nouvelle pour la place marocaine de l’assurance, elle n’est pour autant pas synonyme d’une libéralisation à tout va. « Il faut laisser aux opérateurs marocains, encore fragiles, le temps de se renforcer. Le feu vert a été donné à ces deux opérateurs pour accélérer le développement du secteur. En aucun cas pour prendre des parts de marché aux acteurs existants », prévient Bachir Baddou, de la FMSAR.

- Publié le 08 juillet 2014 - Actualité de l'assurance en ligne : mutuelle santé, assurance auto, assurance habitation, assurance vie, assurance immobilier. Etudes, dossier et chiffres clés des compagnies et mutuelles d'assurance : Axa, Generali, Groupama, Allianz...