Trouver un ...




Devis
Devis Automobiles
Voiture
Devis Habitation
Habitation
Devis Sante
Santé
Devis Professionel
Professionnel
Actualités
24
Sept
2014
Zurich Assurances: «Nous n’allons pas faire la guerre des prix»
  • La sinistralité de la branche augmente dans l’ensemble du marché
  • Des ajustements techniques annoncés sur les tarifs

 

Selon Dirk De Nil, DG de Zurich Assurances Maroc, «dans la branche automobile, les opérateurs procèdent à un ajustement technique des tarifs et l'on revient progressivement à des niveaux de prix correspondant à la réalité du marché».

Dirk De Nil, DG de Zurich Assurances, vient de prendre les commandes de la filiale du groupe suisse en juillet dernier. Il a pour mission de renforcer le positionnement de la compagnie au Maroc.

- L’Economiste: Comment évoluent les activités de Zurich dans la conjoncture actuelle?
- Dirk De Nil: Nous avons continué à afficher une croissance positive en 2014 et nous comptons  maintenir cette cadence. Nos résultats ont été obtenus dans un contexte d’accélération des investissements ces deux dernières années. A l’origine de ces performances, de nombreux projets qui ont vu le jour, notamment la création d’un centre d’indemnisation rapide, la mise en place d’un plan d’amélioration de la performance commerciale du réseau d’agents généraux. Ce qui a eu pour impact une croissance de 13% du chiffre d’affaires de ce canal en 2013.

- Vous appréhendez les baisses des ventes dans l’automobile, de chantiers dans le BTP et l’immobilier… et leur impact sur le portefeuille?
- En 2013, la branche automobile a contribué pour 32% (le tiers) dans le chiffre d’affaires global du secteur de l'assurance au Maroc (47% du chiffre d’affaires de la branche non-vie). La configuration actuelle fait que toute évolution des ventes automobiles peut clairement avoir un impact significatif sur le développement du secteur. Mais les statistiques des ventes de voitures à fin août affichent une quasi-stagnation par rapport à la même période en 2013. Ceci dit, le parc continue de croître, dopé par les ventes du neuf. Ce qui constitue une manne non négligeable.  Pour l’automobile, notre compagnie table sur une progression plus rapide que celle du marché.  A ce titre, nous avons réalisé une croissance de 15,2% en 2013 contre 5,7% pour l’ensemble du marché sur ce segment. En revanche, sur la branche «risques techniques», nous constatons un rythme de croissance modéré en 2014.
Ce segment est de plus en plus saturé. D’autant plus que les investissements en infrastructures connaissent un recul sous l'effet de la crise économique. Cela s’explique aussi par l’arrivée à terme de plusieurs projets et chantiers d'infrastructures. S’y ajoutent les grandes entreprises qui sont de plus en plus regardantes envers les postes budgétivores comme l'assurance.  Sur le segment particuliers et petites entreprises, nous allons continuer à booster la performance commerciale de nos agents généraux en vue de favoriser la croissance. Le segment des moyennes et grandes entreprises a connu pour sa part une réorganisation susceptible de favoriser des objectifs de croissance.
Par ailleurs, nous continuerons à nous appuyer sur une discipline de souscription rigoureuse et sur l'excellence dans la gestion de notre portefeuille en vue de maintenir le niveau de notre résultat technique. Nous n'allons pas changer de stratégie. Nous ne souhaitons pas grandir à tout prix / réaliser plus de chiffres en concrétisant le maximum d'affaires. Nous voulons croître de manière rentable.

- Comment vous expliquez certains ajustements tarifaires dans le secteur… Surtout ceux qui s’opèrent dans les garanties de la branche automobile?
- La sinistralité affectant la branche automobile a augmenté sur l’ensemble du marché. Cet accroissement correspond à la fois à l’augmentation de la fréquence des sinistres et à l’augmentation des coûts moyens par sinistre. Ces coûts s’en trouvent davantage augmentés en raison de la modernisation du parc et l’augmentation de la consommation des prestations d’assistance. Par ailleurs, la hausse de la sinistralité est certainement liée à la forte baisse des tarifs des garanties annexes que l’on a observée sur le marché ces dernières années. Face à cette situation, les opérateurs procèdent à un ajustement technique des tarifs automobiles et l'on revient progressivement à des niveaux de prix correspondant à la réalité du marché.

- Quelles sont les prévisions du marché par rapport à 2015?
- Nous sommes modérément optimistes, puisque, d’un côté, le taux de pénétration de l’assurance va continuer à croître. De l’autre, les produits vont également continuer à s’améliorer. Ceci dit, il y a des incertitudes concernant la croissance de l’économie marocaine, notamment par rapport aux performances du secteur agricole de  2014 (niveau de pluviométrie) et au redémarrage des investissements. Ces derniers sont un facteur déterminant pour la croissance du marché de l’assurance. Je crois que les investissements publics vont être conditionnés par la nécessité de contrôler les dépenses. La grande question est de savoir si les investissements privés vont connaître un rebond en anticipation d’une reprise économique qui sera tirée particulièrement par le redressement de la situation économique en Europe. Mais nous savons tous que l’Europe ne s’est pas encore complètement remise du marasme économique.

- Quelle est la marge encore possible pour les concentrations entre opérateurs?
- Le marché est déjà géré par de grands opérateurs dont les capitalisations sont détenues majoritairement par des groupes. A mon avis, il est difficile d’envisager un regroupement (fusion ou absorption) entre des compagnies de la place. Cela donnerait naissance à un assureur de plus grande taille. Ce qui est susceptible de créer un déséquilibre qui ne servirait pas les intérêts des compagnies de la place. Mais rien n’est parfaitement prévisible.

Propos recueillis par Amin RBOUB - L’ECONOMISTE - Édition N° 4364 du 2014/09/23