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Actualités
8
Mai
2012
Axa Assurance: Sa stratégie pour le Maroc Entretien avec Michel Hascoët, PDG Axa Assurance Maroc
La 1re sortie médiatique du nouveau patron
L’ Assureur cible une croissance annuelle moyenne de 10% entre 2012 et 2015
Développement de produits en unité de comptes dès cette année

L’Economiste: Comment analysez-vous l’activité en 2011?
- Michel Hascoët: Le marché de l’assurance s’est globalement bien comporté. Les chiffres du secteur sont satisfaisants. Ceux d’Axa Assurance sont de bonne facture. Nous avons enregistré une croissance de 9,7%. L’activité a progressé dans tous les domaines à l’exception de la branche maritime où nous étions en léger retrait. De façon générale, les résultats sont conformes à nos prévisions. Idem pour les résultats techniques. En revanche, ce qui a moins bien marché en 2011, c’est la Bourse. Les résultats financiers sont moyennement satisfaisants du fait de la conjoncture boursière.


- Quels ont été les principaux moteurs de l’activité?
- Axa Assurance opère principalement dans trois domaines: l’automobile, les risques d’entreprise et les accidents du travail. Nous avons enregistré une croissance de 8% sur la première branche. L’activité risques d’entreprise, elle, a progressé de 11%. Sur la branche Accident du travail , l’activité s’est améliorée de 7,5%.


- L’assurance vie a repris de la vigueur en 2011, comment s’est-elle comportée chez Axa?
-Elle n’est pas une branche majeure chez nous aujourd’hui. Mais nous comptons nous développer. Les besoins en assurance vie, en retraite complémentaire vont augmenter avec la hausse du niveau de vie. Nous avons en conséquence développé une offre en assurance épargne retraite complémentaire. Cette offre est distribuée à travers la bancassurance et par une partie de nos agents généraux. Nous lancerons d’ici la fin de l’année un produit complémentaire retraite en unité de comptes.


- Certains acteurs du marché n’ont pas déployé ces produits car ils les jugent peu rentables avec la réglementation actuelle. Qu’en est-il concrètement?
- Il faut savoir qu’en assurance vie la rentabilité est faible car l’essentiel de la performance doit profiter au client. Mais si nous voulons offrir à nos clients sécurité et performance, il va falloir créer de nouveaux produits mixant des garanties de taux avec des unités de comptes. Avec le redémarrage de l’économie et une Bourse mieux orientée, nous pourrons capter les hausses et en faire bénéficier le client. Vous voyez que c’est moins une question de réglementation que de dynamique des marchés boursiers.


- Ressentez-vous l’ Effet Assurance maladie obligatoire dans votre portefeuille?
- L’impact est très net. Aujourd’hui, il y a transfert vers la CNSS et nous allons de plus en plus devenir assureur Maladie complémentaire. Nous y sommes préparés. Le chiffre d’affaires sur la branche maladie tend à diminuer. Nous avons maintenu en portefeuille un certain nombre de très gros comptes et je pense que l’on doit s’acheminer vers un nouvel équilibre entre la CNSS et notre industrie: en tout cas, c’est le souhait que je formule.

- Sur la sinistralité, quelle a été la situation en 2011?
- 2011, à l’image des années précédentes, est une bonne année en matière de maîtrise de la sinistralité sur les risques de masse (peut-être faut-il y voir les premiers impacts du nouveau code de la route). Sur les risques techniques, nous avons constaté une légère dégradation du fait de la survenance anormale de quelques sinistres graves, dans des secteurs d’activité différents. Ceci ne remet pas en cause notre volonté de développement dans ces branches.


- Vous êtes numéro 3 du marché, quelles sont vos ambitions sachant que Axa n’a pas la réputation de jouer les seconds rôles sur les marchés où elle opère?
- Il est vrai que nous n’avons pas l’ambition de jouer les seconds rôles, ce n’est pas d’ailleurs notre statut actuel. Nous sommes aujourd’hui le troisième opérateur du marché. Nous ciblons une croissance moyenne de 10% sur la période 2012-2015, en privilégiant tout autant la rentabilité du portefeuille que la croissance. Nous souhaitons renforcer notre position sur le marché des entreprises grâce, notamment, à l’ Expertise internationale du Groupe Axa et la qualité de nos intermédiaires, et maintenir le bon niveau de nos performances sur le marché grand public.


- Avez-vous des projets de croissance externes?
- Au Maroc non. Notre objectif ici est de nous concentrer sur la croissance organique. Nous avons prévu à l’horizon 2015 de doubler la taille de notre réseau d’agents généraux. Nous prévoyons également de renforcer notre présence auprès du monde du courtage. En revanche, nous sommes très attentifs aux opportunités qui se présenteront sur le marché subsaharien. Ces activités sont directement pilotées depuis notre siège de Casablanca.

- Le contrat-programme des assurances a été signé en 2011, mais l’implémentation semble prendre du temps?
- Les premières concrétisations sont toujours en cours de discussion. Le secteur porte beaucoup d’espoir sur le contrat-programme. Le souhait des assureurs pourrait concerner, dans un premier temps, la couverture des risques liés à la construction, puis progressivement ceux concernant les multirisques habitations familiales. Le dialogue est engagé à nouveau entre la profession et les pouvoirs publics.

- Un retournement de tendance du marché actions n’est pas prévu à court terme. Vos arbitrages se font au profit de quels actifs actuellement?
- Axa appartient à une multinationale qui est soumise aux exigences européennes de solvabilité.
La filiale marocaine se comporte donc de façon similaire, à savoir qu’aujourd’hui nos investissements sont davantage orientés vers le marché obligataire. Nous intervenons également dans l’immobilier et à moindre degré sur le marché des actions.


- Les investissements touristiques sont admis en représentation des provisions techniques. Que représentent ces actifs dans votre portefeuille?
- Effectivement, nous avons la possibilité d’investir dans le domaine touristique. Axa s’est engagée dans des projets comme ceux issus du plan Azur. Nous avons investi 400 millions de DH (ce qui représente environ 2% de nos différents placements) dans différents fonds.

- Comment évaluez-vous les changements des règles prudentielles, notamment le reclassement des obligations?
- Tout cela concourt à une gestion plus prudente de nos expositions vis-à-vis d’un émetteur.
Notre exposition vis-à-vis des organismes financiers tient compte des nouvelles exigences prudentielles en matière de répartition des risques.

Parcours

Titulaire d’un diplôme de 3e cycle en économie et lauréat du Centre des hautes études en droit des assurances et de l’Institut d’administration des entreprises, Michel Hascoët a intégré le groupe Drouot en 1977. En 1985, il a été nommé responsable réseau des «Mutuelles unies».
Un poste qu’il a occupé durant quatre ans. Il rejoint ensuite le groupe Axa où il a occupé plusieurs postes de responsabilité en France, notamment DG du Sud-Est et DG adjoint d’Axa France.
Depuis 2000, Michel Hascoët est DG du groupe Axa pour l’Afrique subsaharienne. Une fonction qu’il a gardée après sa nomination à la tête d’Axa Assurance Maroc en juin 2011.

Propos recueillis par Franck FAGNON - L´Economiste - Édition N°