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Actualités
26
Août
2011
LA MULTIRISQUE CLIMATIQUE SUR LES RAILS
  • Démarrage de l’assurance avec 300.000 ha
  • Le risque «Maroc pays chaud» difficile à couvrir
  • Campagne de com pour les agriculteurs
La multirisque climatique sur les rails
           

Annoncé depuis longtemps, l’accord relatif au produit d’assurance multirisque climatique entre l’Etat et la Mutuelle agricole marocaine d’assurance (Mamda) a été paraphé le 24 août à Rabat. Premier de son genre, le produit a été élaboré spécifiquement pour couvrir les récoltes céréalières et légumineuses menacées par une multitude de périls climatiques. Il prévoit de garantir quelques 300.000 ha dés la campagne agricole 2011/2012 et devra s’étendre à 1million d’hectares d’ici 2015. Pour favoriser la pénétration du produit, l’Etat n’hésite pas à mettre la main à la poche. Sa contribution va de 53 à 90% des cotisations selon la garantie, sachant que les petits agriculteurs ne participent pas à plus de 26 DH à l’hectare alors que pour les niveaux de garantie supérieurs, le montant se situe entre 183 et 368 DH à l’hectare. «Nous avons focalisé l’aide sur les petits agriculteurs qui bénéficient le plus de la subvention modulée aux cotisations», a reconnu le ministre de l’Agriculture, Aziz Akhannouch.


Par ailleurs, le produit multirisque climatique couvre 9 cultures notamment les céréales comme le blé tendre, le blé dur, l’orge et le maïs ainsi que des légumineuses telles que les lentilles, les fèves, les haricots, pois chiches et petits pois. Il sera étendu au marécage et l’arboriculture d’ici la fin de l’année. Les événements garantis ont trait à la sécheresse, à l’excès d’eau, au gel, à la grêle, au vent fort et aux tempêtes de sable. Et la liste devra s’allonger pour s’étendre au chergui. Outre les événements, l’assurance multirisque agricole se caractérise aussi par une forte hausse des niveaux de garantie. Elle est de 1.450 DH/ha pour le premier niveau, 3.900 DH/ha pour le 2e et 4.350 DH/ha pour le troisième. Ce qui revient à une hausse de 45% comparée à la garantie sécheresse disponible auparavant. L’accord prévoit de rajouter deux niveaux supplémentaires pour les grands groupes. Ces mesures répondent aux problèmes révélés par les résultats de l’étude sur la gestion des risques agricoles.


Le travail a permis notamment d’hiérarchiser les risques: Les menaces d’ordre climatiques contribuent à hauteur de 75% à l’exposition globale du chiffre d’affaires. L’étude désigne le risque «Maroc pays chaud» comme l’un des plus difficiles à assurer alors qu’il caracole en tête des menaces avec un taux de 64%. Elle a aussi révélé que le taux d’exposition global du chiffre d’affaires agricole atteint 26%, ce qui représente un manque à gagner potentiel de 23 milliards de DH. Et ce sont les filières céréales, maraichage et arboriculture qui constituent 66% du total du chiffre d’affaires exposé, soit près de 15 milliards de DH. La filiale céréalière reste la plus vulnérable avec un taux d’exposition de 50%, alors qu’elle contribue à près de 25% du chiffre d’affaires. Pour remédier à cela, l’assurance multirisque climatique s’est démarquée de la garantie sécheresse qui a montré ses limites.


Elle a été élaborée de façon à prendre en compte les besoins de tous les agriculteurs. Elle se veut moderne et en phase avec les différentes visions du Maroc. Ainsi le «multirisque climatique», prend en compte le plan Maroc vert et a permettra de corriger plusieurs failles. Elle a étendu sa couverture territoriale à l’ensemble du Maroc et a reconnu d’emblée la nécessité du soutien de l’Etat. Des éléments qui contribuent à la rendre plus adaptée que son prédécesseur. C’est dire que comparé à la garantie sécheresse, le produit multirisque offre des avantages très significatifs. Les points les plus saillants de son contenu ont trait d’abord à la création d’une véritable couverture qui englobe plusieurs risques parmi les plus redoutés. Elle a également permis de garantir le coût réel engagé par les agriculteurs. L’autre point fort du produit multirisque climatique qui faisait défaut à la garantie sécheresse est la mise en place de mécanismes servant à augmenter la pénétration auprès des petits agriculteurs. «Nous allons mener des campagnes de sensibilisation, basées sur une communication adaptée, une plus grande proximité avec l’agriculteur… «pour l’amener à adhérer à cette nouvelle formule», affirme Hicham Belmrah, président du directoire de la Mamda. L’assureur a également précisé que le «multirisque climatique», a été élaboré suite à l’étude de plusieurs modèles dans ce domaine notamment en Asie et en Europe pour mieux construire un système adapté au Maroc.

Maïmouna DIA - L´Economiste - Édition N° 3604 du 2011/08/26