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Actualités
20
Juin
2008
CNIA-Es Saada : La fusion officialisée
· Le nouvel ensemble devient le troisième opérateur du marché

· Fusion: Dernières retouches pour les modalités techniques

A l’époque, le pari faisait presque sourire la concurrence. Racheter une compagnie d’assurances vieillissante, au bord de la faillite.
Es Saada, Moulay Hafid Elalamy, en parle aujourd’hui comme un de ses petits bijoux qu’il est tout fier d’afficher.
Sur le papier, le fondateur de l’empire Saham n’en est pourtant pas à son premier raid réussi.
En 2005, il reprenait la CNIA, faisant alors jaser le microcosme patronal casablancais, qui le voyait revenir par la grande porte dans un secteur où il s’était pourtant délaissé de ses activités de courtage (AGMA) au milieu des années 90.
La CNIA était certes une belle affaire mais qui partait handicapée de quelques cadavres dans le placard. Il aura fallu deux ans pour redresser l’ex-compagnie du groupe bahreïni Arig. Grâce à son obstination, il semble avoir récolté le jackpot.
La remise en selle d’Es Saada aura nécessité moins d’un an. La thérapie aura d’abord consisté à recapitaliser la compagnie pour près de 2,2 milliards de DH, dont 800 millions au titre du fonds de solidarité des assurances, le reste provenant d’une mise des actionnaires CNIA: le groupe Saham détient 67% de la compagnie, le prince Walid Ibn Talal 12%, Sanam appartenant à l’homme d’affaires Saïd Laalej, 14%, la CDG 4%.
Passée la phase d’assainissement, une nouvelle étape va être franchie à travers la fusion des deux sociétés, fusion que nous annoncions déjà dans nos précédentes colonnes. L’ex-société de la famille Ouazzani fait l’objet d’un plan de redressement. Précision de taille: celui-ci a été exigé par Elalamy. «Il était important au cours de la phase de redressement que les choses se fassent dans la transparence». Le plan devait initialement durer 15 ans. La fusion pourrait néanmoins raccourcir ce délai.
Finalement, après les efforts de toilettage, la mariée s’avère belle avec l’un des plus gros réseaux d’agents mais aussi quelques beaux actifs immobiliers comme holiday Inn, où à ses jours de gloire les assureurs se donnaient rendez-vous! L’établissement va être rénové et surtout constituer l’un des principaux édifices pour les ambitions du groupe Saham dans le tourisme. Celui-ci a monté un fonds d’investissement, Saham Hôtel, qui sera chargé de décliner les futurs projets dans ce domaine, notamment un nouveau concept d’hôtellerie. Sa direction a été confiée à un des ex-cadres du groupe Accor, Rachid Bennouna.
Dans un secteur où avoir la taille critique est un élément clef, le nouvel ensemble affichera, il est vrai, une impressionnante force de frappe: troisième Assureur du secteur, premier assureur en automobile, 3e assureur santé, le plus important réseau d’agents avec près de 245 intermédiaires.
Le chantier de la fusion n’aura pas été de tout repos. Comme pour toutes les opérations du genre, il fallait intégrer les risques d’organisation, la dimension RH, les cultures de groupe parfois différentes. La transition se déroulera sans heurts. «La mobilisation a été exceptionnelle, j’ai insisté pour que le mariage ait un côté festif et je pense que les équipes ont bien capté le message», confie Elalamy. Les arbitrages ne furent pas évidents au départ. Fallait-il conserver les deux entités séparées ou au contraire n’en garder qu’une? Sur recommandations du cabinet conseil Oliver Wyman, c’est l’option fusion qui sera retenue.
Le traité de fusion doit être désormais validé par la DAPS. Une simple formalité en principe.
Le dispositif mis en place sera à la mesure des enjeux. Plus de 150 personnes mobilisées au sein de comités pour apporter les dernières retouches et faire en sorte que la fusion soit menée sans douleur. Le chantier est piloté par le cabinet Accenture.
Les modalités techniques de la fusion ne sont pas définitivement arrêtées: est-ce la CNIA qui va absorber Es Saada ou l’inverse? En tout état de cause, le scénario qui doit être retenu privilégiera les meilleures optimisations juridiques et fiscales.
Il n’y aura pas de doublons, bien au contraire: les projets de développement, d’ores et déjà identifiés, ont créé des besoins de recrutement nouveaux.
Des projets? Grossir encore. Mais pas question de céder ce qui va être la poule aux oeufs d’or du groupe Saham. Les enjeux de la bancassurance plaident certes pour un rapprochement avec des groupes bancaires. «Il faut en avoir l’opportunité. Ce qui est certain, c’est que le groupe Saham n’est pas vendeur de son activité coeur de métier: l’assurance». Un secteur pour lequel il nourrit toujours de grandes ambitions.

Mohamed BENABID - L'économiste - Edition du 20/6/2008