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28
Avr
2011
CNIA SAADA Ghita LAHLOU / Entretien : «Les chantiers enclenchés lors de la fusion sont quasiment bouclés»
La compagnie a des projets en Afrique, voire au Maghreb, mais la tourmente internationale incite à prendre le temps qu’il faut.
CNIA SAADA Assurance a désormais la capacité de gérer l’ALM (gestion actif-passif) sans la confier à un cabinet extérieur.
Le secteur des assurances au Maroc est dans l’attente du Dahir qui devrait annoncer la création de l’Agence de régulation.
Ghita Lahlou, Directeur général de CNIA SAADA, fait le point.
- Finances News Hebdo :Hormis l’IPO, quels sont les faits ayant marqué la compagnie CNIA SAADA Assurance au cours de l’année 2010 ?
- Ghita Lahlou : Effectivement, comme vous le soulignez l’introduction en Bourse de la compagnie était un événement majeur qui a transformé notre communication, notre institutionnalisation et notre capacité à envisager un certain nombre d’actions dans l’avenir.
Nous avons des projets de développements régionaux africains, voire maghrébins, si l’opportunité se présente. Et nous avons l’ambition d’intégrer ces projets dans la stratégie de développement de CNIA SAADA Assurance.
Les évènements internationaux auxquels nous assistons aujourd’hui nous incitent à prendre le temps qu’il faut. Aussi, notre introduction en Bourse nous oblige à ce que ce type de décisions soit bien étayé. Elle nous permettra également d’être plus souples quant à l’appel à l’épargne publique si besoin il y a dans le cadre de ces développements. Tous ces éléments constituent une vraie ouverture dans notre stratégie à venir.
Maintenant, plus concrètement, nous continuons à travailler sur tous les chantiers que nous avons identifiés pendant la fusion. Nous sommes très orientés marché du particulier, sachant que nous avons intégré
35 nouveaux points de vente dans notre réseau. Nous avons lancé sur le marché un produit auto majeur «CNIA SAADA AUTO» qui est un produit de substitution à nos deux produits historiques. C’est un produit phare dans la mesure où il représentera plus de 50% de notre chiffre d’affaires.
Nous avons, par ailleurs, mis en place des process au niveau de notre Back office, de nos services pour continuer à améliorer notre productivité, notre délai de règlement de sinistres, nos délais de réponse, nos délais de joignabilité…
Enfin, nous avons mis en place un dispositif de contrôle interne conforme aux recommandations de la DAPS et aux meilleures pratiques issues du pilier qualitatif de
Solvency II.

- F.N.H. : Justement, en matière de contrôle interne, quelles sont les différentes ressources mobilisées qui vous ont permis de le boucler à temps?
- G. L. : Déjà, en termes d’organisation, nous avons dû refondre toute une série de responsabilités, étant donné que le contrôle interne vous oblige à rendre indépendant un certain nombre d’actes de gestion par rapport à ceux du contrôle et de formalisation. Dans ce sillage, nous avons créé une cellule de contrôle interne et une autre du risk management. Nous avons renforcé l’audit qui vient s’ajouter aux couches des contrôles de premier et deuxième niveaux. Nous avons mis en place notre cartographie des risques et opté pour une autonomie complète.
Aujourd’hui, nous avons la capacité de gérer notre dispositif ALM sans la sous-traiter à des cabinets extérieurs. Nous avons également déployé notre plan de secours informatique. Il s’agit de chantiers structurants qui ont démarré, il y a deux ou trois ans, et que nous avons achevés cette année.

- F.N.H. : Une fois que le contrat-programme du secteur aura vu le jour, quel sera son apport pour votre compagnie ?
- G. L. : Je pense que les différentes mesures directes liées aux obligations d’assurance vont être positives. Pour l’instant, ces mesures que nous espérons pouvoir nous apporter du chiffre d’affaires additionnel ne sont pas encore enclenchées. En ce qui concerne les mesures fiscales que nous avons demandées, les seules qui sont passées dans la Loi de Finances 2011 sont celles relatives aux taxes sur les produits de capitalisation, et là, nous ne sommes pas vraiment concernés.
- F.N.H. : Un autre projet de taille verra incessamment le jour. Il s’agit de la loi sur les catastrophes naturelles. Peut-on savoir ce que vous comptez entreprendre en interne pour accompagner un tel projet?
- Nous attendons avant d’agir, parce que nous attendons que la loi soit plus explicite. On nous a demandé notre avis à travers la CAO. Nous avons fait part de nos requêtes et de nos craintes. Notre préoccupation majeure est que l’on soit capable de transférer la totalité de la réassurance à un organisme qui soit susceptible de prendre la totalité de ces engagements, à savoir la SCR.
Il faut savoir simplement qu’aujourd’hui ce sont les garanties d’assurance qui ne sont pas encore maîtrisées. C’est très difficile, même à l’international, de les maîtriser parce que nous n’avons pas de profondeur, nous ne détenons pas de statistiques et encore moins les systèmes de tarification. Nous sommes obligés, en tant que compagnie marocaine et avec les moyens dont nous disposons, d’être extrêmement sécurisés et d’être capables de transférer la totalité des risques à des réassureurs. Il s’agit là de notre problématique majeure. En terme de tarifications, sur quelle assiette devons-nous l’indexer ? Est-ce que c’est sur les clients qui sont aujourd’hui assurés et à qui nous allons facturer un coût forfaitaire lié aux catastrophes naturelles ? Ce type de mécanisme n’est pas encore clair. Ce que nous savons aujourd’hui, c’est qu’il faut l’indexer sur la population déjà Assuré(e) e qu’elle soit personne physique ou morale.
- F.N.H. : Par apport à votre administration de tutelle, où en est aujourd’hui le projet de création d’une Agence de régulation ?
- G. L. : La création d’une Agence de régulation, à l’instar du CDVM, verra bientôt le jour. Nous avons eu un projet au niveau de la CAO qui nous a indiqué comment celle-ci sera organisée, et comment le secteur interagira à travers sa représentativité dans les instances de cette agence. Nous avons travaillé, avons donné notre avis et proposé des demandes de modification en termes de représentativité, de présence au niveau des comités de gouvernance…
Aujourd’hui, nous n’attendons que le dahir devant annoncer la création de cette agence.


Propos recueillis par Soubha Es-siari - FINANCE SNews hebdo - 28 Avril 2011