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Actualités
10
Sep
2012
Assurances, le meilleur est à venir

Le secteur de l’assurance au Maroc a de beaux jours devant lui. Tous les professionnels s’accordent à dire que, durant les prochaines années, il devrait connaître une croissance significativement supérieure au PIB. Taux de pénétration encore faible, contrat-programme ambitieux, développement économique et démographique continu, régionalisation avancée en vue… autant d’éléments positifs qui laissent présager un développement serein du secteur dans le futur. Cela d’autant que le secteur, qui a fini le premier semestre de l’année sur des résultats éloquents, au Maroc, va plus vite dans l’intégration de nouvelles stratégies. Il a brûlé les étapes et gagné près de 15 ans par rapport au processus d’évolution de cette industrie en Europe. «Il existe un gisement considérable en matière d’assurances qui n’a pas encore été exploité. Au Maroc, les besoins en produits d’assurance augmentent avec l’amélioration continue du niveau de vie. La matière assurable existe, seulement, il n’y pas d’obligation d’assurance au Maroc. Elle y est pour la RC Auto et pour les accidents de travail», commente Michel Hascoët, président directeur général d’Axa Assurance Maroc (voir interview). Ce responsable nuance pour autant en soulignant que le contrat-programme promet de «compbler cette lacune tout en donnant des perspectives importantes pour le secteur à moyen terme». Il semble que les opérateurs sont confiants quant aux promesses du contrat-programme et sa capacité à booster la performance du secteur dont les fondamentaux sont déjà favorables. «Nous avons confiance dans les signataires du document qui sont l’État et notre fédération, laquelle tient des réunions régulières avec le ministre des Finances. Nous avons convenu qu’il sera mis en œuvre progressivement». Aujourd’hui, les priorités ont été définies pour des enjeux «complexes» et des sujets «à traiter de manière concertée». «Des groupes de travail sont engagés et les travaux avancent et il serait très positif qu’ils puissent aboutir en 2013. D’autres chantiers pourraient ensuite être menés», indique Hascoët.  Pour l’heure, toute la priorité est accordée aux assurances de responsabilité civile pour certaines branches, dont les activités sont liées à la construction. Un chantier clé qui devrait offrir de la profitabilité aux compagnies d’assurances. Dans ces conditions, le président d’Axa Assurance Maroc ne dément pas que le Maroc est profitable pour des groupes étrangers installés au Maro. «Je suis extrêmement motivé par l’industrie d’assurance au Maroc. Tous les ans, elle assure un développement de 7 à 8%, alors qu’en Europe, la croissance affichée par le secteur ne dépasse pas 1%... La plupart des affaires que nous réalisons, ce n’est pas chez les concurrents que nous prenons, mais ce sont des affaires nouvelles». Il ne s’agit donc pas de grignoter des parts de marché chez la concurrence, mais de développer sa propre activité en permettant à la clientèle d’accéder différemment au service de l’assurance, dans un marché encore loin d’être saturé et où l’offre des compagnies demeure très statique. Du potentiel à saisir oui, mais qui impose d’engager, dans le futur, des investissements importants sur les plans commercial (réseaux, canaux de distribution alternatifs), informatique (systèmes d’information…), formation... En effet, de nombreux défis sont à relever par les compagnies d’assurances locales, en préparation aux nouvelles activités à développer dans le cadre du contrat-programme et à la nouveauté de l’assurance islamique (Takaful) qui pèse déjà de tout son poids dans les stratégies de développement de nombreuses compagnies notamment celles à capitaux marocains.

Régionalisation de mise
«Le marché de l’assurance va continuer à se développer avec les effets progressifs du contrat-programme car il est loin d’avoir atteint sa pénétration naturelle. Même l’assurance islamique pourrait permettre de mieux toucher certains segments notamment des clients particuliers», estime Hascoët. Néanmoins, aux yeux du président directeur général d’Axa Assurance Maroc,  le potentiel du marché de l’assurance islamique semble «moindre que sur le marché de la banque de détail, déjà plus mature et mieux connu et où des produits de la finance islamique pourrait attirer de nouveaux clients ou intéresser des clients traditionnels». En attendant, les assureurs locaux sont appelés à élargir leurs réseaux sur tout le Maroc et à adapter leurs points de vente aux nouvelles prestations liées à «Takaful».  Dans ce sillage, et dans le cadre de sa réorganisation commerciale, la compagnie Axa Assurance Maroc prône le principe de la régionalisation du réseau de distribution pour une meilleure couverture du territoire national. Une nouvelle stratégie commerciale est donc mise en œuvre. Elle est construite désormais autour de six directions commerciales régionales situées à Agadir, Casablanca, Fès, Marrakech, Oujda (ouverture dans les prochains jours) et Tanger. Autre défi à relever par les assureurs : la préparation du transfert progressif de l’assurance maladie obligatoire (AMO) vers la CNSS, en développant l’assurance complémentaire. Pour le moment, les discussions sont engagées entre la FMSAR, la CNSS et les pouvoirs publics pour contrer l’impact sur les charges des compagnies d’assurances et donc sur leurs résultats. «L’impact serait limité car le transfert se fait doucement. Chaque compagnie d’assurance a une dizaine d’employés qui gère le dossiers de l’AMO, l’assurance maladie est très importante pour nous. Nous y tenons beaucoup, car une partie de nos frais généraux est absorbée par le chiffre d’affaires Maladie. Si les compagnies perdent ce chiffre d’affaires, elles auront toujours ces mêmes frais généraux, qu’elle ne peuvent couvrir en augmentant les tarifs de certaines de leurs prestations», avance Hascoët. D’où la démarche des pas mesurés pour limiter la casse dans un secteur qui s’ouvre de plus en plus sur les marchés étrangers. L’Afrique, le Moyen Orient et le Maghreb en sont les principales destinations des acteurs locaux opérant déjà dans un marché à forte croissance. «Le Maroc est à la fois au carrefour entre les pays matures et les pays émergents. C’est le deuxième marché en Afrique après l’Afrique du Sud», considère Michel Hascoët, qui gère les filiales africaines (Sénégal, Cameroun, Côte d’ivoire et Gabon), de son groupe, Axa Assurance, aux ramifications internationales (Moyen Orient, Asie, Afrique, Amérique Latine), à partir du Maroc et qui estime que le marché africain ne permet pas aujourd’hui l’arrivée de très nombreux acteurs.

 


L’indépendance de la Bourse en prime
L’exposition des compagnies d’assurances locales à la morosité du marché boursier s’est réduite progressivement au fil de ces dernières années. Nombreux sont les assureurs, qui constituent aujourd’hui les acteurs clé sur le marché boursier de Casablanca et détiennent une grande partie de la capitalisation, qui se sont orientés vers d’autres classes d’actifs (Bons de Trésor, monétaire, immobilier,…). Seulement, naturellement, ils subissent les effets d’une plus faible croissance ou d’une réduction des dividendes servis, ainsi qu’une baisse des plus values-potentielles. À vrai dire, la Bourse de Casablanca dispose de nombreux atouts pour devenir une place de référence en Afrique, mais elle devra également se montrer attractive pour les opérateurs internationaux. À ce titre, elle doit aussi préserver une indépendance tout en disposant des moyens de son développement.

www.leseco.ma - Publié le lundi 10 septembre 2012 - Écrit par Nadia BENYOUREF