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Actualités
06
Fev
2014
La MAMDA, 20 ans d’expérience dans la couverture de l’aléa climatique

Au Maroc, les données statistiques relatives au secteur agricole énoncent les constats suivants :
- Un PIB agricole qui pèse entre 14% et 25% du PIB du Maroc selon la conjoncture climatique ;
- Le premier secteur employeur au niveau national avec près de 50% de la population totale (comprenant un faible taux de chômage : 4%) ;
- 1,5 million d’exploitations agricoles dont 85% sont inférieures à 10 hectares ;
- Une surface agricole utile de 8,8 millions d’hectares (dont 7,4 millions en zone bour).
Cependant, l’analyse des précipitations sur une longue série climatique démontre une diminution d’environ 50 mm de pluie dans toutes les zones au cours des dix dernières années.
C’est pourquoi l’impact des risques climatiques sur le revenu agricole a conduit à la mise en œuvre d’une démarche structurée visant à la création d’un programme pérenne de couverture de l’aléa climatique. Et l’expérience nationale de couverture du risque sécheresse constitue désormais une référence, combinant une approche économique préalable supportée totalement par l’État, puis relayée, partiellement, par le marché international de la réassurance, et évoluant vers un système d’assurance privé fondée sur la maîtrise par la MAMDA du fonctionnement et de rationalisation de la gestion du risque.
L’assurance agricole peut donc jouer un rôle plus important pour le secteur. Et bien que le taux de pénétration de l’assurance agricole ait presque doublé en 10 ans pour atteindre 0,4 % en 2012, il n’en demeure pas moins que ce taux reste relativement faible par rapport à d’autres pays émergents.
Depuis 2011, la MAMDA, qui intervient depuis cinquante années pour assurer les biens des agriculteurs et leur santé, a ainsi développé l’assurance des récoltes d’exploitation avec la mise en place de conventions « multirisque climatique » afin d’atténuer les effets des aléas climatiques sur la production agricole.
Dans ce contexte, des conventions ont été ou sont en cours de traitement :
- La multirisque climatique céréales et légumineuse signée en aout 2011 ;
- La multirisque arboriculteur qui touche 6 aléas et 4 cultures (pommier, agrumes, olivier et amandier) en cours de signature ;
- La mortalité du bétail et la multirisque maraichère qui sont en phase d’étude.

Une expérience de vingt années

À partir d’études de faisabilité entamées dès 1993 pour la mise en place d’une assurance agricole au Maroc, le lancement d’un programme pilote sur une superficie de 94 000 hectares de Bour Favorable s’étalant sur cinq provinces a été initié en janvier 1994. La garantie concernait le blé tendre, le blé dur et l’orge dont la gestion fut confiée à la MAMDA, acteur principal de l’assurance agricole au Maroc. De l’expérience tirée de cette première phase, des modifications furent apportées : trois niveaux de rendements garantis furent arrêtés 8, 16 et 24 Qx/Ha correspondants à des indemnisations respectives de 850, 1700 et 2380 dhs/Ha. La mise en place de la nouvelle formule, institutionnalisée par une convention quadripartite (départements de l’Agriculture et des Finances, CNCA et MAMDA) s’est étalée sur une durée de trois ans de la campagne agricole 1995/96 à 1998/1999. Elle a concerné une superficie annuelle maximale de 100.000 HA sur 15 provinces du Bour favorable.
La convention fut reprise à la lumière de l’expérience passée et s’élargissant aux besoins identifiés, couvrant les campagnes agricoles allant de 1999/2000 à 2010/2011. Et afin d’alléger la charge financière de l’Etat sur le programme et renforcer les assises du système, la MAMDA a mené des négociations tendant à convaincre la réassurance internationale de la viabilité du programme sécheresse et de son intérêt certain dans le développement durable du milieu rural.
Ainsi, d’un système garantissant différents rendements, on a abouti à un système garantissant les coûts de production à 1 000, 2 000 et 3 000 dhs/Ha. Le taux des cotisations a été calculé sur la base des rendements constatés lors des dix dernières années et des données pluviométriques sur les trente dernières années.
La MAMDA a joué, depuis la mise en place de ce système de garantie, un rôle de gestionnaire des souscriptions et des sinistres facilitant l’accès aux agriculteurs à cette garantie et optimisant le coût de l’Etat par le biais d’un programme de réassurance adapté.
Avec plus d’une décennie et demie d’analyse et de recul sur ce programme de garantie contre la sécheresse, il a été constaté que :
- Les grands agriculteurs ont été les principaux souscripteurs à ce programme ;
- Une atténuation des effets des aléas climatique (sécheresse et autres) sur l’ensemble des typologies de cultures était nécessaire ;
- Seul un tiers de l’objectif en terme de superficie a été atteint (100.000 hectares en moyenne par an sur un objectif de 300.000 hectares).
Ces conclusions ont permis à la MAMDA d’étoffer l’assurance agricole de produits adaptés au contexte actuel et de construire progressivement une offre de produits d’assurance complète dédiée au monde agricole marocain, conformément aux meilleures pratiques au niveau international.

Encore plus et mieux

Et, avec le temps, cette offre a évolué vers la transformation de la garantie sécheresse en véritable produit d’assurance, en l’occurrence la « multirisque climatique » produit d’assurance privé proposé par la MAMDA, objet d’une convention signée en aout 2011 avec les pouvoirs publics, permettant l’extension des surfaces assurées de 300 000 à 1 000 000 Ha à l’horizon 2015 et proposant d’assurer céréaliculture et légumineuse contre six aléas climatiques. Par ailleurs, à partir de la campagne agricole 2011/2012, la MAMDA s’est appliquée à approfondir la dimension sociale du Plan Maroc Vert, en apportant sa contribution à la promotion de l’agriculture solidaire. Dans ce contexte, le produit d’assurance « Multirisque Climatique » est venu remplacer la garantie de l’Etat contre la sécheresse. Il est principalement caractérisé par :
- l’élargissement des cultures concernées au maïs et aux légumineuses : fèves, lentilles, petits pois, pois chiches, haricots ;
- l’élargissement des risques couverts en incluant à la sécheresse, l’excès d’eau, la grêle, le gel, les vents violents et les vents de sable ;
- le rehaussement du montant du capital garanti ;
- la couverture de la totalité du territoire marocain (la garantie sécheresse ne couvrait que 18 provinces) ;
- la mise en place d’une subvention à la prime de l’Etat comprise entre 57% et 90% (contre 50% pour la garantie sécheresse).
L’attention s’est concentrée sur les petits agriculteurs, principaux concernés par les répercussions des aléas climatiques, fatales sur leur situation financière et sociale. Il a ainsi été prévu au niveau de cette convention un taux de subvention à la prime de l’Etat à hauteur de 90% pour un capital garanti de 600 dirhams par hectare, leur permettant de se couvrir contre les aléas climatiques pour une cotisation de 16 dirhams par hectare, avec un minimum garanti de 300 dirhams par hectare.
Les réalisations depuis la campagne agricole 2011/2012 se situent en termes de superficie à hauteur de 303.000 Ha, en passant par 473.000 Ha pour la campagne agricole 2012/2013 et à hauteur de 650.000 Ha pour 2013-2014 avec un objectif prévisionnel de 1.000.000 hectares à horizon campagne agricole 2015-2016.
Ce produit est en continuelle évolution, grâce, entre autres, à un outil de suivi satellitaire « GEOSYS » dont l’objectif immédiat est notamment de suivre en temps réel l’évolution de la campagne agricole à l’échelle communale, de piloter les experts terrain, d’affiner l’analyse statistique du risque par zone et de rassembler les informations nécessaires à la mise au point d’une assurance paramétrique sur la base d’un indice pluviométrique au niveau communal, voir au niveau parcellaire.
Partant de l’expérience et du savoir-faire de la MAMDA et du Département de l’Agriculture, le Sénégal, le Bénin, le Soudan et la Cote d’Ivoire, participants au « congrès international de l’assurance et la réassurance des risques agricoles », tenu à Marrakech du 29 au 31 janvier 2014, ont émis le fervent souhait de créer des partenariats avec la MAMDA, forte de son expérience dans le domaine, dans le cadre d’une coopération Sud-Sud, afin d’aider à la pénétration et au développement de l’assurance agricole dans ces pays.

Afifa Dassouli -