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Actualités
27
Fev
2014
M. Tawfik Benjelloun, DGA de Wafa Assurance : L’épargne est en repli

Wafa Assurance vient de publier ses résultats 2013, et M. Tawfik Benjelloun, Directeur général adjoint de la compagnie, a bien voulu les commenter pour nos lecteurs. Dans l’entretien qui suit, il fait notamment le point sur un contexte économique qui, par un resserrement constant des liquidités, impacte l’épargne et donc l’assurance Vie

 

La Nouvelle Tribune : Wafa Assurance vient de publier ses résultats 2013, affichant un résultat en croissance, mais la branche Vie a perdu du terrain. Pouvez-vous nous dire si ce sont là des conséquences normales de la crise économique ? L’épargne nationale n’en prend-t-elle pas un coup et en conséquence le financement de l’investissement également ?

Que représente ce segment d’activité pour Wafa Assurance ?

M. Tawfik Benjelloun :

Permettez- moi avant tout de rappeler que Wafa Assurance a réalisé en 2013 des croissances comprises entre 7 % et 10 % pour toutes les branches (automobile, entreprise…)à l’exception de l épargne. A cet égard, 2013 a été un bon exercice.

En ce qui concerne l’épargne, elle est en repli en raison du contexte de liquidités tendu qui persiste depuis 2012. Mais, une baisse du flux annuel ne signifie pas une baisse des encours. En effet, les encours de la compagnie se sont renforcés de 1,3 Mrd de DH, ce qui a permis d’investir 1,8 Mrd de DH en 2013.

En termes de résultats, l’année 2013 a également été satisfaisante puisque le résultat net de la compagnie progresse de 6,5 %, à 780 MDH et que cette progression a porté aussi bien sur les branches Vie que Non-Vie dont les résultats augmentent respectivement de 10 % et 8 %.

 

 Vos ratios prudentiels, celui de la marge de solvabilité en particulier s’est établi à 338%, en repli par rapport à son niveau de l’année dernière. Que signifie ce taux de prime abord très élevé? Quelle est la hauteur de sa diminution ? La crise boursière est –elle à l’origine de cette baisse ?

L’activité d’assurance est une activité réglementée et le régulateur exige des compagnies d’assurance de disposer d’un montant minimum de fonds propres en fonction du niveau de risques et d’engagements qu’elles prennent. Le ratio de solvabilité est donc un agrégat important pour une compagnie d’assurance.

Wafa Assurance couvre plus de 3 fois le montant minimum réglementaire. Ce ratio, bien qu’en baisse de 0,20 % points par rapport à l’exercice 2012, reste effectivement élevé et atteste de la solidité de la compagnie et de sa capacité à faire face à son développement.

La contre-performance du marché actions et la hausse des taux enregistrée en 2013 expliquent la  baisse du ratio de solvabilité dans la mesure où les plus-values latentes, qui sont également admises en couverture de la marge de solvabilité, se sont contractées sur l’exercice.

 

Quelle est la structure des actifs de la compagnie ? Comment a-t-elle évolué ces dernières années avec la crise boursière? La gestion des actifs de la compagnie par rapport aux actions est-elle dynamique ou attentiste?

Comme vous le savez, les actifs affectés aux branches Vie et Non-Vie obéissent à des stratégies très différentes.

En Vie, le portefeuille est investis à près de 80 % en instruments de taux pour sécuriser l’épargne que nous confient nos assurés.

L’activité Non-Vie permet pour sa part une plus forte exposition en actions, exposition qui est en l’occurrence prépondérante.

En tant qu’investisseurs à long terme, notre allocation stratégique d’actifs est relativement stable dans le temps et n’évolue pas au gré des variations conjoncturelles des marchés financiers même si la compagnie s’autorise des écarts tactiques par rapport à cette allocation.

Maintenant, sur les 6 dernières années, le marché actions a connu 5 années de baisse, baisse qui s’est nettement ralentie en 2013.

Pour autant, Wafa Assurance a continué d’investir en actions et dans une plus grande proportion en obligations et dans l’immobilier.

 

Wafa Assurance, comme nombre d’autre institutionnels, a investi récemment dans des opérations de capital récentes. Ces investissements changent-ils fondamentalement la structure des actifs traditionnels de la compagnie ? Dans quelle mesure cette orientation serait-elle plus rentable et moins risquée ?

Encore une fois, la structure de nos actifs n’a pas connu de changement significatif car nous sommes des investisseurs à long terme. La contre-performance du marché actions en 2013 a naturellement impacté à court terme le rendement de nos portefeuilles, mais notre allocation n’a pas été modifiée.

 

Avec la crise économique la mesure du risque prend une nouvelle importance. A ce titre, quels sont les risques encourus dans vos métiers et à quel niveau sont-ils pour votre compagnie ?

L’activité d’assurance est par essence une activité de risque puisque notre métier est de vendre de la protection à nos assurés, qu’ils soient particuliers ou entreprises. Nous sommes donc exposés à différents types de risques assurantiels : des grands risques ou risques de pointe, mais aussi des risques de masse comme l’Automobile, l’Accident du Travail ou le décès.

L’ensemble de ces engagements envers nos assurés est représenté dans notre bilan par des provisions dites techniques qui s’établissent à 21,3 Mrds de DH.

Ces provisions sont couvertes par 22,7 Mrds de DH d’actifs en valeur comptable et par 4,4 Mrds de DH de fonds propres.

 

Votre développement à l’international se fait doucement, pouvez-vous nous exposer votre stratégie en la matière?

Wafa Assurance, comme la majorité des acteurs de la place, a une ambition à l’international. Nous avons commencé notre développement international à l’Est par le lancement d’une nouvelle compagnie d’assurance Vie en Tunisie, Attijari Assurance. Au bout de 7 mois d’activité, Attijari Assurance a réalisé, en 2013, un chiffre d’affaires de 90 MDH, qui devrait lui permettre d’atteindre une part de marché de 6 à 7 %.

Ce succès, nous le devons à la robustesse du modèle de bancassurance développé au Maroc et que nous avons pu adapter et déployer en Tunisie grâce à la qualité des équipes d’Attijari Assurance et d’Attijari bank en Tunisie, mais aussi grâce au soutien apporté par les équipes locales.

Au Sud, nous avons dû renoncer, fin 2012, à l’acquisition d’une compagnie d’assurance Non-Vie en Côte d’Ivoire suite à l’incendie survenu dans les locaux abritant les dossiers sinistres de cette compagnie. Depuis, et fort du succès en Tunisie, nous privilégions le modèle d’implantation par voie de création dans les principaux marché de l’assurance de la zone CIMA.

Entretien réalisé par Afifa Dassouli - 27/02/2014 - LNT