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13
Fev
2014
Assurances : Déjà un siècle dans le rétroviseur !

Saad Bendidi, nouveau CEO du groupe Saham, a profité des Intégrales de la finance pour revenir sur le développement de ces organismes tentaculaires à travers l’histoire. Il explique leur mutation, leurs vrais rôles et duplique tout cela sur l’histoire du Maroc. Voici son récit, théorique certes, mais qui nous rapproche plus de ce métier qui, sans l’actuariat, ne se serait jamais développé. 

«La finalité de la gestion des risques est la recherche de la croissance. Les théories modernes qui abordent cette quête sont une formulation dynamique de la vision keynésienne basée sur l’accumulation du capital. Durant les années 80, au capital financier, on a lié le capital humain. Il fallait alors protéger ces éléments contre les aléas pour s’assurer de générer le développement des économies. La gestion du risque doit procurer de la résilience à ce système».


Saad Bendidi a également rappelé que le concept de société assurantielle s’est développé parallèlement au développement industriel dans les pays avancés. Il fallait, par ce moyen, couvrir un risque nouveau qui commençait à apparaître : les accidents de travail. Mais, au départ, les assureurs s’intéressaient à celui qui a commis la faute. Cela engendrait généralement des arrêts de production ainsi que d’autres soucis organisationnels. Ensuite, le métier d’assurance s’est détaché de la notion de faute pour couvrir une notion plus abstraite qui est celle du «risque». Le postulat était que toute activité engendre des risques qui doivent être couverts pour le bien collectif. Deuxièmement, la science actuarielle a permis de mesurer la fréquence et les dommages associés aux accidents ou, du moins, ce qui peut être considéré comme une «juste» réparation. Ce sont ces principes fondamentaux qui ont conduit aux lois sur les accidents du travail. Cela a permis, en France par exemple dès le 19ème siècle, de gérer plus rapidement les dédommagements (il n’y a plus de recherche de la faute), tout en offrant aux entreprises des mécanismes qu’elles acceptent. Ces méthodes se sont ensuite élargies aux domaines sociaux (aides aux retraités, couverture en tous genres) après 1945.

Apparition des risques contemporains
«Ces risques contemporains ont la particularité d’être rares et graves, comme c’est le cas pour les catastrophes naturelles où technologiques qui sont des éléments difficilement assurables», assure Bendidi. Mais ces risques ont marqué le début des «société de risques» au lieu des «société assurantielles» du fait que les calculs actuariels ne peuvent prédire ni les probabilités d’occurrence de ces risques, ni les dommages qu’ils engendrent. Le principe de précaution a été introduit dès lors dans l’industrie de l’assurance : l’assureur moderne est né.  «Lorsqu’une menace ne peut être appréhendée par le calcul, elle doit être gérée avec attention en attendant que la science trouve une solution pour remettre cette menace dans l’univers du risque». C’est ainsi que Saad Bendidi a résumé son idée. Le monde de l’assurance et le monde de l’incertain deviennent alors  complémentaires.

Le Maroc, leader africain
Certes, avec un marché représentant 2,86% du PIB en 2012, le Maroc est deuxième en Afrique après l’Afrique du Sud et premier dans la zone MENA. Mais la pénétration du marché par ces produits a pris du temps, beaucoup même.


Selon Saad Bendidi, «le développement des assurances au Maroc a été motivé au départ par le souci d’offrir ces services aux populations des métropoles sous l’impulsion du protectorat». Le bénéfice de ces assurances a été par la suite étendu aux populations locales qui entraient dans le champ d’application des lois françaises. Par exemple, l’assurance contre les accidents de travail a été introduite par un Dahir en 1927. Elle constituait une simple transposition des lois françaises sur le droit marocain. L’assurance automobile obligatoire a été introduite, pour sa part, en 1937.  L’assurance maladie obligatoire n’est rentrée en vigueur que pendant les années 2000 pour compléter le dispositif de la CNSS en marche depuis les années 50.


Le Maroc est passé pendant cette période d’une société rurale, basée sur la solidarité familiale, à une société individualiste et urbaine. La natalité a décéléré rapidement avec un taux de fécondité de 2,3 en 2012. Cette décélération a des conséquences sur nos régimes de retraite et sur nos régimes de solidarité.


«Parmi les défis auxquels est confronté le Maroc, il faut citer la mise à l’écart des indépendants, les travailleurs dans le secteur informel et les chômeurs qui échappent au spectre de la protection sociale», déclare le président de Saham. Et d’ajouter que «sans l’inclusion de cette population dans le système, les points de croissance supplémentaires nécessaires à notre développement seront difficiles à acquérir». 

 

A.H. - FINANCES News hebdo- 13 Février 2014