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27
Avr
2018
Koudama Zeroual: “l’industrie Takaful constituera un levier de croissance supplémentaire du secteur de l’assurance”

Koudama Zeroual, Directeur Général Assurances Takaful - Wafa Assurance explique dans cette interview le concept de l'assurance Takaful et son fonctionnement.

Expliquez-nous le rôle que doit jouer l'assurance Takaful dans le système participatif.

 
 

Le Takaful est le concept islamique de l’assurance. Il est basé sur la coopération mutuelle, la responsabilité, l’assurance, la protection et l’assistance entre les groupes de participants. Le Takaful est une alternative “éthique” de l’assurance conventionnelle. Cela ne veut pas dire qu'il a le monopole de l’éthique, ni qu’il est spécialement dédié aux assurés de confession musulmane. Le Takaful en tant que compartiment de la finance participative est le reflet d’aspirations éthiques et d’investissements dans des activités économiques tangibles d’une frange de la population marocaine. C’est un compartiment essentiel au même titre que les banques participatives ainsi que les marchés de capitaux dans l’écosystème de la finance participative. Le marché Takaful dans le monde est modeste mais prometteur. Il pèse plus de 1% du marché mondial de l’assurance, mais il affiche, chaque année, un taux de croissance à deux chiffres.

Comment fonctionnera-t-il ?

Le Takaful est essentiellement une assurance fournissant une protection financière. Il demeure basé sur le principe indemnitaire pour compenser financièrement les pertes et les dommages causés par des risques imprévus, tout comme l'assurance conventionnelle. Il se base sur des règles scientifiques, des approches actuarielles et des règles de gestion des contrats similaires à celles du conventionnel.

En fait, l'aspect technique existant de l'assurance est le socle identique avec quelques ajustements. Il a en plus la caractéristique de garantie mutuelle basée sur les principes de la finance participative.

Un des principes fondamentaux de fonctionnement est la séparation des fonds entre le ou les fonds de participants et les comptes de l’opérateur Takaful qui gère les fonds.

D’un côté, on a les fonds ou comptes des participants qui collectent et reçoivent les participations et les contributions (primes) des participants et paient les sinistres. Chaque fin d’exercice les surplus ou les excédents hors provisions techniques sont redistribués aux participants.

De l’autre, l’opérateur ou le gestionnaire des fonds apporte le capital nécessaire à la création et à la solvabilité de la compagnie Takaful et gère au quotidien l’activité. Les déficits éventuels des fonds sont résorbés par l’opérateur moyennant une avance (crédit) sans intérêt nommé “Kard Hassan” remboursable par les fonds.

Selon nos dernières informations, le modèle de gestion ainsi que celui de la rémunération n'ont pas été arrêtés. Est-ce toujours le cas ? Sinon qu'est-ce qui a été décidé sur ces volets ?

Les éléments que vous avez cités sont dans les projets de textes d’application, qui sont le projet de l’arrêté du ministre de l’Economie et des Finances, relatif à l’assurance Takaful, et le projet de la Circulaire de l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS) fixant les dispositions d’application spécifiques à l’assurance Takaful. Ces projets ont été présentés à la Fédération marocaine des sociétés d’assurance et de réassurance (FMSAR) par l’ACAPS et ont été discutés et amendés. Ces projets suivent le processus de validation et ont été soumis, d’après nos informations, au Conseil supérieur des oulémas (CSO).

Pourquoi tarde-t-elle à voir le jour ?

Au Maroc, la finance participative bénéficie d’un cadre réglementaire approprié en adaptant les lois relatives aux trois principales composantes de l’écosystème, à savoir les banques participatives, l’assurance Takaful et le marché financier tout en respectant l’avis du Conseil supérieur des oulémas.

Si, pour les banques, la loi n° 103.12 relative aux établissements de crédit et organismes assimilés a introduit les banques participatives dans le code bancaire à travers la mise en place de nouveaux fondements, un processus qui a pris près de 4 ans avant que les premières banques participatives commencent à exercer. Quant au secteur de l’assurance, le régulateur est en train de bâtir les bases d’une nouvelle industrie. Il est évident que cela prendra le temps nécessaire. Toutefois, et eu égard à la forte attente, notamment de la clientèle bancaire, qui demande la couverture Takaful, le processus devra être plus accéléré.

Wafa Assurance s'est positionnée très tôt en mettant en place une filiale dédiée. Sur quoi travaillez-vous actuellement ?

Au sein du groupe, la banque est pionnière dans le secteur de la finance participative. Cela a commencé par les produits alternatifs que la banque est parmi les rares institutions financières, voire la seule, à commercialiser, puis il y a eu l’expérience de Dar Assafa. Aujourd’hui, l’expérience a mûri avec l’ouverture de Bank Assafa et son maillage au niveau de l’ensemble du territoire national. Dans le cadre de la synergie au sein de notre groupe, il est naturel que le volet assurance participative devait suivressé, d’où l’engagement de notre compagnie Wafa Assurance bien avant la promulgation de la loi 59-13 modifiant et complétant la loi n° 17-99 portant code des assurances.

La filiale Assurances Takaful est créée pour répondre à une appétence et adresser une demande exprimée par la clientèle. Nous sommes convaincus au sein du groupe Wafa Assurance que l’industrie Takaful constituera un levier de croissance supplémentaire du secteur de l’assurance au Maroc.

Y a-t-il des concurrents qui se préparent à investir le marché ?

Le marché financier marocain est l’un des plus matures et des plus dynamiques dans la région. Plusieurs opérateurs ont affiché leur volonté d’investir le marché spécifique de la finance participative. Cela a commencé par la banque et cela continuera dans le domaine de l’assurance Takaful.

Telquel - 27 avril 2018