Trouver un ...




Devis
Devis Automobiles
Voiture
Devis Habitation
Habitation
Devis Sante
Santé
Devis Professionel
Professionnel
Conseils
07
Avr
2019
Risque catastrophique: La CAT et la SCR dans le coup
C'est le schéma auquel les assureurs sont favorables
La fédération invite les intermédiaires à s'unir au sein d'une seule entité
Boubrik: «L'intervention des Etats nécessaire pour couvrir les risques extrêmes»
boubrik_bensalah_5488.jpg
Pour Hassan Boubrik (à gauche), président de l'Acaps, et Mohamed Hassan Bensalah, président de la FMSAR, les changements climatiques constituent un défi pour le secteur. La hausse des températures s'apprête difficilement à une évaluation actuarielle (Ph. L'Economiste)

Une convention avec le Comité des compagnies d'assurances du Mali, une nouvelle annonce sur les discussions entre les assureurs et intermédiaires et aussi sur le schéma auquel les assureurs sont favorables pour la couverture des risques catastrophiques. A la 6e édition du Rendez-vous de Casablanca des assurances dédiée «aux nouvelles frontières de l'assurance», Mohamed Hassan Bensalah, président de la Fédération marocaine des assurances, a notamment fait le point sur les sujets d'actualité. En particulier, le dossier de la revalorisation des commissions des courtiers et l’amélioration de leurs revenus. Bensalah parle «de porte ouverte» et propose aux courtiers et intermédiaires de s'unir au sein d'une seule association: «Nous sommes convaincus qu'il est plus efficace d'avoir un seul interlocuteur.  La Fnacam et l'Umac devraient se rapprocher et donner naissance à une entité unique et forte, en mesure d'accompagner les intermédiaires face aux challenges qui attendent le secteur. Toutes les parties prenantes sont appelées à se réinventer». Reste à savoir si les courtiers sont prêts à répondre à l'appel des assureurs et à s'unir au sein d'une même instance. 
La couverture contre le risque catastrophique, dont la loi a été publiée en 2016, prévoit deux mécanismes:  un système allocataire au profit des personnes ne disposant pas de couverture et un système assurantiel au profit de celles ayant souscrit un contrat d’assurance. Ce dernier volet, toujours en discussion avec le ministre des Finances, semble tranché par les assureurs. La CAT pourrait gérer le pool qui centralisera les rétentions des compagnies d'assurances et la SCR (Société centrale de réassurance) apporterait le supplément de capacités. 
Risque catastrophique, cyber risque, risque social, vieillissement de la population… les assureurs doivent faire face à de nouveaux challenges: les risques émergents qui mettent à mal les modèles de couverture classique. Hassan Boubrik, président de l'Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale, estime que le secteur sera le plus touché par les bouleversements que connaît le monde: «Quand on parle du digital à titre d’exemple, le modèle même ayant prévalu dans l’assurance, basé sur la mutualisation des risques, pourrait être battu en brèche au profit d’une tarification au plus près. Celle-ci serait rendue possible par les nouvelles technologies et par la prolifération des objets connectés».
Le cyber risque figure parmi les dangers qui guettent les entreprises.  Les récentes études, dont celle de la Fédération française des assurances, ont relevé que ces risques ne feront que s'accentuer dans un monde ultra-connecté. Or, la cyber-assurance n'est pas encore mature et elle devrait bouleverser les portefeuilles traditionnels des acteurs de l’assurance et de la réassurance. «Je ne doute pas que les assureurs feront tout ce qui est possible afin de proposer les solutions adéquates pour couvrir ce risque. Néanmoins, l’intervention des Etats pourrait être nécessaire pour actionner les leviers de prévention, inciter ou favoriser les populations à se couvrir ou couvrir les risques extrêmes qui seraient inassurables», indique Boubrik.

Des défis qui se posent aux régulateurs

Deux phénomènes peuvent poser des défis aux régulateurs. Selon Hassan Boubrik, président de l'Acaps, le premier est lié à l’émergence d’acteurs mondiaux ou globaux. Ceux-ci sont présents à travers des filiales agréées localement dans un nombre important de pays. Ces acteurs, qui peuvent parfois présenter des risques systémiques et impacter la stabilité des marchés, posent des problèmes quant à leur régulation. «Ils exigent de plus en plus de coordination et de coopération accrue de la part des régulateurs, notamment dans le cadre de collèges de supervision», soutient le régulateur marocain. Ces acteurs exigent aussi l’élaboration d’un cadre de supervision prudentielle cohérent et applicable dans l’ensemble des juridictions. Un chantier auquel s'attelle l'International Association of Insurance Supervisors. Dans les pays en voie de développement, les régulateurs sont également interpellés par l’ouverture de leur marché et l’équilibre entre la présence des acteurs globaux ou régionaux et la nécessité de voir émerger également des acteurs nationaux. 
Le deuxième phénomène  concerne le digital et ses conséquences sur les acteurs, sur les conditions d’exercice et de compétition. «Le développement de plateformes ou d’acteurs digitaux de bout en bout est déjà une réalité. Comment en réguler l’accès aux marchés locaux? Comment assurer un cadre de supervision prudentielle et de pratiques de marché garantissant une protection adéquate des assurés?, s'interroge le patron de l'Acaps.

Khadija MASMOUDI | Edition N°:5488 Le 04/04/2019 - L'ECONOMISTE