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26
Juin
2019
Hassan Boubrik: Penser à sa retraite à 45 ans, c’est déjà trop tard

La question de la retraite est plus que jamais d’actualité dans le Royaume. En marge du forum CDG Prévoyance sous ce même thème, le président de l’Autorité de Contrôle des Assurances et de la Prévoyance sociale (ACAPS), Hassan Boubrik, livre à Hespress FR ses impressions sur le dossier des retraites et sur les moyens d’action pour palier aux changements sociaux et démographiques que connait le Maroc.

Le débat sur les retraites prend toute son importance actuellement, notamment à cause de la faible couverture au niveau national (24,5% des personnes âgées de plus de 60 ans) et le vieillissement des populations, une tendance qui sera réelle en 2050 lorsque près d’un Marocain sur quatre aura plus de 60 ans, soit un peu pus de 10 millions de personnes et un ratio de 24%, contre 3,7 millions de personnes en 2018 représentant 10% de la population actuellement.

Quand est-ce qu’il faut commencer à penser à sa retraite?

Je pense que la retraite ne se prépare pas à 40 ou 45 ans, je pense que la retraite se prépare dès qu’on entre dans le monde du travail et c’est très important d’ancrer cette notion là dans l’esprit des jeunes et du citoyen marocain. Si vous pensez à votre retraite à 45 ans c’est déjà trop tard. Malheureusement, je pense que les gens ne sont pas suffisamment conscients de cet enjeu là et il incombe à nous tous de faire tous les efforts nécessaires pour éduquer, pour sensibiliser, notamment la jeunesse, à cette question de préparation à la retraite.

Selon le dernier rapport de l’ACAPS datant de 2017, le Maroc enregistre seulement 42% de taux de couverture retraite. Pourquoi ce taux est si bas?

Le taux est bas pour plusieurs raisons la première c’est que les systèmes de couverture qui existaient jusqu’à aujourd’hui ne couvraient que les salariés, les salariés du secteur privé et les salariés du secteur public. Il n’y avait aucun système de prévoyance sociale qui était prévu pour les travailleurs non salariés. Après quand vous avez un taux de salariat au Maroc qui est relativement faible puisqu’il est, il me semble, autour de 40% de taux de salariat ce qui fait qu’une grande partie de la population est une population non salariée.

Vous avez les indépendants, vous avez les travailleur individuels, etc. Tous ces gens là, on avait rien à leur offrir jusqu’à récemment avec le vote de deux lois concernant les régimes des travailleurs non salarié. Maintenant la mise ne oeuvre prendra du temps parce que c’est difficile, il faut négocier avec chaque catégorie à part sur les conditions d’entrée dans ces systèmes de couverture et puis aussi le fait qu’on ait un part de l’informel importante rend l’intégration de ces populations, plus difficile.

Vos avez mentionné lors de votre intervention la nécessité d’adopter une démarche double, un effort collectif et un effort personnel à faire pour arranger la situation des retraites au Maroc. Qu’avez-vous de plus à dire à ce sujet?

Quand on prépare sa retraite ou quand on a un système de couverture de santé, évidemment si l’on pouvait faire jouer la solidarité et pour tout le monde et à des niveaux qui sont extrêmement élevés, on le ferait mais le Maroc est un pays à revenu intermédiaire et la richesse créée est une richesse qui est limitée. Dans ces conditions là, nous ne pouvons pas offrir des niveaux de couverture extrêmement élevés pour tout le monde.

Cela veut dire que les systèmes collectifs basés sur la solidarité doivent prendre en charge une partie des couverture que ce soit pour pour les retraites ou pour l’assurance maladie, le reste doit être fait à travers des efforts personnels, par exemple des contributions dans des plans de retraites individuels ou des systèmes de complémentaire ou la souscription à des assurances maladies complémentaires qui vous rapporteraient plus, bien sûr en fonction de vos revenus et de vos capacités.

    25 Juin 2019 - HESPRESS