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12
Sept
2013
Une "Indemnité de perte d’emploi" va être créée au Maroc d’ici la fin de l’année.

Le Maroc va se doter d’une (encore modeste) assurance chômage

Une "Indemnité de perte d’emploi" va être créée au Maroc d’ici la fin de l’année. Le patronat a donné, fin août, son accord définitif à son fonctionnement. Son financement reposera sur des cotisations sociales. Cet accord peu ambitieux, est néanmoins une première. Il doit permettre à environ 50 000 chômeurs de recevoir, au maximum, une indemnité équivalente au salaire minimum pendant 6 mois.

C’est une première dans l’histoire économique du Maroc, un vieux serpent de mer devenu une réalité. Le pays va se doter d’une assurance chômage, à l’issue des négociations ces derniers mois entre le gouvernement du premier ministre Abdelilah Benkirane, la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM, le patronat marocain). Ce projet devra encore être traduit dans la loi.

"Le gouvernement doit à présent rendre opérationnelle l’Indemnité de perte d’emploi (IPE). L’objectif est de la voir mise en œuvre dès le 1er janvier 2014", affirme Jamal Belahrach, président de la commission emploi à la CGEM, et par ailleurs PDG de Manpower au Maroc.

Le 23 août 2013, la confédération patronale donnait enfin son accord définitif à l’embryon de la première assurance chômage du Maroc. "Nous évaluons à 50 000 ou 60 000 le nombre de personnes concernées dans un premier temps", estime-t-il.

CGEM et syndicats d’accords

Le gouvernement a accepté les deux conditions exigées par la CGEM : passer de 250 millions à 500 millions de dirhams (22,4 à 44,8 millions d’euros) la somme avancée par l’État pour éviter que le système ne se retrouve immédiatement déficitaire, et "associer l’indemnité à un programme d’accompagnement du chômeur par l’Anapec (Agence nationale de promotion de l'emploi et des compétences) pour trouver un nouvel emploi", insiste Jamal Belahrach.

Fin juillet, le projet de l'Indemnité pour perte d'emploi (IPE) a été approuvé par le Conseil d'administration de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), présidée par le ministre de l'Emploi et de la formation professionnelle, Abdelouahed Souhail.

Les cinq centrales syndicales marocaines (CDT, FDT, UGTM, UMT et UNTM) sont, elles, acquises au principe de l’IPE depuis l’accord du 26 avril 2011. "Nous avions donné notre accord au gouvernement précédent. Depuis, nous n’avons pas été consultés sur le sujet, par le gouvernement Benkirane", souligne Mbarek Mouataoukil, membre du bureau exécutif de la Confédération démocratique du travail (CDT).

Depuis novembre 2011, le gouvernement du Maroc est constitué d’une coalition menée par le Parti de la justice et du développement (PJD), formation islamiste qui avait lors de la campagne électorale mis en avant les thèmes sociaux, mais encore avec peu d'actions législatives concrètes.

L’État pose 500 millions de dirhams

Selon le mécanisme arrêté pour l’IPE, le salarié qui aura perdu involontairement son emploi recevra l’équivalent de 70% de son salaire mensuel moyen des 36 derniers mois, plafonné à hauteur du Smig (actuellement de 12,24 dirhams de l'heure soit 1,10 euro pour les secteurs de l'industrie, du commerce et des services), pendant un maximum de 6 mois. En d’autres termes, cela signifie que dans le meilleur des cas, le chômeur recevra 2333,76 dirhams  (209,37 euros) pendant 6 mois.

La caisse qui versera les indemnités sera pourvue grâce à une double cotisation de 0,19% à la charge des salariés et 0,38% pour les entreprises, en plus du fonds d’amorçage public de 500 millions de dirhams. "Cette formule sera testée pendant trois ans puis réévaluée", annonce le représentant de la CGEM.

Les cotisations n’augmenteront pas

À ceux qui reprochent à l’IPE son manque d’ambition, le président de la commission emploi à la CGEM rappelle que "la plus belle des mariées ne peut donner que ce qu’elle a. Pour le Maroc la création de cette indemnité est historique." Le patronat n’envisage pas de revoir à la hausse sa participation à la caisse de l’IPE, même à l’avenir. "Nous ne pourrons dépasser les 0,38% que si les charges patronales baissent", indique-t-il. 

"Nous avions proposé que les charges salariales dévolues aux retraites prélevées sur les pensions des retraités ne leur soient pas rendues, comme c’est le cas aujourd’hui, mais soient versées à la caisse de l’IPE, mais personne n’a accepté", regrette le syndicaliste. Pour lui, il sera "difficile de demander un cotisation supérieure aux salariés. Lorsqu’ils touchent le SMIG, ils n’ont déjà pas assez de revenus pour faire face à toutes les dépenses du quotidien."

 

Julie Chaudier, à Casablanca - -