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14
Jan
2020
L’AGENCE NATIONALE DE L’ASSURANCE MALADIE DÉVOILE SON PLAN STRATÉGIQUE 2020-2024

Le Plan stratégique qui tend vers l’objectif de la couverture santé universelle à l’horizon 2030, repose sur quatre piliers dont le plus important est le renforcement du rôle de régulation de l’agence, condition sine qua non de la réalisation des objectifs escomptés.

Un peu plus d’une année depuis la nomination de Khalid Lahou Directeur général de l’Agence nationale de l’assurance maladie, il a décliné son plan stratégique 2020-2024 lors d’une rencontre présidée par le ministre de la Santé et en présence de tous les acteurs de la couverture médicale de base au Maroc.

Ce plan d’actions qui repose sur quatre piliers principaux, devra coûte que coûte parvenir à moderniser et étendre la couverture médicale de base afin d’atteindre l’objectif de la couverture santé universelle à l’horizon 2030 conformément aux hautes directives royales.

Un objectif crucial pour l’ancrage de la protection sociale au Maroc et une composante centrale de toutes politiques sociales dignes de ce nom.

Ce plan quinquennal a également pour lourde tâche de réconforter l’Agence dans son rôle de haute autorité de régulation, de contrôle et d’encadrement du système de couverture santé au Maroc et acteur principal assurant la bonne gestion régulière de celui-ci et son adéquation à toutes les préoccupations résultant des besoins actuels et futurs. En effet, l’ambiguïté de la loi enchaînait les mains de l’agence et l’empêchait de remplir les fonctions d’un régulateur.

Pour que ces vœux pieux se concrétisent dans la réalité, quatre axes majeurs d’intervention ont été identifiés.

D’abord, l’accompagnement de l’Etat dans l’extension de la couverture médicale de base qui est un gage certain pour mener à bien ce chantier et un facteur de confiance vis-à-vis des autres acteurs de l’écosystème, notamment ceux issus du privé.

La deuxième action également d’ordre structurelle est la précision et le renforcement de la mission de régulation de cet écosystème confiée par la loi à l’ANAM.

Cette stratégie quinquennale établit également comme action majeure l’amélioration de la gestion du Ramed et l’accompagnement de sa réforme.

Enfin le pilotage basé sur la data, autrement dit la réalisation des études stratégiques pour mieux exercer la mission de régulation. Cela passe par la mise en place d’un système d’information efficace, ouvert et évolutif, le développement de l’efficience et introduction de nouvelles modalités d’organisation et de management, le renforcement de la communication et la mettre au service de la régulation, le contrôle et l’encadrement, et enfin l’activation d’un système de suivi et d’évaluation pour s’assurer que les objectifs énoncés soient atteints.

Pour aboutir à ce plan d’action, faut-il souligner la participation de l’ensemble des cadres de l’ANAM, avec une ouverture sur les expériences internationales en la matière sans perdre de vue l’engagement gouvernemental d’atteindre 90% de taux de couverture d’ici 2025.

Encore moins les responsabilités de l’Agence en matière de développement de mécanismes de suivi et de vigilance, d’appui technique et de mise en place de moyens fluides, simplifiés et sécurisés d’échange des données avec les parties prenantes.

La consolidation de la confiance avec les différents acteurs et bénéficiaires est le leitmotiv qui a présidé tout au long du processus de préparation de ce plan, assure l’ANAM.

D’ailleurs, cette rencontre tenue ce matin même à Rabat, a également pour mission de permettre à tous les acteurs et participants de faire part de leurs contributions et recommandations sur plan que l’ANAM déclinera en plans opérationnels pluriannuels mis en œuvre en parfaite coordination avec les parties prenantes.

Cet évènement sera marqué par la signature de plusieurs conventions avec les acteurs de la couverture médicale.

 

13 janvier 2020 - EcoActu

 

***Autre source***

 

L’ANAM se dote d’un nouveau plan stratégique

  • Il couvre la période 2020-2024
  • Objectif: la couverture santé universelle à l’horizon 2030
  • Nécessité de renforcer la mission de régulation de l’Agence

Après le scandale de son ancien patron, l’Agence nationale de l’assurance maladie (ANAM) reprend l’initiative. Son nouveau DG, Khalid Lahlou, a présenté hier son nouveau plan stratégique pour la période 2020-2024 à tous les acteurs de la couverture médicale de base lors d’une journée d’études.

Il n’a pas omis d’associer ses partenaires comme notamment l’ambassadrice, chef de la délégation de l’Union européenne Claudia Wiedey  et le patron de l’AFD au Maroc Mihoub Mezouaghi. L’idée est de «discuter ses axes et de l’enrichir pour en tirer des recommandations communes, pour la construction d’une feuille de route partenariale engagée», comme l’a souligné le ministre de la Santé, Khalid Ait Taleb, à l’occasion de l’ouverture de cette manifestation.

Pour lui, ce plan s’inscrit dans la cadre des orientations royales visant à moderniser et à étendre la couverture médicale de base. L’objectif est d’atteindre la couverture santé universelle à l’horizon 2030. Ce projet est conçu comme un levier central de la protection sociale et une composante majeure de toutes les politiques sociales, avec un aspect du progrès sociétal au Maroc.

Derrière ces annonces, se profile la volonté de préciser et de renforcer le rôle de l’ANAM en tant que haute autorité de régulation, de contrôle et d’encadrement du système de couverture de la santé au Maroc. C’est un acteur principal appelé à assurer la bonne gouvernance du secteur et son adéquation aux préoccupations et aux besoins actuels et futurs, a assuré le patron de l’ANAM. Il faut reconnaître que l’Agence s’est, entre temps, éloignée de sa mission de base.

 

Aujourd’hui, le défi est d’arriver à la repositionner dans ce domaine. Ce n’est pas une mince affaire puisqu’il s’agit de réformer la loi. En outre, il faudra la soustraire à la gestion du Ramed, qui a été initialement le joyau de la politique de protection sociale. Mais, au fil du temps, il s’est finalement perdu dans les labyrinthes de la bureaucratie et des problèmes de financement.

Selon ses promoteurs, ce plan stratégique a été concocté par la nouvelle direction de l’Agence, qui a cherché à impliquer l’ensemble de ses cadres, avec une ouverture sur les expériences internationales en la matière. Sa préparation aura duré plus d’une année. Elle a pris en considération l’engagement gouvernemental d’atteindre 90% de taux de couverture d’ici 2025. Et les responsabilités de l’Agence en matière de développement de mécanismes de suivi et de vigilance, d’appui technique et de mise en place de moyens fluides, simplifiés et sécurisés d’échange des données avec les parties prenantes, a noté le ministre.

En tout cas, le plan s’articule autour de quatre piliers incontournables. D’abord, il s’agit d’assurer l’accompagnement de l’Etat dans l’extension de la couverture médicale de base (CMB). Outre le renforcement de la mission de régulation confiée par la loi à l’ANAM, elle est appelée à améliorer la gestion du Ramed et à accompagner sa réforme. Dernier pilier, la réalisation des études stratégiques pour aider à la décision en matière de régulation.

Avec Khalid Lahlou, l’Agence s’est  dotée d’une vision orientée vers un défi majeur. Il le résume ainsi: «Régulateur transparent et efficace de la CMB, elle œuvre pour préserver les acquis et combler les attentes immédiates des assurés, celles des professionnels de santé et des organismes gestionnaires. Elle inscrit son action future dans une vision universaliste pour l’atteinte de la couverture santé universelle à l’horizon 2030». Pour cela, il a fixé trois objectifs de taille.

D’abord, il est impératif de  permettre à chacun de bénéficier d’un panier de soins de qualité, dans des conditions d’accès et de prise en charge financière optimisées. Ensuite, il faut «déployer les solutions et les mécanismes de maîtrise de l’évolution de la dépense, orientée sur le soin juste, au juste coût».

Enfin, dernier objectif: contribuer à installer, en bonne intelligence avec ses partenaires, dans le champs de ses responsabilités, les conditions de réussite de la couverture santé universelle, sur le plan des moyens humains, des outils et du système d’information».

Tout ce dispositif devra s’appuyer sur des leviers essentiels comme la mise en place d’un «système d’information efficace, ouvert et évolutif» et le «développement de l’efficience, avec l’introduction de nouvelles modalités d’organisation et de management».

Il s’agit aussi de renforcer la communication et la mettre au service de la régulation, du contrôle et de l’encadrement des activités dans le secteur. Dernier levier, l’activation d’un système de suivi et d’évaluation pour s’assurer que les objectifs énoncés soient atteints.

Par ailleurs, le ministre a rappelé que la protection sociale n’a cessé de se développer depuis la mise en œuvre de l’AMO, la généralisation du Ramed et l’adoption de la loi relative à la couverture médicale des travailleurs non-salariés. Ce qui a permis d’atteindre aujourd’hui un taux de couverture de la population de l’ordre de 68%, a noté le ministre.

Indicateurs clés de l’assurance maladie

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Population couverte: 68,8% (données AMO 2018 et Ramed fin 2019)

? Part des ménages dans les dépenses de la santé: 50,3% (Ministère de la Santé)

? 93% des dépenses de l’AMO sont destinées au secteur privé (données 2018)

? 31,5% des dépenses AMO concernent le médicament (données 2018)

? Entre 2013 et 2018, les dépenses de l’AMO ont évolué de 10,5% alors que les recettes n’ont progressé que de 7,5%

Réactivité

Le ministre est catégorique: «Il est important d’améliorer la gouvernance du système de la couverture médicale de base et de renforcer le dispositif de régulation. Un système aussi vaste, complexe et dynamique nécessite une forte coordination entre ses acteurs et de courts délais de réaction aux dysfonctionnements». C’est pourquoi  il faut clarifier les relations entre les acteurs, mettre fin aux incompatibilités et renforcer le dispositif de régulation. Il tient au renouvellement des conventions nationales, des protocoles thérapeutiques, de la promotion du générique, de la normalisation, de la mise en place d’un suivi médical coordonné, du contrôle…

Mohamed CHAOUI | Edition N°:5675 Le 14/01/2020 - L'ECONOMISTE