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22
Nov
2013
L’assurance et la maitrise des risques professionnels

L’entreprise conçue comme système tend vers différents buts ; le bénéfice, la sécurité, les objectifs sociaux et écologiques, or les voies permettant de les atteindre sont dans la pratique, menacées de multiples manières. La protection de l’entreprise contre les perturbations fait donc partie des principales tâches incombant aux dirigeants, car les risques encourus constituent parfois une question de vie ou de mort pour l’entreprise dans son ensemble.

Il est communément admis, aujourd’hui, que la maîtrise des risques n’est qu’une nouvelle appellation donnée à la prévention et à la limitation des dommages. Cette opinion s’explique par le fait que, dans le cadre des programmes concrets de maîtrise des risques, les mesures préventives occupent le plus souvent une place essentielle. Il faut dire, à titre complémentaire, que la notion de maîtrise des risques est souvent liée, avant tout dans la pratique, à celle de gestion de l’assurance, en ce sens que des personnes chargées de traiter des problèmes d’assurance s’occupent souvent, en même temps, des problèmes généraux de sécurité de l’entreprise et se qualifiant, pour cette raison, de « Risk managers ».

Contrairement à la façon de voir traditionnelle de l’assurance, qui se concentre sur la prise en charge des risques, l’idée directrice centrale, de ce processus de Maîtrise des risques qui comporte plusieurs phases, est que l’on ne part pas de chacun des risques qui forment la constellation en les prenant isolément. C’est bien plus l’appréhension intégrale de la constellation des risques – constitution d’un panorama des périls – qui sert de point de départ à l’analyse et à l’appréciation des risques afin de prendre des décisions systématiques en vue de leur traitement. Ces décisions servent de base à la planification des mesures appropriées et à leur réalisation.

Au nombre de ces mesures, l’assurance constitue une possibilité parmi d’autres. L’assurance et la réassurance relèvent, au sein du domaine du « Financement des risques », du chapitre « Transfert des risques ». Elles constituent l’instrument fondamental pour céder à d’autres, voire à une communauté de risques, ceux que l’on ne peut pas on ne veut pas assumer soi-même.

L’assureur peut appuyer efficacement chaque entreprise dans cet effort de prévention des risques. En effet, ses connaissances, et son expérience ne se limitent pas à une seule entreprise. C’est particulièrement vrai pour l’assureur qui ne déploie pas ses activités dans une zone géographique très limitée ou dans quelques branches seulement. Pour cet appui, il faut, bien entendu, des spécialistes. Les recours à des spécialistes de formation technique, en particulier à des ingénieurs de toutes les disciplines ayant acquis de l’expérience dans l’industrie devient une nécessité, eu égard à l’évolution technologique toujours plus complexe. Ils peuvent, en étroite collaboration avec leurs homologues des entreprises concernées, contribuer à clarifier et à vérifier la constellation des risques et élaborer des propositions en vue de prévenir et de réduire des sinistres. Ils sont en mesure de mettre en évidence des risques inconnus ou non apparents, tant pour les installations existantes que pour celles à l’état de projet. Ils peuvent également avoir recours à l’expérience mondiale du réassureur.

La Maîtrise des risques du chef de l’entreprise en étroite collaboration avec les spécialistes de l’assureur permet de définir la limite qui sépare les risques dits purs tels l’incendie et l’explosion, de ceux qui résultent de nouveaux procédés ou méthodes de construction lesquels peuvent provoquer, surtout dans le domaine de la responsabilité civile envers les tiers, d’énormes pertes. Couvrir de tels risques équivaudrait à garantir du point de vue financier, le succès d’activités de recherche et de développement.

Par ailleurs, la connaissance approfondie de la constellation des risques encourus par chaque entreprise en particulier, permet également d’élaborer des programmes d’assurance sur mesure couvrant le domaine des risques assurables, en tenant compte de la situation de l’entreprise en matière de mesures de sécurité et de prévention, ainsi que de sa capacité financière. A ce propos, il y a lieu d’examiner la question des franchises « déductibles ». Des franchises adéquates, calculées selon la capacité financière de l’assuré, ne constituent pas seulement un moyen pour éliminer des petits sinistres, coûteux, elles offrent tout autant la possibilité de faire participer l’assuré du risque et partant, de stimuler son intérêt pour la prévention des sinistres.

Une culture à diffuser

Il est vrai, qu’au Maroc, le tissu des petites et moyennes entreprises est loin d’avoir établi les bases d’une gestion minimale des risques. Les dirigeants de PME considèrent encore l’assurance comme une fonction très secondaire ; ils s’estiment suffisamment assurés mais ne sont pas en mesure de préciser contre quoi ou de définir les garanties. Comment, mettre, alors en place une politique de gestion des risques lorsque l’assurance fait déjà l’objet d’un relatif désintérêt.  La tradition veut que le courtier d’assurance n’ennuie pas son client avec les problèmes d’assurance qui sont rapidement abordés une fois par an. 

Il y a donc, une culture, une stratégie et une démarche à diffuser de la part de l’assureur en direction des chefs d’entreprise pour une prise de conscience de l’intérêt de s’investir dans les problèmes d’assurances et de risques de l’entreprise. Les intermédiaires – agents ou courtiers- en étroite collaboration avec les techniciens spécialistes des compagnies constituent, la plupart du temps, les seuls interlocuteurs du chef d’entreprise en matière d’assurance.

L’assurance incite à la prévention

La prime d’assurance payée par l’assuré est composée de la prime pure, dont le taux est fonction de la fréquence annuelle des sinistres, donnée par les statistiques. (Rapport sinistres – primes), et du taux moyens des dommages (rapport indemnités – capital garanti) auquel sont ajoutés les frais généraux, le commissionnement et la marge bénéficiaire pour arriver au taux de base.

Mais il y a un ajustement à ce taux pour déterminer le taux net, par l’application des surprimes, bonifications, majorations et rabais prévus, au tarif et déterminés lors de la visite de risques. Plus l’entreprise dispose de dispositifs de protection et de prévention des catastrophes, plus elle fera des économies au niveau de son budget L’exemple typique est celui de l’assurance incendie où l’existence de moyens de secours et de prévention sur les lieux de travail fera bénéficier l’assuré de rabais de prime ; dans le cas contraire, il verra majorée la prime à payer. (Voir encadré).

Tout cela pour dire que la gestion du risque est un facteur prépondérant et, pour le calcul de la prime d’assurance, et, pour constituer un moyen d’incitation des assurés, à prendre toutes les mesures nécessaires pour la protection de leur patrimoine, et ainsi prévenir tout sinistre et si ce n’est pas pour éviter sa survenance, au moins pour limiter ses conséquences.

Cela ne veut nullement dire, qu’il faut augmenter les tarifs, comme certains dirigeants le préconisent, mais maitriser la sinistralité afin qu’assurés et assureurs y trouvent leur compte.

Une couverture ignorée : Les pertes d’exploitation

C’est une assurance très importante pour l’entreprise. Généralement, les dirigeants, en souscrivant par exemple une police d’assurance incendie, tempête ou bris de machine pensent uniquement aux dommages matériels directement causés par le sinistre. Si celui-ci est assez important pour arrêter la production, l’entreprise aura à faire face aux réparations nécessitées par l’événement, mais en outre verra se tarir ses recettes  En effet, un sinistre peut gravement perturber l’activité professionnelle d’un entrepreneur, compromettre sa trésorerie, voire menacer son existence!

L’assurance des pertes d’exploitation permet de surmonter les difficultés financières engendrées par le sinistre.

Nombreuses sont les entreprises sinistrées qui ne prennent pas la précaution de souscrire une telle assurance. Ces entreprises obtiennent souvent le remboursement des biens détruits, mais, en l’absence d’une assurance pertes d’exploitation, la baisse ou la disparition de leur chiffre d’affaires causée par l’interruption ou la réduction de leur activité n’est pas prise en compte.

Restent aussi à leur charge les frais supplémentaires engagés pour limiter les conséquences du sinistre: location de matériel ou de locaux, installations provisoires, frais de publicité pour retrouver une clientèle…

Après un incendie par exemple, les durées de reconstruction, de réinstallation et de reprise d’une activité moyenne peuvent être très longues. Cela engendre une baisse ou une disparition du chiffre d’affaires et il devient impossible pour le chef d’entreprise de faire face aux charges qui continuent pourtant à courir. L’assurance des pertes d’exploitation permet donc de replacer l’entreprise, par le versement d’une indemnité, dans la situation qui aurait été la sienne si le sinistre n’avait pas eu lieu. 

Abdelfettah ALAMI - 21 novembre 2013 - Challenge