Depuis le 4 août 2026, les automobilistes marocains voient leur assurance automobile augmenter de 5 %. Une hausse qui peut surprendre les assurés, mais qui s’inscrit dans une réforme plus large du régime d’indemnisation des victimes d’accidents de la circulation. Au cœur de cette évolution figure la loi n° 70-24, promulguée en janvier 2026, qui réforme un dispositif datant de 1984. L’objectif est notamment de revoir le capital de référence utilisé pour calculer les indemnisations versées aux victimes d’accidents de la circulation.
Un barème d’indemnisation enfin actualisé
Le capital de référence, resté fixé à 9 270 DH pendant plusieurs décennies, doit progressivement atteindre 14 270 DH. Cette revalorisation vise à mieux adapter les indemnisations à la réalité économique actuelle et à renforcer la protection des victimes.
Cette évolution entraîne toutefois une conséquence directe sur le coût de l’assurance automobile. La hausse de la responsabilité civile obligatoire est prévue progressivement, à raison d’environ 5 % par an jusqu’en 2030, soit près de 25 % cumulés sur la période.
Une hausse liée à une réforme, pas à une simple décision commerciale
Pour les assurés, la question ne porte donc pas uniquement sur le montant de l’augmentation, mais également sur sa compréhension.
Cette évolution tarifaire découle de la réforme du régime d’indemnisation et ne constitue pas simplement une décision commerciale prise individuellement par les compagnies d’assurance.
Autre point important : la hausse concerne les nouveaux contrats et les renouvellements. Elle ne s’applique pas en cours de contrat.
Entre hausse tarifaire et progrès social
Derrière l’augmentation de la prime se trouve donc un enjeu de protection sociale. L’objectif de la réforme est de permettre aux victimes d’accidents de bénéficier d’indemnisations davantage en adéquation avec les réalités économiques actuelles.
Mais cette dimension reste encore peu connue du grand public. De nombreux automobilistes découvrent la hausse directement sur leur avis d’échéance, sans toujours disposer d’explications détaillées sur son origine et sa finalité.
Cette situation met en évidence une problématique récurrente dans le secteur de l’assurance : l’asymétrie d’information entre les professionnels, qui maîtrisent les mécanismes réglementaires et tarifaires, et les assurés, qui disposent souvent de peu d’informations au moment de souscrire ou de renouveler leur contrat.
La transparence devient un enjeu majeur
Au-delà de cette réforme, l’évolution du marché pose donc la question de l’information du consommateur.
Un assuré correctement informé est davantage en mesure de comprendre l’évolution de sa prime, de comparer les offres, d’identifier les garanties proposées et de connaître les limites de son contrat.
Pour le secteur des assurances, cette transparence pourrait également contribuer à renforcer la confiance des consommateurs.
La hausse de la prime automobile ne devrait ainsi pas être perçue uniquement comme une augmentation du coût de l’assurance. Elle traduit aussi une évolution du système d’indemnisation des victimes et pose une question essentielle pour l’avenir du secteur : comment mieux expliquer les réformes et leurs conséquences à ceux qui les financent ?
Dans un marché appelé à gagner en sophistication, la vulgarisation des règles, la lisibilité des tarifs et la transparence des garanties apparaissent plus que jamais comme des éléments essentiels de la relation entre assureurs et assurés.
Par la Rédaction de 212 Assurances, 20 août 2026


