C’est sous la thématique « Réinventer l’intermédiation face aux risques de demain », que la FNACAM a réunis ses membres, mais aussi une majorité d’agents et de courtiers, en plus des instances de l’assurance. Du fond à la forme, des panelistes et intervenants de qualité, avec des sujets majeurs, telle fut la recette pour faire un carton plein.

La profession s’inquiète. La profession s’inquiète pour son avenir. Avenir du Livre IV de l’assurance, parts de marché suffisantes ou insuffisantes pour un réseau où tout le monde ne mange pas de la même manière, IA, digitalisation, Data … Nombre de sujets reviennent sur le tapis. Les instances rassurent …
M. Mohamed Hassan Bensalah, Président de la Fédération Marocaine de l’Assurance
Lors de la rencontre annuelle, Mohamed Hassan Bensalah, Président de la Fédération Marocaine de l’Assurance, a appelé l’ensemble des acteurs du secteur à renforcer leur coopération afin de mieux servir les assurés et de développer le marché marocain de l’assurance.
Il a souligné que la priorité ne devait plus être de se partager les mêmes clients, mais d’élargir la couverture à des millions de Marocains encore insuffisamment assurés, ainsi qu’aux TPE, PME, travailleurs indépendants et porteurs de nouveaux risques. Parmi les leviers identifiés avec l’ACAPS figurent l’extension de certaines assurances obligatoires, le développement de nouvelles garanties, de la micro-assurance, de l’assurance affinitaire et de l’assurance intégrée.
Le président de la Fédération a également insisté sur le rôle irremplaçable de la confiance et de la proximité, malgré les avancées technologiques. Il a évoqué plusieurs chantiers majeurs : la réforme de l’indemnisation corporelle en automobile, l’évolution vers une tarification de la responsabilité civile davantage fondée sur le profil de risque, ainsi que le transfert de l’AMO vers la CNSS, qui doit être l’occasion de développer la complémentaire santé, les garanties décès et invalidité.
Enfin, il a mis en avant la digitalisation du secteur, notamment l’attestation automobile avec QR Code, appelée à remplacer progressivement le support physique à partir de juillet 2027, et le déploiement du paiement multicanal. Ces transformations doivent alléger les tâches administratives des intermédiaires pour leur permettre de consacrer davantage de temps au conseil, à la relation client et au développement commercial.

M. A. Chaffai Président de l’ACAPS
Quant au président de l’ACAPS, Monsieur Abderrahim Chaffai, ce dernier a consacré son intervention à la transformation de l’intermédiation en assurance face aux évolutions technologiques, aux nouveaux risques et aux attentes croissantes des assurés.
Il a rappelé que les intermédiaires ne sont pas de simples distributeurs, mais des acteurs de proximité, de conseil et de confiance. Pour accompagner leur évolution, l’ACAPS porte un projet de refonte du Livre IV du Code des assurances, élaboré en concertation avec la Fédération Marocaine de l’Assurance, la FNACAM, le secteur bancaire et Bank Al-Maghrib. Cette réforme vise à moderniser la distribution, renforcer l’inclusion financière et consolider la protection des assurés.
Le projet repose sur quatre priorités : développer les compétences des professionnels, renforcer l’information et le devoir de conseil, faciliter l’accès au métier et stimuler l’innovation. Il prévoit notamment une sandbox réglementaire pour tester de nouveaux services et un cadre dédié à l’assurance intégrée et affinitaire.
Le président de l’ACAPS a également présenté plusieurs avancées concrètes, dont la dématérialisation progressive de l’attestation automobile grâce au QR Code, déployée depuis juillet 2026. Ce dispositif doit simplifier la vérification de la couverture, fiabiliser l’information et faciliter les contrôles effectués par les forces de l’ordre. Il a aussi évoqué l’évolution des critères de tarification de la responsabilité civile automobile, afin de mieux tenir compte du profil de risque des assurés.
Le discours a par ailleurs souligné la complémentarité des réseaux de distribution : les agents dominent l’assurance automobile, les courtiers les branches non-vie et la bancassurance l’assurance vie. L’enjeu consiste désormais à permettre à chaque réseau de diversifier ses activités, tout en préservant sa proximité avec les assurés.
Le président de l’ACAPS a insisté sur la nécessité d’assainir les relations financières entre assureurs et intermédiaires, notamment grâce au rapprochement semestriel des créances prévu par l’instruction publiée en décembre 2024. Il a également rappelé la progression de la prime moyenne d’assurance par habitant, passée de 893 à 1 715 dirhams entre 2015 et 2025, tout en soulignant le potentiel encore important du marché marocain.
Enfin, l’ACAPS entend poursuivre plusieurs chantiers destinés à élargir la couverture, améliorer la qualité des services, renforcer le traitement des réclamations, développer les compétences et mieux exploiter les données. Dans cette dynamique, les intermédiaires sont appelés à jouer un rôle central pour restaurer la confiance, favoriser l’inclusion financière et faire de l’assurance un levier de protection et de développement économique.
212assurances – 08 octobre 2026

