La bancassurance, modèle hybride combinant les services bancaires et les assurances, connaît un essor significatif au Maroc, transformant profondément le secteur de l’assurance. Ce phénomène s’inscrit dans une dynamique mondiale où banques et compagnies d’assurance collaborent pour offrir des produits intégrés, simplifiant ainsi l’accès à la protection financière pour les clients.
Rappelons quelques chiffres au Maroc, parus dans 212assurances: En 2023, le secteur de la bancassurance au Maroc a enregistré une croissance notable de 5,2%, atteignant un volume de primes d’assurance de 19,2 milliards de dirhams. Ce développement a permis à la bancassurance de détenir une part de marché de 31,2%, surpassant légèrement les courtiers d’assurances qui se situent à 30,9%. Les assurances-vie et capitalisation continuent de dominer le secteur, représentant 96,3% de la collecte en bancassurance avec une production s’élevant à 18,5 milliards de dirhams.
Au Maroc, la bancassurance représente une opportunité stratégique majeure. Les banques disposent d’un vaste réseau de distribution et d’une clientèle captive que les assureurs peuvent atteindre plus efficacement via ce canal. Cette synergie permet non seulement de diversifier l’offre mais aussi d’améliorer la pénétration des produits d’assurance dans un pays où le taux de couverture reste encore faible.
Le développement du secteur est soutenu par plusieurs facteurs, comme l’évolution réglementaire, car les autorités marocaines ont progressivement assoupli le cadre réglementaire pour faciliter ces partenariats entre banques et assureurs tout en veillant à protéger les consommateurs.
La digitalisation, et son essor des technologies numériques, permettent aux acteurs de proposer des solutions innovantes comme l’assurance en ligne ou via mobile banking, rendant ces services plus accessibles.
Et puis, l’éducation financière croissante apporte une meilleure compréhension des risques financiers, ce qui incite davantage de particuliers à souscrire à des assurances adaptées via leur banque.
Cependant, ce modèle présente aussi certains défis. La complexité du produit peut parfois désorienter le client final qui doit comprendre à la fois les aspects bancaires et assurantiels. De plus, il est crucial que les conseillers soient formés adéquatement afin d’assurer une information claire et transparente.
Par ailleurs, la concurrence s’intensifie avec l’entrée sur le marché marocain de nouveaux acteurs internationaux spécialisés dans la bancassurance qui apportent expertise technique et innovation produit. Cela pousse également les compagnies locales à renforcer leur offre pour rester compétitives.
Enfin, cette tendance vers une intégration accrue entre banque et assurance, ouvre la voie vers un écosystème financier plus complet au Maroc où chaque acteur joue un rôle complémentaire dans la gestion globale du patrimoine personnel ou professionnel du client.
Des bémols également: Autant, on reconnait la part importante de la bancassurance dans l’assurance vie, autant, on remet souvent sur la table le souci de gestion des contrats, qui n’est pas perçu comme étant pris en charge de la même manière de son assureur. De plus, l’Assureur se distingue auprès du public, comme étant beaucoup plus clair sur la partie conseils. Chacun ses armes, à la banque une captation directe du client qui rencontre souvent son banquier, et l’assureur qui est de plus en plus reconnu comme assureur conseil.