Dans un avis stratégique adopté à l’unanimité, le Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE) plaide pour une accélération de la généralisation de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO). Cette réforme, pilier de la cohésion sociale au Maroc, entre désormais dans une phase décisive de mise en œuvre.
Le système de santé marocain est à la croisée des chemins. Saisi par la Chambre des représentants en décembre dernier, le CESE a rendu son verdict lors de sa session ordinaire: l’heure est à l’action. Pour le Conseil, la généralisation de l’AMO n’est plus seulement un objectif, c’est une urgence nationale pour garantir l’équité devant les soins.
Cap sur la couverture sanitaire universelle
Le constat est sans appel: une part importante de la population, incluant les travailleurs indépendants, les professions libérales et les citoyens en situation de grande précarité, navigue encore hors du système formel. Le CESE insiste sur l’intégration immédiate de ces catégories pour transformer l’essai de la couverture sanitaire universelle (CSU).
Toutefois, le Conseil prévient : l’élargissement de la base des assurés doit s’accompagner d’une refonte profonde de la gouvernance. Cela implique :
- Une coordination accrue entre les différents organismes gestionnaires et prestataires de soins.
- Une transparence totale dans la gestion des fonds.
- Une simplification administrative drastique pour faciliter l’accès des usagers à leurs droits.
Le défi de la pérennité financière
Si le passage à une AMO généralisée est un levier de développement inclusif, l’équation financière reste le nerf de la guerre. Le CESE souligne que la viabilité du système repose sur une gestion rigoureuse des ressources et une maîtrise des coûts de santé. L’enjeu est de construire un modèle qui soit non seulement juste, mais surtout durable sur le long terme.
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Un tournant pour l’écosystème de l’assurance
Pour les acteurs du secteur, cette accélération représente à la fois un défi opérationnel et une opportunité historique. En renforçant la protection sociale, le Maroc consolide son contrat social et s’offre les moyens d’un développement plus résilient.
Cette réforme, bien que complexe, est le passage obligé vers un système de santé performant, capable de protéger chaque citoyen contre les aléas de la vie, sans distinction de revenus ou de statut professionnel.
212assurances – Le site d’information N°1 de l’Assurance au Maroc et en Afrique – 12 avril 2026

