Santé au Maroc: couverture médicale, tarifs et régulation au cœur des débats à Marrakech

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Marrakech accueille une réflexion sur l’avenir du système de santé

La ville de Marrakech a accueilli, mercredi 14 octobre 2026, la cinquième Conférence internationale du Conseil de la concurrence, consacrée à la politique de santé au Maroc, à la concurrence, à la régulation et à la gouvernance à l’ère de la couverture sociale universelle.

Cette rencontre a rassemblé plusieurs responsables institutionnels, notamment Ahmed Rahhou, président du Conseil de la concurrence, Abderrahim Chaffai, président de l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS), Abdelkader Amara, président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), ainsi que Hassan Boubrik, directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).

Les discussions ont porté sur les transformations du secteur de la santé et les conditions nécessaires pour garantir un accès durable et équitable aux prestations médicales.

L’AMO couvre désormais près de 88 % de la population

La généralisation de l’Assurance maladie obligatoire constitue l’une des avancées majeures du chantier national de protection sociale.

Selon les données rapportées à l’occasion de la conférence, plus de 32 millions de personnes sont désormais immatriculées à l’AMO, représentant environ 88 % de la population marocaine.

Cette progression témoigne de l’ampleur de la réforme engagée. Toutefois, l’élargissement de la couverture s’accompagne de nouveaux défis, notamment en matière de financement, de qualité des prestations et d’accès effectif aux soins.

La distinction entre l’immatriculation à un régime et l’ouverture effective des droits demeure également importante pour apprécier la portée réelle de cette généralisation.

Des dépenses de santé qui progressent plus vite que les recettes

La soutenabilité financière des régimes d’assurance maladie a constitué l’un des principaux sujets abordés.

Selon les éléments rapportés par Les Inspirations Éco, les dépenses de l’AMO progressent à un rythme près de trois fois supérieur à celui des recettes.

Cette évolution soulève des interrogations sur les équilibres financiers du système à moyen et long terme.

L’augmentation du nombre de bénéficiaires, l’évolution des coûts des prestations médicales et la croissance des besoins de prise en charge imposent une réflexion sur les mécanismes de financement et de maîtrise des dépenses.

Pour les organismes gestionnaires, l’enjeu consiste à préserver les acquis de la généralisation tout en assurant la continuité et la qualité des prestations.

Le secteur privé concentre une part importante des remboursements

Autre donnée marquante : près de neuf dirhams sur dix remboursés par la CNSS au titre des soins seraient orientés vers des prestations réalisées dans le secteur privé, selon les chiffres rapportés par Les Inspirations Éco.

Cette situation illustre la place importante des établissements et professionnels privés dans la prise en charge des assurés.

Elle pose également la question de la complémentarité entre les secteurs public et privé, de la répartition de l’offre médicale et de la régulation économique du marché des soins.

Dans ce contexte, le renforcement de l’offre publique et l’encadrement des pratiques tarifaires constituent des enjeux importants pour accompagner l’évolution du système de santé.

Tarification et régulation : trouver un équilibre durable

La tarification des soins a également occupé une place centrale dans les débats.

L’élargissement de l’AMO nécessite une réflexion sur les tarifs des prestations, les mécanismes de remboursement et les dépenses restant à la charge des patients.

L’objectif est de concilier l’accessibilité financière des soins, la qualité des prestations et la viabilité économique des établissements et professionnels de santé.

La transparence des prix, les mécanismes de conventionnement et la régulation des pratiques économiques apparaissent ainsi comme des leviers essentiels pour accompagner les transformations du secteur.

L’ACAPS met l’accent sur la soutenabilité et la gouvernance

La participation d’Abderrahim Chaffai, président de l’ACAPS, a permis d’aborder les enjeux de supervision et d’équilibre financier des régimes d’assurance maladie.

Son intervention a notamment porté sur la soutenabilité financière, la gouvernance des dispositifs de couverture médicale et l’évolution des méthodes de supervision.

Dans un contexte de généralisation de la protection sociale, ces dimensions sont déterminantes pour accompagner l’augmentation des besoins de financement et préserver la pérennité des régimes.

La réussite de la réforme dépend ainsi non seulement de l’élargissement du nombre de bénéficiaires, mais également de la capacité du système à maintenir des équilibres financiers durables.

Une nouvelle étape pour la réforme de la santé au Maroc

À travers cette cinquième Conférence internationale, le Conseil de la concurrence a ouvert un espace de réflexion sur les conditions d’une régulation efficace du secteur de la santé.

Les échanges ont mis en évidence la nécessité d’une approche intégrée associant financement, concurrence, gouvernance, investissement et amélioration de l’offre de soins.

Alors que la généralisation de l’AMO constitue une avancée majeure, le Maroc doit désormais relever le défi de sa consolidation.

La rencontre de Marrakech aura ainsi rappelé que l’avenir de la couverture médicale repose sur un double impératif : garantir aux citoyens un accès effectif à des soins de qualité et assurer la soutenabilité financière d’un système appelé à répondre à des besoins croissants.

La Rédaction de 212assurances.com – 16 octobre 2026

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