DÉMARRAGE DU TAKAFUL : COMPAGNIES, INTERMÉDIAIRES… L’ÉCOSYSTÈME PREND FORME

Avec l’octroi par l’ACAPS des premiers agréments Takaful (en décembre 2021 et en janvier 2022) et la publication ce 7 février de l’instruction relative à la présentation des opérations d’assurances Takaful, l’activité peut enfin démarrer (en attendant bien évidemment la validation des contrats par le CSO) et prendre forme.

Enfin ! Les banques et fenêtres participatives peuvent souffler avec le démarrage effectif du Takaful en ce mois de février 2022, après plus de 5 ans de navigation à vue sans couverture de risque.

Force est de reconnaître que malgré l’absence du Takaful, ces banques ont pu réaliser un exploit en dépit du contexte de crise sanitaire, puisque les financements accordés en 2021 ont totalisé 19,33 Md de DH en progression de 43% comparativement à 2020.

Désormais elles seront plus à l’aise pour explorer tout le potentiel de ce marché (estimé à 10% de la financement conventionnelle) avec le démarrage effectif du Takaful en ce premier trimestre 2022.

En effet, après des années à peaufiner les textes de loi pour qu’ils soient totalement conformes à la Charia, la dynamique de démarrage s’est accentuée depuis octobre dernier avec la publication par l’ACAPS de la circulaire portant application des dispositions du Code des Assurance relatives à l’assurance Takaful. Depuis, trois premiers agréments ont été octroyés par l’ACAPS en décembre dernier et ont été publiés au BO en janvier.

Deux autres compagnies d’assurance ont également obtenu le feu vert de l’ACAPS en janvier 2022. Soit au total et à ce jour, 5 agréments délivrés.

Ce 7 février marque également un tournant pour l’activité avec la publication par l’ACAPS de l’instruction relative à la présentation des opérations d’assurances Takaful, laquelle définit les qualifications professionnelles à justifier et les documents à produire pour les demandes d’agréments, l’extension d’agrément ou d’autorisation pour la présentation des opérations d’assurances Takaful. Elle fixe également les exigences en matière d’aménagement des locaux et de signalétiques à respecter lorsque le requérant est agréé ou autorisé pour la présentation des opérations d’assurances en Takaful.

Cette instruction s’applique aussi bien aux salariés responsables de bureaux de gestion directe d’une entreprise d’assurance et de réassurance Takaful, qu’aux intermédiaires d’assurances, aux banques, aux sociétés de financement et aux associations de micro-crédit agréées… D’ailleurs de nouveaux dossiers sont en instruction auprès de l’autorité.

Dans la foulée, deux filiales ont d’ores et déjà annoncé le démarrage de l’activité. Il s’agit de Taawouniyate Taamine Takafuli, filiale de la Mutuelle Centrale Marocaine d’Assurances (MCMA) et de la Banque Centrale Populaire (BCP), qui démarrera donc son activité avec 3 principaux produits : La protection de la famille par une couverture de financement; Une couverture multirisques du bien financé « Multirisque Bâtiment » ; La constitution d’une épargne.

Il y a également Wafa Takaful, dont le mangement a assuré ce mercredi 09 février que parmi les étapes à venir, il y a la validation du Règlement de gestion par le CSO et la décision d’approbation par le régulateur en cours. Il faudra encore la validation des conditions Particulières et avis de conformité du CSO et aussi l’agrément des banques participatives après publication de l’instruction de l’ACAPS sur la distribution du Takaful. Le mangement table sur un démarrage effectif en mars 2022 et une rentabilité à partir de la troisième année d’activité.

Il est attendu également l’annonce du démarrage d’activité de Attakafulia Assurances, sans oublier les deux nouvelles filiales agréées (La Marocaine Vie et de la SCR).

Aujourd’hui, avec le démarrage Takaful, l’écosystème prend un peu plus de forme. Mais il ne faut pas oublier l’importance du troisième compartiment de cet écosystème participatif, à savoir le marché des capitaux. Ce dernier est appelé à combler le déficit entre les emplois et les ressources, compensé actuellement par Wakala Bil Istismar et les dépôts à vue intra-groupe.

Faut-il rappeler que les banques et fenêtres participatives ont collecté près de 7 milliards de DH en 2021, un total qui couvre le financement participatif à hauteur de 37% et contribue à hauteur de 30 % des ressources totales.

Dans ce sens, il faut rappeler que l’AMMC a inscrit parmi ses priorités en 2022, l’élargissement de l’offre de finance participative dans le cadre de la mise en place de produits innovants.

L’autorité du marché a déjà identifié un panier d’actifs pour permettre aux premiers opérateurs Takaful d’investir sur le marché pour qu’ils puissent fructifier leurs cotisations, en attendant le Takaful investissement.

A rappeler également que l’AMMC avait accompagné deux innovations majeures sur le marché de la titrisation : l’émission de certificats de sukuk souverains et la première opération de titrisation synthétique dont l’objectif était de faciliter l’accès de TPME au financement par le transfert du risque de crédit à un fonds de titrisation, conformément aux dispositions liées aux Certificats ont été introduites en 2018 dans la loi 33-06.

Aujourd’hui pour l’écosystème, le défi réside dans l’élargissement des outils et mécanismes à disposition des acteurs, à même d’assurer sa viabilité et sa pérennité et plus tard la rentabilité et la sophistication, à l’instar de ce qui se fait à travers le monde.

Imane Bouhrara – 9 février 2022 –

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