Le 1er rapport semestriel 2026 du secteur des assurances au maroc nous livre une lecture affinée du volumes de primes encaissées. Pour ces six premiers mois, on retrouve l’assurance automobile en deuxième ligne de volume de souscription, juste derrière l’épargne en dirhams, toujours première dans le classement.
L’assurance auto bien placée, mais parent pauvre de l’assurance
Le volume de primes de l’assurance auto au Maroc est de pratiquement 10 milliards de dirhams, sur les 38,4 milliards de primes directes globales encaissées sur ce 1er semestre. 80% de la prime auto correspond uniquement à la garantie RC, premier palier de cette assurance, sans les options qui lui permettent de couvrir le véhicule de manière optimale.
On pourrait donc dire que 80% des véhicules assurés au Maroc sont « mal assurés », mais ce ne serait qu’un abus de langage. En fait s’assurer uniquement avec la RC correspond à l’obligation d’assurance, mais en cas de sinistre responsable, le propriétaire du véhicule incriminé n’aura pas ses dégâts remboursés. Seuls ceux de la partie adverse le seront tels que définis l’objet de ce contrat.
On pourrait comprendre que sur un parc automobile fortement vieillissant, ou ayant dépassé plus de 10 à 15 ans d’âge, il serait logique de n’assurer son véhicule qu’avec la RC, et encore. Mais ceci ne correspond pas à la photographie de l’âge moyen des véhicules en circulation au Maroc. D’où ce décalage entre être bien couvert, tel qu’on devrait l’être, et avoir un volume de véhicule important dit « mal assurés ».
D’où vient le problème ?
L’auto représente donc 26 % du volume total des primes d’assurances souscrites au Maroc, d’après ce dernier rapport de l’ACAPS sur le marché de l’assurance au premier semestre 2026. C’est un volume important, qui se place derrière l’épargne en dirhams, qui elle, est à 12,86 milliards sur ces 6 premiers mois. Ces 2 premiers postes représentent pratiquement 60% des primes encaissées.
L’épargne n’est pas une assurance obligatoire comme l’auto. Dans les moeurs, l’assurance auto s’identifie encore pour certains au fameux « papier du gendarme », c’est à dire, que l’assuré, en général, ne perçoit pas l’utilité première de cette assurance. Il est vrai qu’en période de renouvellement des affaires auto, les distributeurs peuvent manquer de temps pour faire leur métier de conseil, et parer au plus simple, en reconduisant l’assurance initiale sans l’argumenter.
De plus, dans l’inconscient collectif, l’assurance correspond encore à une somme dépensée pour un risque futur qui n’est pas sûr de se présenter, ce qu’on appelle ce fameux aléa. Quoiqu’il en soit, nous n’avons jamais vu un assuré provoquer sciemment un accident responsable, sauf peut-être sous le coup de la colère, comme on peut le voir dans certaines scènes d’excès de conduite. Alors pourquoi s’assurer avec toutes les options, à partir du moment où tout conducteur pense être un bon conducteur responsable.
Et pourtant, comprendre que payer un peu plus que l’obligatoire pour être très bien couvert, est certes un calcul gagnant, mais qui semble rester un dialogue de sourd entre l’assureur et l’assuré.
212assurances – 26 octobre 2026


