Du 28 au 30 septembre 2026, Casablanca a accueilli un séminaire international consacré à la transformation du secteur de l’assurance à l’ère de l’intelligence artificielle. Coorganisée par la Fédération des Sociétés d’Assurances de Droit National Africaines (FANAF) et Atlantic Re Academy, cette rencontre a réuni plus de 70 dirigeants et professionnels africains de l’assurance et de la réassurance autour des enjeux de gouvernance, de leadership, d’innovation et de performance des entreprises.

Trois journées pour repenser l’avenir de l’assurance africaine
Organisé sous le thème « Piloter la transformation à l’ère de l’intelligence artificielle : gouvernance, transition et leadership dans les sociétés d’assurance », ce séminaire international a constitué un cadre d’échanges et de réflexion sur les mutations technologiques qui traversent le secteur.
Durant trois journées, les participants ont été invités à examiner les possibilités offertes par l’intelligence artificielle, mais également les conditions nécessaires à son intégration dans les stratégies et les processus opérationnels des compagnies.

L’objectif était notamment de permettre aux dirigeants de mieux appréhender les usages de l’IA, d’identifier les opportunités de création de valeur et de réfléchir aux transformations organisationnelles indispensables à son adoption.
Cette initiative illustre la volonté de la FANAF et d’Atlantic Re Academy d’accompagner la montée en compétences des professionnels et de contribuer à la modernisation du secteur de l’assurance sur le continent africain.

De l’expérimentation à une véritable stratégie d’entreprise
Au cœur des échanges figurait une question essentielle : comment passer de l’utilisation ponctuelle des outils d’intelligence artificielle à leur intégration dans une véritable stratégie d’entreprise ?
Les discussions ont notamment porté sur quatre dimensions : la priorisation des usages, l’investissement, la gouvernance et le déploiement.
Pour les compagnies d’assurance, les applications potentielles sont nombreuses : amélioration du traitement des données, automatisation de certaines tâches administratives, assistance à la souscription, optimisation de la gestion des sinistres, analyse des risques et renforcement de la relation client.
Toutefois, l’adoption de ces technologies suppose une préparation des organisations, une adaptation des compétences et une évaluation rigoureuse de leur valeur ajoutée.
L’enjeu ne consiste donc pas uniquement à adopter de nouveaux outils, mais à déterminer comment ceux-ci peuvent contribuer durablement à la performance des entreprises.

Une intelligence artificielle au service des collaborateurs et des assurés
La transformation numérique du secteur soulève également des interrogations concernant l’évolution des métiers et la place du facteur humain.
L’intelligence artificielle peut contribuer à réduire les délais de traitement, à améliorer la productivité et à faciliter l’accès à certaines informations. Elle doit néanmoins s’inscrire dans un dispositif de supervision et de contrôle adapté aux exigences des métiers de l’assurance.
La fiabilité des données, la confidentialité des informations, les erreurs potentielles des systèmes automatisés et les risques liés aux réponses inexactes constituent autant de paramètres à prendre en considération.
Dans un secteur où les décisions peuvent avoir des conséquences financières et humaines importantes, la capacité à vérifier les résultats produits par les outils d’IA demeure essentielle.
La formation des collaborateurs et l’accompagnement du changement apparaissent ainsi comme des conditions déterminantes pour réussir cette transition.

L’innovation et l’accessibilité de l’assurance au cœur des témoignages
À l’occasion de ce rendez-vous, 212Assurances.com a recueilli les témoignages de plusieurs professionnels, dont Osée Gaétan Possy-Berry QUENUM, Administrateur Directeur Général de RAYNAL Assurances, et Philippe Lambotte, fondateur de ClaimsRun.
Osée Gaétan Possy-Berry QUENUM a notamment mis en avant l’importance de l’innovation pour rapprocher les produits d’assurance des populations africaines. Il a évoqué les initiatives de digitalisation et de distribution développées par RAYNAL Assurances, ainsi que les perspectives offertes par l’intelligence artificielle pour mieux identifier les besoins des assurés et accélérer le traitement des sinistres.


De son côté, Philippe Lambotte a souligné l’intérêt de l’intelligence artificielle pour accompagner les entreprises d’assurance dans l’évolution de leurs processus, particulièrement dans le domaine de la gestion des sinistres santé.

Ces témoignages illustrent les possibilités d’application de l’IA dans les marchés africains, où les enjeux d’accessibilité, de rapidité de traitement et de maîtrise des coûts occupent une place importante.
Casablanca, un cadre de coopération pour les professionnels africains
Au-delà de sa dimension technologique, le séminaire a favorisé les rencontres et le partage d’expériences entre des dirigeants et professionnels issus de différents marchés africains.
Pour Atlantic Re, filiale du Groupe CDG, cette initiative s’inscrit dans la vocation d’Atlantic Re Academy d’accompagner le développement des compétences et la transformation des métiers de l’assurance et de la réassurance.

La FANAF poursuit, pour sa part, sa mission de promotion des échanges professionnels et du renforcement des capacités au sein des marchés africains de l’assurance.
En réunissant à Casablanca plus de 70 professionnels autour d’un sujet stratégique, les deux institutions ont contribué à nourrir une réflexion collective sur les conditions d’une transformation numérique maîtrisée et adaptée aux réalités du continent.
Alors que l’intelligence artificielle s’impose progressivement dans les stratégies des entreprises, le défi pour les assureurs africains sera de transformer les possibilités technologiques en gains mesurables de performance, tout en préservant la confiance des assurés, la qualité du service et la responsabilité humaine dans la prise de décision.
La Rédaction de 212assurances.com – 12 octobre 2026

