Maroc: les défaillances d’entreprises reculent, mais la vigilance reste de mise

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Une trajectoire marocaine en repli


Dans la carte mondiale des défaillances, le Maroc apparaît dans la catégorie des pays en « baisse marquée », avec une évolution annuelle estimée entre -5% et -15% en 2026. La même tendance est projetée pour 2027, ce qui place le Royaume aux côtés de pays comme la Pologne, la Norvège, la Slovaquie, la Colombie, la Hongrie, le Danemark, l’Afrique du Sud, la Lettonie, la Lituanie et Singapour.

Cette dynamique contraste avec la situation mondiale. L’indice mondial des défaillances d’entreprises devrait encore progresser de 5% en 2026, après +6% en 2025 et +10% en 2024. Il resterait ainsi 21% au-dessus de sa moyenne d’avant-pandémie.

L’Afrique ralentit, le Maroc tire son épingle du jeu


À l’échelle africaine, Allianz Research prévoit une baisse de 4% des défaillances en 2026, après une hausse de 6% en 2025. Le continent devrait poursuivre cette amélioration en 2027, avec un repli supplémentaire de 4%.

Le Maroc se distingue donc comme l’un des marchés africains les plus résilients du panel suivi par Allianz. Cette performance s’explique notamment par une croissance économique encore positive, une dynamique d’entreprises soutenue et une capacité de l’État à accompagner les acteurs fragiles.

Les facteurs qui protègent le Royaume


Le rapport identifie plusieurs facteurs favorables au Maroc. La croissance du PIB devrait rester en progression entre 2026 et 2027, tout en restant supérieure à sa moyenne de la période 2023-2025. Les taux d’intérêt, eux, devraient légèrement reculer par rapport à 2026, même s’ils demeurent supérieurs à leur niveau de 2025.

Le stock d’entreprises actives reste également supérieur à son niveau d’avant-Covid, signe d’une création d’entreprises soutenue. Le secteur de la construction présente toutefois une note de risque élevée selon la grille d’Allianz, tandis que les secteurs destinés aux consommateurs affichent un niveau de risque moyen.

Des risques qui ne disparaissent pas


La baisse des défaillances ne signifie pas l’absence de fragilités. Le rapport rappelle que les entreprises de construction, le commerce de détail et les services restent parmi les secteurs les plus exposés à l’échec économique. Dans le monde, ces trois secteurs concentrent près de la moitié des défaillances de grandes entreprises enregistrées au cours des neuf premiers mois de 2026.

Les coûts de l’énergie, la persistance de taux d’intérêt élevés et les tensions sur les chaînes d’approvisionnement pèsent également sur les marges des entreprises. Les PME, plus dépendantes du financement bancaire, demeurent particulièrement sensibles à ces pressions.

Un enjeu pour les assureurs et les bailleurs


Pour les assureurs-crédit, les banques et les courtiers, la situation marocaine est plutôt rassurante. Elle suggère une amélioration du risque de non-paiement et une environnement plus favorable à l’octroi de crédit aux entreprises.

Mais la vigilance doit rester la règle. Les entreprises qui dépendent de l’importation, de l’énergie, du transport ou de la construction doivent continuer à surveiller de près leur trésorerie, leurs délais de paiement et la solidité de leurs donneurs d’ordre. Dans un contexte mondial encore tendu, la prévention du risque client devient un outil de protection aussi important que l’assurance elle-même.

212assurances – 30 octobre 2026

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