Il y a quelques années encore, les unités de compte restaient un produit confidentiel dans l’assurance vie marocaine. Aujourd’hui, elles s’imposent comme l’un des principaux relais de croissance du secteur. Au premier semestre 2026, la collecte sur ces supports a atteint 2,74 milliards de dirhams, soit une progression de 181,1% sur un an. Un chiffre qui en dit long sur l’évolution des attentes des épargnants.
Un marché qui sort de l’ombre
Ce n’est plus une simple mode passagère. Les Marocains ont placé 2 741,1 millions de dirhams dans les unités de compte entre janvier et juin 2026, contre un montant encore modeste sur la même période de 2025. En quelques mois, ce segment a quitté la marge pour devenir un acteur à part entière de l’assurance vie. Il semblerait donc que la confiance des ménages revienne dans de bons auspices.
La tendance s’était déjà dessinée en 2025. Sur les neuf premiers mois de cette année-là, la collecte en unités de compte avait progressé de 79,4%, pour atteindre 975,1 millions de dirhams. Le premier semestre 2026 a donc franchi un palier nettement supérieur.
L’appétit pour le rendement revient
La raison est assez simple. Les épargnants cherchent autre chose que le seul placement sécurisé en dirhams. Dans un contexte où les taux d’intérêt commencent à refluer, les unités de compte offrent une porte d’entrée vers les marchés financiers, tout en conservant le cadre rassurant de l’assurance vie.
Elles permettent d’investir dans des supports gérés par des professionnels et de diversifier les placements, selon le profil et l’horizon de chaque épargnant. Cette flexibilité explique en grande partie leur succès grandissant.
La branche vie en profite pleinement
Cette envolée tire toute la branche vie vers le haut. Les primes vie ont atteint 17,6 milliards de dirhams au premier semestre 2026, en hausse de 17,8% sur un an. Les unités de compte représentent désormais près de 16% de cette collecte, une part qui ne cesse de gagner du terrain.
En face, l’épargne en dirhams reste le premier segment, avec 12,86 milliards de dirhams de primes. Mais sa progression, de 6,7%, paraît aujourd’hui bien plus prudente que celle des unités de compte.
Un produit qui demande du conseil
Cette croissance est une excellente nouvelle pour le marché. Elle montre que les Marocains s’intéressent davantage à la valorisation de leur épargne et acceptent, progressivement, une part de risque financier.
Mais elle impose aussi une vigilance particulière. Une unité de compte n’est pas un dépôt garanti. Sa valeur évolue avec les marchés et peut baisser comme elle peut monter. Les assureurs, bancassureurs et courtiers ont donc une responsabilité essentielle : expliquer clairement le produit, le niveau de risque, les frais, la durée recommandée et les conditions de sortie.
La confiance, condition du succès
Le vrai défi des années à venir ne sera pas seulement de collecter davantage. Il consistera à accompagner les épargnants avec un conseil honnête et compréhensible. Un client bien informé restera plus longtemps, comprendra mieux les fluctuations de son contrat et recommandera plus facilement l’assurance vie à son entourage.
Avec cette progression spectaculaire, les unités de compte viennent de prouver qu’elles peuvent devenir un moteur durable de l’assurance vie marocaine. Reste aux professionnels du secteur à transformer cet enthousiasme en une relation de confiance solide et durable.
Nicolas Frivoire – Rédaction 212assurances – 01 novembre 2026


