Entre escalades géopolitiques et zones de conflits permanents, l’assurance transport maritime traverse une zone de fortes turbulences. L’instabilité récente dans le détroit d’Ormuz met en lumière la réactivité nécessaire des assureurs pour adapter leurs garanties face à des risques de plus en plus imprévisibles.
Dans le commerce international, le transport est le maillon le plus exposé aux crises mondiales. Si les polices d’assurance « facultés » classiques couvrent les dommages ordinaires, l’irruption de conflits armés ou d’actes de sabotage change radicalement la donne. Aujourd’hui, la distinction entre risques ordinaires et risques de guerre devient le pivot central de la gestion des flux de marchandises.
Une exclusion de principe, une extension de nécessité
Par défaut, les polices d’assurance transport excluent les dommages résultant de faits de guerre. Pour protéger leurs cargaisons dans les zones sensibles, les opérateurs doivent souscrire à des extensions de garantie spécifiques.
Ces garanties « Risques de Guerre » sont régies par des mécanismes de résiliation très courts (souvent 7 jours), permettant aux assureurs de réajuster les primes ou de modifier les zones couvertes en fonction de l’évolution instantanée des tensions.
Le détroit d’Ormuz : le « point chaud » qui dicte les primes
L’actualité dans le détroit d’Ormuz, point de passage par lequel transite près de 20 % de la consommation mondiale de pétrole, illustre parfaitement cette volatilité. Avec la recrudescence des arrazonements de navires, le marché a immédiatement réagi :
- Activation des clauses de « Breach » : Dès qu’un navire pénètre dans cette zone classée à haut risque par le Joint War Committee (JWC), l’assuré doit le notifier pour maintenir sa couverture.
- Explosion des surprimes : En quelques semaines, les taux de prime pour les cargaisons transitant par Ormuz ont été multipliés, impactant directement le prix final de l’énergie et des marchandises.
- Le défi du déroutement : Certains armateurs choisissent de contourner la zone, ce qui allonge les délais et pose des défis juridiques complexes sur la continuité de la garantie durant le voyage prolongé.
L’importance stratégique du conseil
Pour les acteurs économiques, la maîtrise de ces coûts est devenue un enjeu de compétitivité. Le rôle de l’assureur-conseil est ici primordial pour :
- Anticiper les zones de blocage et réorienter les flux.
- Vérifier la validité des garanties lors de changements de trajectoire imprévus.
- Optimiser le coût du transfert de risque dans un marché de plus en plus tendu.
Conclusion : Une expertise indispensable pour le Hub Maroc
L’assurance transport en temps de guerre est désormais un instrument de souveraineté économique. Pour le Maroc, qui s’affirme comme un hub logistique majeur entre l’Afrique et le monde, la maîtrise de ces expertises techniques est un atout stratégique pour garantir la résilience des échanges commerciaux.
212assurances – Le site d’information N°1 de l’Assurance au Maroc et en Afrique – 18 avril 2026

